Le M.A.P ou la “Mâle Attitude Patriarcale” appliquée en science politique ?

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Dominique Tripet (Front de gauche).
 
     
Par Dominique Tripet
  

 

Mais enfin, Kézako me direz-vous que ce MAP ?

Et qui me hérisse le poil, vous l’avez bien compris, tout autant qu’il me titille et fort désagréablement, ma fibre féministe ? Un peu à la manière de ces petites étiquettes cousues au col de nos vêtements, avec un quasi  « fil à pêche » qui nous lamine justement, la base arrière de notre cou ? Non, non, pas plus bas. Encore que …

image tripetEt bien le MAP, c’est un nouveau logo. Celui du Master en Accompagnement Politique, master qui sévit à l’université d’Orléans.  Et afin que vous compreniez mieux l’objet de mon ire, je vous joins copie de leur logo : Col de chemise dépassant d’une veste de costume masculin figurant le « M » , cravate ornant le sommet du « A », accompagnent une écharpe d’élu revêtue par un « P » guindé, le mot écharpe, étant le seul élément féminin existant dans cette symbolique toute masculine. Un master d’hommes pour un métier d’hommes, en somme ! 

Cornebidouille, scrongneugneu, fouchtri, fouchtra et autres calembredaines, que le sabbat féministe s’abatte sur toi, Université d’Orléans !  Car comment en ces temps surréalistes de scandales de harcèlements sexistes, machistes, d’agressions sexuelles jusque dans le monde politique, témoignages nombreux à l’appui, n’y a-t-il pu y avoir au moins une personne, pour signifier lors de la conception de ce logo, qu’il se devait d’être non sexiste ?

Nous ne sommes décidément pas sorties de l’auberge, nous les femmes, en ce XXIème siècle, alors que nous fêtons cette année le 70ème anniversaire de notre premier vote, le 60èmeanniversaire de la création du Planning Familial, le 41ème anniversaire de la loi qui nous permet de disposer librement de notre corps, et tant d’autres avancées pour les Droits des Femmes.


université campus
Mais visiblement, à l’Université d’Orléans, on nous élude joyeusement en tant que citoyennes à part entière, tandis que nos corps finalement font l’objet de toutes les attentions les plus misogynes. Car que dire des affichettes consternantes qui y fleurissent à foison, utilisant stéréotypes les plus rétrogrades lors des soirées étudiantes ? Aussi, comment s’étonner de ce logo ? Combien de progrès avons-nous encore à faire pour que de si jeunes gens cessent de véhiculer « à l’unanimité » – nous dit le site facebook- ces stéréotypes qu’ils ont intégrés ? Quant à la responsabilité de leurs professeurs, elle est à même hauteur. 

Pour en revenir au MAP et à ce logo, ne cherchez pas les femmes, sans doute sont-elles secrétaires servant le café lors des réunions si importantes de ces messieurs. Nous voici une fois encore bien seules. Et certains viennent nous dire que la parité progresserait. Nous n’avons pas fini de faire des rêves, tiens, et d’attendre de ne plus monter au créneau pour dénoncer les façons délétères de penser la place des femmes dans notre société, jusqu’en politique.

Alors au MAP d’Orléans… Ahurissant, déconcertant, incompréhensible, inquiétant et pour tout dire, inacceptable. Du Chaudron de la Sorcière Orléanaise, je vous rends le clavier, Mag’Centre, et à bientôt pour de nouvelles aventures…

Dominique Tripet

 

 

Commentaires

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  1. Dominique, on ignore souvent, mais c’est une triste réalité, l’université n’est pas un lieu particulièrement ouvert aux femmes puisqu’on compte très peu de femmes présidentes de conseils d’université (je crois que l’an dernier il n’y en avait que trois) et en tout cas beaucoup moins que de femmes officiers supérieures dans l’armée ou commissaires divisionnaires dans la police. Le monde universitaire, ces intellectuels fonctionnaires, doit pourtant être convaincu d’être beaucoup plus ouvert et évolué que celui des flics et des culottes de peau, eh bien non raté… il est loin derrière, réac, l’esprit étroit, et totalement patriarcal… Alors Dominique, ce logo est raccord avec le monde qui l’a produit. Désolé…

    • Ne sois pas désolé, Patrick.

      Ce que tu me dis, je le sais déjà. En ces endroits où nous croyons toutes et tous que se forment des esprits ouverts, tolérants, en phase avec ce qui est une société où la liberté, l’égalité, la fraternité, la solidarité etc…seraient primordiales, nous montrent l’exact contraire.

      La fille d’une amie, qui a mené des luttes à l’Université, notamment contre le CPE, nous expliquait comment, même dans un syndicat étudiant dit de gauche, portant normalement la lutte des classes, il était bien difficile pour des filles d’être à la tribune, par contre derrière au tableau pour écrire les idées venant de ces messieurs à la tribune, ou bien des étudiant-e-s réuni-e-s en Assemblée, là était leur place.

      Aujourd’hui, quelques étudiantes tentent d’impulser un autre esprit, une façon de voir la société où elles auraient la même place que les garçons.

      Il y a encore du travail.

  2. Master en accompagnement politique ??!!

    Faut-il comprendre , comment aider les élus à leurrer les citoyens ?

    L’Université , si démunie financièrement , n’a pas de formations plus ouvertes sur l’intelligence et le progrès à proposer ?

    • Si, brasseur de vent, option empêcheur de tourner en rond :) mais attention, l’option idéologie fumiste requiert la moyenne pour passer en deuxième année.

  3. Moi c’est la M.A.F. que je préfère (Mourir d’aimer pour une femme) à moins que ce ne soit la M.A.E. (Mourir d’aimer pour une étudiante), même si je n’ai plus l’âge. Ah, le culte de la lutte des classes, c’était au siècle dernier.

  4. Pourquoi sans cesse opposer les hommes et les femmes ? La véritable domination ne se situe elle pas dans le domaine de l’argent ? Il me semble que les patronnes exploitent de la même manière que les patrons.

    Votre polémique sur ce logo étudiant est à la fois puérile et stérile. Le col du “M” peut être aussi bien celui d’un chemisier que d’une chemise.

    Question: si il avait été ajouté une robe ou des bijoux… Le logo aurait il été toujours affreusement sexiste ?
    J’imagine déjà votre réquisitoire leur reprochant de perpétuer les stéréotypes d’une domination patriarcale…

    A l’heure où le gouvernement nous enseigne que le sexe biologique n’existe pas mais est conditionné par le social; quels sont selon vous les attributs de la féminité ?

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