Belle déclaration d’amour à la langue française

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Colloque de l’Académie d’Orléans

Chaque année, au printemps , l’ Académie d’Orléans tient  s’adresser au plus grand nombre pour faire le point sur un sujet qui concerne chacun. Après avoir abordé les thèmes de l’énergie, de l’économie, de l’espace, cette Académie que préside Marc Baconnet propose de venir écouter de nombreux spécialistes intervenir sur le thème “La langue française, quelques constats, quelques remèdes”.

Marc Baconnet aux Temps Modernes.

Marc Baconnet aux Temps Modernes.

Le mercredi 1er juin, la possibilité est ainsi offerte de pénétrer gratuitement dans le remarquable espace qu’est le Centre international universitaire pour la recherche d’Orléans et de s’interroger sur notre langue française. Marc Baconnet: “Nous oublions trop souvent que le français est une langue vivante qui évolue et, lors de cette journée,  il ne s’agit pas de faire preuve d’un pessimisme défaitiste ou de faire montre d’un optimisme béat”.

Ecrivain, pédagogue, Marc Baconnet est un amoureux de la langue française, cette langue culturelle,  il fait primer la syntaxe sur l’orthographe: “Les mots , ça va ça vient,  mais cela ne met pas langue en péril. Ce que je trouve préjudiciable est la perte de la syntaxe, cette syntaxe qui permet l’articulation de la pensée et la clarté de l’expression. “ Pour Marc Baconnet,  le vrai problème est que faute de syntaxe nous courrons le risque de ne plus nous comprendre.  Aussi faut-il revenir à un apprentissage qui fasse sens.

Bref le temps d’une contribution passionnante, les Académiciens d’Orléans ne se contentent pas de s’interroger et de s’instruire entre eux. Tous proposent à chacun de partager une belle déclaration d’amour à notre langue , ce bel outil de communication résolument en vie.

Jan-Dominique Burtin.

La langue française, quelques constats et quelques remèdes”

Colloque le mercredi 1er juin2016

Centre international universitaire pour la recherche 1, rue Dupanloup, Orléans

Entrée libre

Le programme

– 9 h : Ouverture du colloque : Marc Baconnet

Président de l’Académie d’Orléans, doyen honoraire de l’inspection générale du groupe des Lettres, écrivain.

            « Du pessimisme à l’optimisme ? Constats, informations et perspectives. » 

Quelques points à préciser : les questions à la mode : déclin, décadence, l’orthographe… Présentation de la commission d’enrichissement de la langue française. Pourquoi ce colloque ?

– 9 h 30 : Gabriel Bergounioux

Docteur en Sciences du langage, professeur à l’université d’Orléans :

« Quelles ressources pour étudier le français parlé ? Des corpus aux humanités numériques ».

L’analyse du français a été réalisée à partir de sources écrites, notamment littéraires. L’invention de moyens de reproduction du son (du phonautographe aux enregistrements numériques) et le traitement informatique de données en masse permettent d’avoir aujourd’hui une vision différenciée de l’état et de la dynamique de la langue, comme le montre l’Enquête Sociolinguistique à  Orléans (ESLO).

10 h 10 : pause café

– 10 h 40 Marie-Luce Demonet 

Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, CNRS/Université François Rabelais, Tours

« Des tentatives de modernisation de la langue ou des graphies à la Renaissance. »

– 11 h 20 : Michel Fayol

Professeur émérite des universités, membre du Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive (LAPSCO) de l’Université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand :

« Optimiser l’enseignement et l’apprentissage de l’orthographe. »

Les données dont nous disposons depuis une décennie font apparaître une baisse considérable du niveau des performances orthographiques à l’école et au collège. Cette baisse affecte en priorité les accords et non le lexique. La première partie de mon exposé dressera un bilan des faits établis concernant cette baisse. Une deuxième partie présentera les résultats des recherches visant à identifier les mécanismes impliqués dans les erreurs commises. Une question importante a trait aux possibilités d’améliorer les performances des élèves en tenant compte des conditions actuelles d’enseignement. Dans une troisième partie, je défendrai une approche qui consiste à mettre en place des modalités structurées d’apprentissage, d’en évaluer la pertinence et d’en suggérer la diffusion, d’abord à l’école élémentaire. Les données actuellement disponibles confirment l’efficacité de ces modalités d’intervention : elles seront brièvement présentées et discutées.

– 14 h : Olivier Barbarant 

Écrivain, inspecteur général de l’Éducation nationale

« Qu’entend-on par maîtrise de l’orthographe ? »

Comment évaluer l’orthographe en fin de collège ? La réflexion sur l’élaboration d’une évaluation pertinente servira de point de départ à une intervention relevant à la fois du témoignage et de la réflexion. L’entrée d’une nouveauté dans cet exercice sanctuarisé, la dictée, celle des crispations qui accompagnent la question de l’orthographe, des débats qui ont accompagné la proposition de barème portée par l’inspection générale, viseront à préciser ce qu’on peut entendre par « maîtrise » d’un point de vue pédagogique, au regard des représentations communes et toujours dominantes

– 14 h 40 : Anne Armand 

Vice-doyenne de l’Inspection générale de l’Éducation nationale, docteur es Lettres.

« Les bacheliers sont-ils illettrés ? » (Comment réconcilier lycéens et étudiants avec le code ?)

Etudiants de BTS, mais aussi de première année de médecine, de CPGE scientifiques économiques et littéraires, pourquoi les bacheliers paraissent-ils à leurs professeurs « illettrés » ? Le sont-ils ? En quoi le sont-ils ? Peut-on encore à ce niveau les faire entrer dans les règles orthographiques ? L’élargissement de la question de l’orthographe à celle de la norme et du code de la langue, dans ses différentes dimensions, peut être une réponse pour les enseignants et un réconfort pour les grands parents : non, leurs petits enfants ne sont pas illettrés !

15 h 20 : pause

– 15 h 50 : Jean-Pierre Sueur

 Sénateur du Loiret.

« Les mystères de la syntaxe ».

La syntaxe est souvent présentée comme une matière austère, voire rébarbative.

La présente communication vise à montrer qu’il n’en est rien et que la syntaxe du français, qu’il est vain d’isoler de la phonologie, pas plus que de la sémantique, crée entre l’une et l’autre des liens insoupçonnés par lesquels l’acte de langage se constitue entre routine et mystères.

– 16 h 30 : Bernard Cerquiglini

Professeur des universités, recteur honoraire de l’Agence universitaire de la Francophonie.

Les « Rectifications » orthographiques de 1990 : l’enjeu du débat

L’histoire de la norme graphique est celle d’une lente, courageuse, dans l’ensemble efficace résipiscence. Ayant choisi de son propre aveu, au XVIIe siècle, une orthographe compliquée à l’excès, l’Académie française a mené un travail pluriséculaire d’autocorrection. D’édition en édition de son dictionnaire, qui fait foi en matière graphique, elle a changé la physionomie d’un mot sur deux.

On se doute cependant que toutes les simplifications et régularisations souhaitables ne furent pas opérées ; on peut réfléchir au moyen d’y parvenir de nos jours. Notamment en alliant le droit (l’Académie française) et la science (le savoir des linguistes), en impliquant les autres francophones : c’est ainsi que les « rectifications de 1990 » furent conçues.

Reste à savoir si ces ajustements trouveront grâce auprès d’usagers dont les habitudes graphiques renforcées par l’essor de l’écrit numérique ont accru le respect des formes. L’amour, légitime, de la langue française passe-t-il par l’adoration de ses graphies ? Tel est le véritable enjeu de l’actuel débat.

17 h 10 : Conclusions : Marc Baconnet et Pierre Muckensturm, inspecteur d’Académie honoraire.

17 h 45 fin du colloque

Lecture et Soutien scolaire. Le Rotary appuie l’action de l’association Coup de Pouce.

Les fonds recueillis par le Rotary Club Orleans, organisateur de “La dictée du Rotary”, ont été remis à Mme Gluckstein représentante régionale de l’association “Coup de Pouce” par le President Christian Bécart.
Pour sa première édition le 19 mars dernier, “La dictée du Rotary” avait réuni plus de 130 participants, juniors et adultes, pour une vraie dictée dans une ambiance conviviale.
La lutte contre l’illettrisme et la maîtrise des savoirs de base constituent l’une des cinq priorités de l’action du Rotary International.

L’association “Coup de Pouce” intervient en partenariat avec les Mairies et les Écoles primaires auprès d’enfants de CP ayant besoin d’un soutien scolaire, notamment en lecture et en écriture. 10.000 élèves de CP et leurs familles sont ainsi “épaulés” quotidiennement dans toute la France. Ils sont 185 dans l’agglomération orléanaise.

 

 

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