Blois : Nicolas Dupont-Aignan est (aussi) un homme qui marche

Le candidat de Debout la France ! à l’élection présidentielle 2017 était de passage à Blois et en Loir-et-Cher mercredi 25 mai. Crédité de 7 à 8 % d’opinions favorables, il se pose en alternative possible, en gaulliste social, et du bon sens.

Nicolas Dupont-Aignan

Nicolas Dupont-Aignan

C’est fou ce qu’il y a d’hommes (et de femmes) en marche ces temps-ci ! On avait vu passer Axel Khan (des Ardennes au Pays Basque puis de la pointe du Raz à Menton), Jean-Christophe Ruffin (sur le chemin de Compostelle). Mais les politiques s’y mettent aussi : il y a d’abord eu le député béarnais Jean Lassalle (A la rencontre des Français) qui fit un tour de France à pied en 2013. Depuis avril dernier il y a Emmanuel Macron, et son mouvement « En marche ». Et Nicolas Dupont-Aignan. On le savait déjà debout depuis un moment, mais voilà qu’il invite la France à marcher, elle aussi : France, lève-toi et marche dit très évangéliquement son dernier livre-programmatique.

Lui, il ne marche pas, il court. Depuis sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle sur TF1 le 15 mars dernier, il n’arrête pas, le député maire d’Yerres en Essonne. Il a décidé de visiter tous les départements, à la rencontre des élus, et des sympathisants lors de réunions publiques. Crédité de 5 à 8 % d’opinions favorables dans les sondages (mais qui ne font pas gagner une élection, souvenez-vous), il a noté qu’aux dernières régionales, ses scores étaient en hausse : il a frôlé les 4 % de suffrages (827.000 voix), se hissant au niveau du Front de Gauche et des écologistes d’EELV. Ce qui semble peu, mais pour lui ça veut dire beaucoup.

“Il faut rétablir l’ordre”

Son credo est inlassablement martelé : « Nous sommes le seul pays au monde où les dirigeants qui ont échoué lamentablement osent encore se représenter aux élections. On a conditionné les Français à accepter l’inacceptable. On leur dit pour justifier ça : c’est ça ou les extrêmes. Moi je suis là pour dire aux gens que d’autres choix sont possibles ». Il espère, notamment, se servir un peu dans l’énorme réservoir des 25 millions d’abstentionnistes. Il décline ensuite ses priorités : « Il faut rétablir l’ordre, rétablir les contrôles aux frontières, et réformer le code pénal. Je veux rétablir le mérite et la justice sociale. Augmenter le salaire net de 10 % en allégeant de 40 Milliards d’euros les charges qui pèsent sur les entreprises. Par exemple : les travailleurs étrangers détachés en France ne paient pas de charges. Je ne suis pas contre les travailleurs détachés, mais alors qu’ils soient soumis aux mêmes charges que les autres ».

Nicolas Dupont-Aignan avec Alix Penloup à Orléans lors des Régionales de 2015

Nicolas Dupont-Aignan avec Alix Penloup à Orléans lors des Régionales de 2015

La potion du candidat de Debout la France – qui l’invite à se lever elle aussi et à lui emboiter le pas – est radicale, d’inspiration gaulliste sociale, pleine de bon sens (et de bons sentiments ?). Nicolas Dupont-Aignan, qui a commencé sa carrière politique il y a bien longtemps lui aussi (élu depuis 1995) n’a pas oublié qu’il a fait ses classes avec un certain Philippe Séguin. Pour fustiger la stérilité et l’inefficacité des alternances droite-gauche, il lui emprunte une formule dont le premier président de la Cour des comptes était friand, entre deux volutes de gitanes : « les deux détaillants s’approvisionnent au même grossiste ».

Ce qu’il faut changer, c’est le cadre européen”

Comment lui – et pas un autre – redonnerait-il de l’espoir dans la possibilité du politique à transformer les choses, tout en restant crédible ? « La première attente des Français, c’est l’honnêteté. Ce qui compte c’est mon parcours. Actuellement, tout ce qui est politique est suspect et c’est un tort, c’est ça qui fait émerger les pourris ». Eurosceptique, il veut revoir les accords européens, convaincu que « si c’est à Bruxelles que les choses se décident, alors rien n’est possible localement ». Comme tout candidat qui se respecte, il saupoudre aussi quelques promesses avec l’aplomb de l’homme debout (et en marche) : « Je veux alléger la pression fiscale sur les entreprises, la diviser par deux, c’est comme ça qu’on réinjectera de l’emploi en France, l’objectif c’est un million d’emplois en France en 5 ans ». A condition que les carnets de commandes se remplissent. « Les problèmes d’aujourd’hui sont liés au malentendu de 2012, il ne suffisait pas de dire on va changer Sarkozy et prendre Hollande pour que ça fonctionne. Aujourd’hui c’est pareil, ce n’est pas de dire que c’est Juppé qui va changer les choses qui vont faire qu’elles changeront. Ce qu’il faut changer, c’est le cadre européen » dit encore celui qui fut directeur des études au RPR en 1997, désigné par son président un certain… Alain Juppé.

Nicolas Dupont-Aignan en était à son 28e département visité. Il en ajoutera un 29e dès le soir même en se rendant à Tours pour une réunion publique en présence de militants et sympathisants de sa candidature. Avant il aura fait un petit détour par une station-service, « parce qu’on ment aux gens, on leur dit qu’il n’y a pas de pénurie d’essence alors que ce n’est pas vrai ! ». Il pourra peut-être faire le plein, s’il en reste.

Frédéric Sabourin

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