L’année de la femme et du rire au CADO

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La présentation de la nouvelle saison du CADO (Centre National de Création Orléans Loiret) a été dévoilée ce mardi à Orléans. Un événement qui, pour 2016-2017, met de grandes héroïnes à l’honneur dans de magnifiques pièces comme Catherine Frot, Romane Boringer, Corinne Touzet, Sarah Biasini ou encore Catherine Jacob. Objectif : du rire et encore du rire !

La silver theater

Mardi 18h15. Tous les fidèles et amateurs de théâtre étaient là, impatients de découvrir la nouvelle saison du CADO. Salle comble donc, avec plus de 900 personnes. Remplie certes mais avant tout de seniors… Toujours et encore… Force est donc de constater que le théâtre n’arrive toujours pas à attirer les jeunes ! « Tout dépend de la proposition théâtrale qu’on leur fait !, explique Christophe Lidon, directeur du CADO. C’est un phénomène de société et c’est au niveau national. Les 35-45 ans ne viennent pas. Pourquoi ? Prendre un abonnement est plus difficile pour eux car cela nécessite de se projeter un an avant et ils ne peuvent pas. Mais on essaye de rajeunir la programmation : on a fait venir par exemple Alexandra Lamy avec La Vénus au Phacochère et on a eu le public de Chouchou et Loulou ! C’est un travail qui va se faire au fur et à mesure. Mais on compte aussi sur les grands-parents pour transmettre la culture théâtrale à leurs petits-enfants et jouer un rôle de passerelle ».

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Quoiqu’il en soit, le public était au rendez-vous pour cette 29e édition. De quoi enthousiasmer son directeur fier de souligner qu’avec « 50 000 billets vendus en 2015, le CADO fait des envieux. Un succès qui ne serait pas sans l’aide des tutelles : la ville d’Orléans et le Département du Loiret » ! Ceci rappeler, la soirée pouvait commencer. Elle serait rythmée cette année par de délicieux intermèdes musicaux (Barcarolle d’Offenbach, Lakmé de Delibes, La Dame de Pique de Tchaïkovsi notamment) enlevés par deux superbes cantatrices russe et ukrainienne, Elena et Olga, et un anglais, Léo, au piano.

Bohringer, ma muse…

« Une année revigorante pour rire ensemble et partager » a promis Christophe Lidon. De l’évasion et du rêve aussi avec pour ouvrir la saison Les Cavaliers de Joseph Kessel et adapté par Éric Bouvron (2 nominations aux Césars 2016) : « Un théâtre spectaculaire, vivant, assure Gilles Costaz, critique bien connu de l’émission Le Masque et la Plume (France Inter). Avec des acteurs qui changent de personnages toute la soirée, des métamorphoses assez rares où ils produisent tout ». Un spectacle ancestral et moderne à la fois qui promet d’être inoubliable avec une scène qui se transformera en grand plateau des steppes afghanes où va régner un conflit de virilité et une bande son (vent, cavalcades…) comme si on y était !

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« Tout le monde pense connaître ce texte mais personne ne l’a lu ou relu !, lance d’emblée Pierre Pradinas metteur en scène de La Cantatrice Chauve. On en connaît que 2 ou 3 scènes, quelques répliques… ». L’occasion sera donc donné ici au public d’approfondir ce grand classique – image de l’absurde – et de (re)décourvir l’immense talent de Romane Bohringer. « Ionesco a pointé la langue de bois, c’est ce qui m’intéresse. L’œuvre a été écrite pendant la guerre froide. Il y une dérive de l’inconséquence alors qu’il se passe des choses importantes à l’extérieur. J’ai mis une dose d’humour et de dérision pour écrire une pièce de connivence. Quant à Romane, c’est une actrice que j’adore, c’est ma muse. Je voulais développer une complicité dans un univers nouveau. Je fais une tentative avec elle ».

Fau et Frot à nouveau

En duplex du Théâtre Antoine à Paris, Michel Fau apparaît ensuite sur un écran 4 par 3 ! L’heure est à la présentation de l’événement de cette nouvelle saison : Fleur de Cactus avec en rôle titre Catherine Frot. Tiens, tiens, Fau et Frot à nouveau ensemble après le succès de Marguerite ! « Je voulais cette pièce, assure le metteur en scène et comédien. Ça fait partie des textes classiques de boulevard à succès : Fleur de Cactus a été créé il y a 50 ans mais ça fonctionne toujours ». Une histoire de mensonges, de quiproquos et de portes qui claquent portée par sa grande amie Catherine Frot : « Un grand rôle déjà interprété par Lauren Bacall à Broadway, Ingrid Bergman, Sophie Desmarets… on a eu envie de jouer cette pièce, une vraie comédie de théâtre à l’ancienne. Une machine infernale qui fait rire. Quelque chose de délirant et de poétique comme Jacques Tati ».

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Autre grand rendez-vous, Un Fil à la Patte de Feydeau. « Les gens adorent toujours Feydeau, c’est l’esprit français, souligne Christophe Lidon à la barre de cette pièce au rythme infernal. En tant que metteur en scène, j’aime me faire peur : prendre un texte qui impressionne ça oblige à se surpasser. Aussi on prend des armes fatales ! ». Comme Catherine Jacob, Sarah Biasini, Yvan Le Bolloc’h et Dominique Pinon. « Je déplace le spectacle vers la fin des années 1940. L’idée est d’aller vers une comédie à la Billy Wilder, aller dans le ridicule tout en étant sincère, que ça swingue avec du jazz comme colonne vertébrale, que les gens ai envie de danser. Je n’ai jamais abordé ce type de répertoire. Il fallait aussi rencontrer les bonnes personnes avec une couleur d’acteurs pour coloriser ce que j’ai en tête ».

Un petit plus autour d’un Cercle

Après son célèbre rôle d’ajudent-chef dans Une femme d’honneur (TF1), et après avoir silloné la France durant 3 ans avec celui, très lourd, d’Antonietta dans Une journée particulière (adaptation du film d’Ettore Scola), Corinne Touzet remonte sur scène avec Un Nouveau Départ d’Antoine Rault et là encore, mise en scène par Christophe Lidon. Une comédie sociale dans laquelle elle interprète une working girl au côté de Christian Vadim en SDF désemparé et désarmant. « Je voulais arrêter de pleurer, à l’origine je suis clown ! exprime la comédienne. Les rôles à la télé en général se terminent bien, là vous allez être surpris du début surtout ! C’est un univers qui a l’air classique, gentil, mais qui va se retourner… ».

Enfin, place au thème de la famille – ici en l’occurence anglo-saxonne – avec Les Lyons où l’auteur, Nicky Silver, a écrit des choses monstrueuses mais dont on rit. « C’est une écriture très américaine, explique Jean-Luc Moreau, le metteur en scène. Ici personne ne s’épargne. Et Claire Nadeau est drôle tout en assumant la violence du texte ».

À vous maintenant de faire votre choix : les souscriptions d’abonnement CADO et CADO Plus démarrant le 24 mai sur Internet et individuellement dè le 31 mai. À noter cette année un ‘Petit Plus’ pour les abonnés du CADO : « Pour 5 €, les spectateurs peuvent adhérer à un Cercle, histoire de prolonger la magie théâtrale à travers des moments intimes avec la complicité des artistes. Un moment privilégié qui s’accompagnera d’un spectacle surprise gratuit dont le spectateur ne saura rien ». De quoi vivre une nouvelle saison pleines de surprises et d’émotions.

E.B. (Photos Jean François Grossin)

Programmation et résumé des pièces sur www.cado-orleans.fr

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