Ouzouer-sur-Loire: Pompili dans le nid du balbuzard

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En plein week-end de La Fête de la Nature, Barbara Pompili, Secrétaire d’État à la Biodiversité, est allée ce samedi à la découverte du balbuzard pêcheur en forêt d’Orléans. L’occasion de soutenir la convention de partenariat entre l’Office national des forêts (ONF), Réseau de transport d’électricité (RTE), Loiret nature environnement (LNE) et la Mairie d’Orléans, cimentant leur projet « Objectif Balbuz@rd ».

Pompili_balbuzard__©EB03

Le balbuzard dans l’œil de la ministre. @ Estelle Boutheloup.

Pour l’occasion la Secrétaire d’État à la Biodiversité avait prévu les chaussures de rando ! Le temps d’un café, de quelques éclairages sur la gestion de la plus grande forêt domaniale de France par Dominique de Villebonne, directrice de l’Agence Centre-Val de Loire de l’ONF, et voici Barbara Pompili en chemin vers l’observatoire de l’Étang du Ravoir (Ouzouer-sur-Loire, Loiret). Un hôte emblématique l’y attendait : le fameux balbuzard pêcheur, qui, grâce à des plans d’action et de sauvegarde, a réussi une recolonisation durable depuis 1984 avec aujourd’hui plus de 20 couples identifiés sur l’ensemble du massif. « Bon bah écoutez, vous me laissez là ! , lâche la ministre, l’œil collée à la longue vue, émerveillée, devant la mère et le tout jeune poussin né il y a deux jours.

Pompili_balbuzard__©EB02

Le balbuzard a fait son nid sur les pylonnes.

Quelques minutes auparavant, cette scène était visible sur un écran d’ordinateur grâce à un système de caméra fixée sur un mât qui filme et retransmet en direct la vie dans ce nid. « C’est génial ! C’est vraiment une possibilité d’observation privilégiée », poursuit Barbara Pompili. Pour installer son nid, le balbuzard a besoin d’un point haut, ici les pins font l’affaire. Très sensible au dérangement, cet équipement, installé ici par l’association Loiret Nature Environnement en 2001 chargée du suivi des nids, est un outil idéal pour observer, étudier et protéger l’espèce que l’on ne peut approcher à moins de 300 m. « Le retour du balbuzard est un indicateur de l’amélioration de l’état de santé des écosystèmes, insiste Martine Burguière, présidente de Loiret Nature Environnement. Prolonger l’action de protection et d’étude est vital pour cela il nous faut dynamiser et moderniser notre équipement avec de nouvelles technologies.

La signature de partenariat par la ministre et les organismes protecteurs.

Des caméras pour observer et mieux protéger

Oui mais voilà. Fréquentant aussi les ‘hauts sommets’ de la Sologne, le balbuzard a décidé de faire son nid sur des pylônes électriques de 225 000 volts. « Ce qui n’est pas anodin pour nous, explique Ludovic Gérard, chef d’équipe ligne RTE. Les nids sont lourds (entre 100 et 150 kg) et peuvent fragiliser la strcuture et occasionner des courts-circuits en se désagrégeant. Sans oublier les risques d’électrocution des rapaces ». C’est pourquoi, deux caméras ont été implantées à hauteur des nids en Sologne, et une troisième le sera cet hiver à l’Étang du Ravoir dans le cadre de la convention qui unit l’ONF, RTE, LNE et la Mairie d’Orléans autour du projet de protection et d’étude « Objectif Balbuz@rd ». Cette dernière transmettra des images en temps réel à l’observatoire qu’anime Loiret nature environnement depuis 20 ans et au futur MOBE (muséum d’Orléans) lors de sa réouverture en 2019. « ‘Objectif Balbuz@rd’ est un projet collaboratif exmplaire autour de la préservation du vivant, souligne Stéphanie Anton, adjointe au Développement durable de la Ville d’Orléans. Le balbuzard sera l’espèce porte-étendard du MOBE et ces images seront valorisées dans un espace dédié »

 

Prendre la biodiversité dans une globalité

Sur les pas du balbuzard.

Sur les pas du balbuzard.

Pour autant « il ne faut pas se focaliser sur une espèce emblématique, mais bien prendre la biodiversité dans un concept global, a insisté Christian Dubreuil, directeur général de l’ONF. Cette convention illustre bien la nécessité de travailler ensemble État, associations, collectivités, entreprises : l’alliance avec Loiret nature environnement a permis le développement de la population des balbuzards et grâce à l’ONCFS et le Muséum d’Orléans, de la maintenir ». Un résultat positif qui au yeux de Barbara Pompili a valeur d’exemple, plus encore, qui lui donne l’occasion d’un petit pied de nez : « Lors de l’examen du projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, un sénateur m’a suggéré de rebaptiser ‘reconquête’ par ‘préservation’ car ‘reconquérir’ est trop ambitieux selon lui ! Ce n’est pas une simple anecdote mais un symptôme, un défaut de prise de conscience. Ici le balbuzard est une preuve d’une reconquête réussie, une preuve que la perte de la biodiversité est bien réversible ».

Estelle Boutheloup

 

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Questions à Barbara Pompili

“Cécile Duflot saccage depuis longtemps le mouvement”

 

Cette étape en forêt d’Orléans était importante pour vous ?

C’est La Fête de la Nature, un moment important pour mon Ministère. Un moment où l’on peut faire de l’éducation à l’environnement, sensibiliser, faire passer un message. On a encore une vision caricaturale de la biodiversité : pour beaucoup ça veut dire mettre sous cloche ou empêcher le développement économique. C’est une posture contre laquelle je me bas. La biodiversité est vecteur de développement économique et il faut expliquer à quel point les partenariats sont fructueux. C’est un travail d’équipe qui fédère dans une période où on a du mal à fédérer autour du constructif.

 

Cette convention est aussi la preuve que la technologie est aussi un outil de valorisation et de découverte de la biodiversité…

Absolument. Via les caméras, les réseaux sociaux qui permettent d’être en lien, en mode collaboratif. Il y a un gros travail de démocratie participative qui se développe aussi en participant à la collecte d’informations ou des barcamps où sont menées des réflexions. La technologie permet aussi de travailler autour de projets partenariaux de valorisation, comme la toute nouvelle application mobile du Museum National d’Histoire Naturelle, INPN Espèces, qui reunit 35 millions de données sur 200 espèces. C’est unique en France !

 

L’explosion du groupe écologiste à l’Assemblée prouve que l’écologie politique est à bout de souffle ?

L’écologie n’a jamais été un sujet d’avenir. Il faut recréer du lien social, réfléchir à notre société, prendre les bonnes décisions. L’écologie est au cœur de tout. Je ne crois pas possible de recréer un groupe. Au sein du mouvement il y avait deux sous-groupes mais ce n’était pas grave, chacun apportait une parole différente, un coup de projecteur différent. C’est douloureux pour moi… Cécile Duflot saccage depuis longtemps le mouvement. Il y avait des questions d’ego, du sectarisme… Quand on n’en peut plus, on lâche : les écologistes réformistes ont fait un autre contrat avec le groupe socialiste de l’Assemblée* Pour les autres, on verra…

 

* [NDLR : Selon LCP, ce dernier va changer de nom : ce ne sera plus le groupe SRC (Socialiste, Républicain et Citoyen) mais le groupe SER (Socialiste, Ecologiste et Républicain). Source lelab.europe1.fr.]

 

Y aura t-il un candidat aux élections legislatives ?

Oui ce nouveau parti, qui accueille tout le monde, en présentera un. Mais la structure politique n’est pas le mieux pour recréer du débat. Il faut recréer des lieux de dialogues comme je fais chez moi, c’est complémentaire, et faire en sorte que les gens viennent et aient à nouveau envie de militer.

 

Qui soutiendrez-vous aux Présidentielles ?

C’est dans un an… La seule chose que je veux dire c’est que j’ai envie de prouver que les écologistes ça sert à quelque chose dans un gouvernement ! Que le débat de fond n’existe pas et que je veux qu’il y en ait un. Je suis ouverte à tout.

 

Et Nicolas Hulot… ? Vous pensez qu’il doit y aller ?

Ce que je peux dire c’est que l’écologie doit être dans le débat le plus possible. Un candidat écologiste à la Présidentielle… ? Une Présidentielle c’est fait pour élire un ou une Président(e) de la République.

Commentaires

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  1. http://www.balbucam.fr : vous le savez, le premier site français où l’on peut depuis deux mois suivre en direct la reproduction du Balbuzard pêcheur fonctionne depuis Mardié – Loiret : déjà 50 000 raccordements pour 14 000 visiteurs. Une véritable initiative collaborative. Et trois adorables poussins qui suscitent l’enthousiasme des centaines de visiteurs quotidiens.
    Malgré plusieurs messages, vous choisissez de ne pas en parler…
    Mais, à l’instar de la Rep ou du Figaro.fr, vous n’oubliez pas de chroniquer la ministre et les signatures institutionnelles. C’est un choix…

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