Olivier Carré (LR), l’interview: pourquoi il soutient Bruno Le Maire à la primaire

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C’est avec son écharpe de député du Loiret qu’Olivier Carré (LR) explique à Magcentre pourquoi il soutient Bruno Le Maire dans la primaire de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017. Le maire d’Orléans qui a invité Emmanuel Macron à présider les fêtes de Jeanne d’Arc croit à l’émergence d’une nouvelle génération de responsables politique, qui dépassent les clivages traditionnels. L’alternative est claire pour Olivier Carré, en 2017, ce sera l’un d’entre eux, ou Marine Le Pen.

Olivier Carré lors de son discours devant la cathédrale.

Olivier Carré lors des fêtes de Jeanne d’Arc.


Vous soutenez la candidature de Bruno Le Maire à la primaire de la droite et du centre. C’est d’abord se jeunesse que vous appréciez et cela veut-il dire que ses rivaux sont des « has been »?

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire

La jeunesse?… 47 ans ce n’est pas si jeune que ça mais c’est un âge où l’on est en plein dans l’action. Je préfère parler de génération que d’âge. Je ne dis pas pour autant que les autres n’ont rien fait sinon la France ne serait pas la sixième puissance mondiale. Mais Parmi les trois ou quatre candidats sérieux à la primaire, il est le seul qui n’était pas déjà entré en politique en 1981. Et il fait partie d’une génération qui porte un regard nouveau sur l’avenir.

 

Parlons d’abord de l’homme. D’apparence Bruno Le Maire a la raideur d’un natif de Neuilly, jeunesse dorée, un peu le clone d’Alain Juppé, brillant mais crispé. Pourtant dans l’intimité on le dit bon vivant et plein d’humour. Est-ce exact ?

Je confirme. C’est quelqu’un qui aime bien l’humour, qui est le premier à éclater de rire sur une blague, quel que soit le niveau de la blague. Il a beaucoup d’esprit. C’est aussi quelqu’un de très cultivé et c’est pourquoi, par atavisme, j’aime beaucoup travailler avec lui.

Il semble bien sûr de lui lorsqu’il affirme qu’il va gagner la primaire…

Bruno Le Maire se découvre avec sincérité un destin. Il fait le pari, qui ne me paraît pas insensé, que les Français veulent des têtes nouvelles, une façon de parler nouvelle, une façon de faire nouvelle, parce que les solutions apportées jusqu’ici n’ont pas vraiment fonctionné. Il faut aussi avoir un peu de courage et j’observe que ceux qui le critiquent n’ont pas osé se présenter contre Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP. Lui y est allé et il a fait un score qui en a surpris plus d’un.

A votre avis, où va-t-il aller chercher ses voix, chez Juppé plus que chez Sarkozy… ?

Il va aller chercher ses voix chez tous ces gens de droite et du centre qui, aujourd’hui, ne sont pas convaincus qu’il faut remettre le couvert avec ceux qui, encore une fois, n’ont pas fait que des erreurs, mais ont peut-être un peu fait leur temps.

Bruno Le Maire n’est pas un puceau en politique, il a été au cabinet de Villepin, puis secrétaire d’Etat, ministre de l’Agriculture…

Et il a été élu… Je préfère cette expérience à un François Hollande qui ne connaissait les cabinets ministériels ou l’Elysée que pour y avoir été conseiller. Bruno Le Maire connait les forces et les faiblesses des pouvoirs institutionnels, notamment dans un domaine essentiel, l’Europe. La réconciliation entre le France et l’Europe est un élément clé de la séquence 2017-2022. Il faut réconcilier les Français avec l’Europe, en ajoutant l’efficacité à l’idéal.

Il est contre le cumul des mandats, est-ce aussi votre avis ?

C’est une de nos divergences, je suis plutôt favorable au cumul, même si je sais que c’est mal vécu par les Français. Il veut aussi modifier très profondément les confédérations syndicales et le fonctionnement même de la représentation sociale française, c’est aussi un élément essentiel.

Olivier Carfré, entouré de Alexandrine Leclerc (à gauche) et Muriel Sauvegrain (àl droite).

Au plan économique, tous les candidats font assaut de libéralisme. Y a-t-il surenchère ?

Aujourd’hui, il faut vraiment aller vers une inversion des normes dans le dialogue social. Il faut qu’on défiscalise à nouveau les heures supplémentaires, définies cette fois dans l’entreprise comme le temps de travail. La base, c’est que tout doit se décider dans l’entreprise, y compris les seuils sociaux. Or avec le dernier projet de la loi travail, on aboutit à la surtaxation des CDD, au renforcement des seuils et à l’ajout de nouvelles contraintes. Ce que veulent les entreprises, c’est qu’on leur fiche la paix!

Bruno Le Maire parle de 90 milliards d’économie. Où va-t-il les trouver?

Je ne l’ai jamais entendu parler d’une telle somme. A ma connaissance il a refusé tout chiffrage. En effet, aujourd’hui nous n’avons pas une idée très précise de la situation. Ce qu’il faut arriver à faire c’est mettre en place des réformes qui structurellement engendrent des économies et pas de la dépense. Mais la première chose, c’est de libérer de la croissance.

Bruno Le Maire veut aussi supprimer un million de postes de fonctionnaire en dix ans et abroger le statut de la fonction publique territoriale. Comment faire passer une telle mesure?

carréCela veut dire que l’on trouve un système de tuilage qui n’est pas défini, qui devra être discuté avec les syndicats. Tout cela se travaille. Mais l’idée importante, c’est que l’Etat arrête de donner des oukases, de faire des politiques sociales à la place de la ville, de la collectivité. C’est elle, qui grâce au  dialogue social aménage le travail avec les syndicats, et  les salariés, c’est d’ailleurs ce que l’on fait tous les jours à Orléans. Libéral ne veut pas dire que opposer la fonction publique à un environnement totalement privé. Le libéralisme, cela veut dire que l’on fait plus confiance à la responsabilité, à l’engagement. La somme des chacun est plus importante que la collectivité en tant qu’institution.

Dans une municipalité comme Orléans, où trouve-t-on du gras… ?

J’ai besoin d’embaucher à certains endroits et ailleurs on peut s’organiser autrement.

Faut-il baisser les impôts au risque d’abimer le modèle social ?

Le capital est surfiscalisé. Or nous sommes dans une période où tout ce qui peut permettre de capitaliser me parait sain. Nous tenons aussi beaucoup à la réforme des successions. Aujourd’hui, c’est lorsqu’une personne décède que les héritiers bénéficient du patrimoine. Ne ferait-on pas mieux de renforcer les donations ? Avec l’allongement de la durée de la vie, les besoins des jeunes générations, une telle mesure parait évidente. Un jeune de trente ans ne va pas aller mettre des cierges tous les jours pour que sa grand-mère décède (rires). Si l’on allège la fiscalité sur les donations, on va fluidifier les choses. Quitte à augmenter un peu le coût des successions.

A votre avis, sur quoi va se jouer ce pré-premier tour ?

Les Français vont choisir celui dont ils sentent qu’il a la capacité de mettre en œuvre ce qu’il dit. L’expérience et la compétence, tout le monde l’a parmi les principaux candidats. Par contre pour ce qui est du dynamisme et de la certitude de travailler pour l’avenir, il n’y en n’a qu’un, c’est Le Maire. Les trois autres,  pour des raisons qui leur sont personnelles, ont des comptes à rendre avec leur passé.

Soutenir Bruno Le Maire, alors d’autres parlementaires LR ont fait d’autres choix, a-t-il créé des inimitiés dans le Loiret ou la région ?

Non, j’ai d’excellentes relations avec les fillonistes les sarkozystes…

On ne s’en n’est pas aperçu dans l’affaire du boycott de la venue Macron par cinq parlementaires LR du Loiret…

Olivier Carré et Emmanuel Macron

Olivier Carré et Emmanuel Macron

Cela m’a permis de montrer qu’il y a deux générations. J’ai du respect pour eux. Mais quand on voit le nombre de militants qui m’ont écrit pour dénoncer l’attitude de leurs parlementaires, et des deux sénateurs en particulier… Je ne sais pas si j’ai fait gagner beaucoup de voix à Bruno Le Maire dans le cadre de la primaire. Mais cela montre bien qu’il y a un état d’esprit dont l’opinion publique ne veut plus, notamment dans notre famille.

 

Faites-vous partie de l’entourage proche de Bruno Le Maire

Oui je fais partie du cercle des très proches. Il nous demande notre avis, notamment sur les questions économiques pour ma part, et un peu sur le plan politique.

Si Bruno Le Maire est élu, serez-vous ministre?

Je suis maire d’Orléans. Je suis sur une logique de projet. Si c’est ministre pour être ministre non. La mairie d’Orléans aujourd’hui est bien plus passionnante et les gens attendent qu’on fasse encore beaucoup de choses. Après, s’il faut porter des projets qui sont nécessaires au pays et que l‘on estime que je suis utile, c’est autre chose.

 

Commentaires

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  1. C’est pas à Carré que je demanderai des conseils en économie. Au moins on saura pourquoi Lemaire s’est planté.

  2. Message à faire passer à votre candidat préféré et aux autres :

    – on ne naît pas candidat à la présidentielle, on le devient, si l’on présente les qualités indispensables, si l’on a un appareil politique et la jeunesse derrière soi, et si l’on ne promet pas la lune, mais qu’on fait aussi rêver les électeurs.

    Ce dont a surtout besoin la France, c’est que l’on arrête l’empilage permanent de nouveaux textes législatifs français et européens, que nul n’est censé ignorer, ce qui n’est évidemment pas le cas, même par les députés.

    C’est de donner aux chefs des moyennes et petites entreprises un statut social et fiscal, qui reconnaisse vraiment leur rôle dans la création de richesses économiques et d’emplois. Cela peut passer par une éxonération totale de charges sociales pour eux-mêmes, avec une couverture sociale équivalente à celle de la C.M.U. et la possibilité de souscrire des garanties complémentaires, sur une base de volontariat. Qui peut aujourd’hui risquer tout son capital, ne pas percevoir de revenus pendant plusieurs années et se consacrer plus de 50 heures par semaine à la réussite de son activité ? On sait qu’il y a une période de 5 années à passer, avant de pouvoir espérer une stabilisation, puis un progrès de l’activité d’une entreprise individuelle. Il faut donc revoir d’urgence le statut d’auto-entrepreneur pour créer un statut de primo-entrepreneur. Pas de charges, défiscalisation de tous les investissements matériels et immatériels. T.V.A. applicable et récupérable sur l’ensemble de l’activité.

    Il faut tout faire pour attirer les jeunes diplômés à s’installer en France. C’est l’Etat qui investit pendant 25 ans pour leur formation. Il faut les former pendant leur cursus à la création et à la reprise d’entreprises et pas seulement des startups.

    J’ai été frappé lors d’un déplacement récent entre Orléans et Nevers du nombre de commerces fermés et du délabrement d’une partie du parc immobilier d’entreprise et des petits commerces. Les signes de la dernière crise économique sont visibles.

    Il faut agir et vite.

  3. Après avoir était placé par le Sarkosisme, ils délaissent leur “chef” celui qui les a aidé à s’installer, lui et Grouard. Mais comme il est dit dans un commentaire plus haut “on ne naît pas candidat à la présidentielle, on le devient” . Hors je ne voit en aucun des candidats déclarés, celui qui pourrait nous sortir de ce marasme politique, économique ou même social. Quand à Olivier Carré, même si je lui reconnaît quelques bons côtés ( comparé à son prédécesseur) je doute qu’il apporte à Bruno Le Maire, les références nécessaires pour en faire un présidentiable. Ce n’est que mon avis bien sûr…

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