Enseignement catholique : la Fondation Victor-Dillard prend des initiatives

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La Fondation Victor-Dillard, au service des établissements scolaires catholiques de Loir-et-Cher, lance une campagne de cinq initiatives, afin de redonner une vision et du sens pour les jeunes scolarisés dans les 42 établissements du département.

L’école privée catholique « moyenne » en Loir-et-Cher compte 67 élèves, 3 classes, et se situe dans un environnement rural. Chaque année, il lui manque 21.000 € pour effectuer divers travaux de mise en conformité : toitures, toilettes, chauffage, préfabriqués, clôtures etc. Ça, c’est pour la moyenne. Plus largement, entre 800.000 € et 1,1 M€ ne rentrent pas dans les caisses pour les écoles l’Enseignement catholique diocésain chaque année. En 10 ans : une amputation de 10 M€. La cause ? Le « forfait communal », somme versée normalement par la commune pour chaque enfant scolarisé sur son territoire, et qui ne l’est pas du fait de la non-obligation de le faire pour les écoles maternelles (la scolarité n’est obligatoire en France qu’à partir de 6 ans). Certaines communes du département la versent quand même, mais elles sont très rares. « C’est un défi matériel et financier », estime l’évêque de Blois Mgr Jean-Pierre Batut, lors d’une présentation de cinq initiatives lancées par la Fondation Victor Dillard (voir encadré).

Mgr JP Batut évêque Blois et J. Brunet DDEC

Mgr Jean-Pierre Batut évêque Blois et Jérôme Brunet ©DDEC

Donner du temps aux autres, auprès des personnes âgées, isolées, délaissées ; mettre des drapeaux dans l’école, pour avoir une vie citoyenne éclairée ; encourager la participation des parents à la vie scolaire ; effectuer des stages en entreprises pour une meilleure incarnation de la valeur travail ; enfin, créer des espaces de travail dédiés aux enseignants dans les établissements leur permettant de rester plus longtemps sur place. « La Fondation Victor-Dillard a réuni un petit comité, et consulté lors de deux rencontres chefs d’établissements, enseignants et parents d’élèves. De ces rencontres sont sorties plusieurs idées, et nous avons retenu ces cinq initiatives. Tout le projet c’est de dire : l’école catholique n’a pas seulement besoin d’argent, mais aussi de monter qu’il y a des valeurs, des échanges, une manière d’être », indique Nicolas Lépicier, de la Fondation.

Les élèves en difficulté accaparent 80 % de l’énergie des enseignants

Certaines initiatives sont symboliques – les drapeaux dans les écoles, avec un « levé des couleurs » une fois par semaine – d’autres plus pratiques. « Les stages en entreprises permettront d’incarner la valeur travail, pas seulement pour les élèves d’ailleurs. Les enseignants peuvent aussi suivre une journée un chef d’entreprise, en lien avec le Medef. Il faut faire en sorte qu’ils connaissent mieux le tissu économique » estime pour sa part Gilles Lagarde, ancien préfet de Loir-et-Cher, désormais DGS du Conseil départemental d’Indre-et-Loire et actif dans la Fondation.

On déplore souvent que les enseignants ont du mal à s’impliquer dans des projets (alors qu’ils aiment leur métier), Jérôme Brunet, Directeur diocésain de l’enseignement catholique (DDEC) a constaté par lui-même en les écoutant que 20% des élèves en difficulté (d’apprentissage ou de comportement) accaparent 80 % de l’énergie des enseignants. « Si on veut que les enseignants restent, il faut soigner la qualité de l’accueil ».

« Toutes les écoles ne prendront pas toutes les initiatives, certaines en ont déjà pris. Leur simplicité peut être comprise par le plus grand nombre, et rejoindre le fondamental de ce qui fait la richesse d’une vie en commun » a conclu l’évêque de Blois Mgr JP Batut.

F. Sabourin

La Fondation Victor-Dillard

Du nom du père Victor Dillard (1897-1945), né à Blois, ce Jésuite qui étudia au lycée Notre-Damme-des-Aydes s’engagea d’abord dans l’armée en 1915. Ordonné prêtre dans la Compagnie de Jésus en 1931 il prit des responsabilités dans les mouvements de jeunesse. Pendant la seconde guerre mondiale il s’engagea au STO comme électricien, se faisant passer pour un père de famille de cinq enfants. En avril 1944 il est dénoncé et arrêté, puis déporté par la Gestapo à Dachau, où sont internés de nombreux prêtres. Il meurt le 12 janvier 1945.

La Fondation qui porte son nom a été crée en 2007 par le précédent évêque de Blois, Mgr Maurice de Germiny. Elle est reconnue d’utilité publique. www.fondation-dillard.org

Commentaires

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  1. La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance ; et l’enfance a le droit d’être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme. Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation, de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant. Comment l’enfant pourra-t-il être préparé à exercer sans crainte les droits que la démocratie laïque reconnaît à l’homme si lui-même n’a pas été admis à exercer sous forme laïque le droit essentiel que lui reconnaît la loi, le droit à l’éducation ?
    (…) Voilà pourquoi, dès 1871, le parti républicain demandait indivisiblement la République et la laïcité de l’éducation.
    Jean Jaurès

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