La crue sur l’Orléanais : une répétition générale… grandeur nature

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Orléans en raison des inondations est restée trois jours « coupée du monde ». Encerclée par les débordements des rivières, cours d’eau et terrains saturés dans sa banlieue et en campagne. La Beauce, la Sologne et le Val en amont et en aval ont été submergés, l’autoroute A.10 a plongé en raison de quatre cuvettes intempestives, mais la Loire a tenu, elle coule et elle se maintient à un niveau élevé, autour d’1,80 m ce vendredi. Sans plus.

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Une crue relativement moyenne à Orléans.

Ces inondations, certes dramatiques pour ceux qui en souffrent, n’ont rien à voir pourtant à ce qui pourrait se passer si la Loire connaissait une crue comparable à celle de 1856 par exemple. Du pipi de chat que ce cru 2016 de la crue! Mais un “bon exercice” grandeur nature.

« Un jour surviendra une crise majeure, l’échelle serait de 1 à 100, avec ce qui vient de se passer”, commentait vendredi matin, « le jour d’après » ou presque, le maire d’Orléans, entouré de son équipe administrative rapprochée, de Murielle Sauvegrain et Serge Grouard. Dans la pièce d’à côté, le PC de crise, centre névralgique depuis le début des inondations, continue de fonctionner fébrilement. En cas de crue de la Loire, ses effectifs seraient encore étoffés.

Six milliards d’euros en cas de grave crue de la Loire

Des modélisations ont été faites dans les années 1990 financées par le “Plan Loire grandeur nature” et les équipes pluridisciplinaires de Nicolas-Gérard Camphuis. Sur tout le Val de Loire ce sont 300 000 personnes qui seraient impactées. « Ce n’est pas 300 personnes comme cette fois qu’il faudrait reloger », explique Olivier Carré, « mais 20 000 au moins ». Selon ces études, le coût d’une telle catastrophe est estimée à six milliards d’euros !

Olivier Carré, Muriel Sauvegrain et les responsables des services.

Olivier Carré, Muriel Sauvegrain et les responsables des services.

Des plaquettes avaient à l’époque été distribuées aux riverains, aux entreprises aussi afin qu’elles se protègent. Qu’en est-il aujourd’hui ? Où est le fameux plan d’évacuation d’Orléans que l’Etat devait sortir et que l’on attend toujours. « Là, il n’y a pas eu de rupture dans les communications (l’information) et l’électricité, en cas de crue majeure tout cédera », dit le maire.

La solidarité de l’agglo

Sur l’agglomération d’Orléans, la solidarité a bien fonctionné entre les communes. Croix rouge, sécurité civile ont additionné leurs forces et leur dévouement à la bonne volonté des agents municipaux, de l’armée aussi. Les villes ont fait appel aux compétences et aux conseils d’Orléans et se sont donné des coups de main entre elles, sans posture politicienne, comme l’a souligné le maire. Saran, Olivet ont prêté main forte à leurs voisines, comme Saint-Cyr-en-Val très touchée. « Partout la solidarité intercommunale a joué à plein », a souligné le maire.

La situation reste préoccupante à Chécy, Mardié, Bou, Donnery où l’inondation sévit encore et où les stations d’épuration sont hors d’usage. En dehors de l’agglomération, Cercottes et Gidy en Beauce restent sous l’eau, de même que certaines communes du Val de Loire, Meung, Beaugency et la Sologne…Les seuls points noirs en cours ou à venir sur l’agglomération sont la tangentielle coupée à Saint-Jean-la-Ruelle et la pollution du Loiret à l’heure de la décrue.

Les naufragés au cinéma

A Saint-Cyr--en-Val (Loiret).

A Saint-Cyr–en-Val (Loiret).

Au Palais des sports, les naufragés sont repartis. Pas encore avec leur voiture (lire par ailleurs) Une trentaine de personnes sont hébergées, au frais de Cofiroute, dans les hôtels. La ville leur a fourni des tickets de tram, des entrées de cinéma, une « bonne » occasion de découvrir la ville.

Reste les motifs d’inquiétude liés à la décrue. Une des conséquences risque d’être la pollution par les hydrocarbures et les produits chimiques déversés dans la rivière Loiret et qui ne seront pas dilués, comme ils devraient l’être en Loire, par le courant. Pour les particuliers dont les maisons ont été inondées, le retour au domicile va être compliqué. L’agglomération a prévu des bennes pour se débarrasser des objets ménagers hors d’usage. Ensuite, les sinistrés devront se retourner vers leur assurance. Quant aux communes, elles vont demander d’urgence auprès de la préfecture le classement au titre de catastrophe naturelle, ce qu’a d’ores et déjà prévu François Hollande dans son discours devant les maires de France.

Il manquait seulement les serviettes

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L’autoroute A.10 toujours inondée.

« Nous aurons un débriefing à faire » a prévenu Olivier Carré qui a ajouté pour une crue de grande ampleur, « nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes ».Le Palais des sports, qui a accueilli 150 personnes, aurait pu en abriter une centaine de plus dans les étages. En cas de grande crue, d’autres gymnases ou salles municipales de la ville seraient réquisitionnés. Dans ces cas extrêmes, il s’agit de penser à tout, y compris au “traitement” des animaux domestiques ou des personnes qui craquent psychologiquement. Au palais des sports, qui dispose de douches et de vestiaires, « nous avions juste oublié les serviettes » précise Olivier Carré, alors l’hôpital d’Orléans a dépanné la ville.

Reste l’autoroute A.10, véritable poumon logistique et économique de la France.  Cet axe majeur cette voie stratégique avec le croisement de l’A.19, et l’A.71, l’une des autoroutes les plus fréquentées de France en particulier par les poids lourds, a été  transformé en fleuve en quatre endroits. C’est alors toute la France qui en pâtit. « Il faudra y remédier », a dit Olivier Carré à propos des cuvettes où l’eau s’est accumulée. « Vinci et l’Etat ont les moyens de traiter le problème ».

Ch.B

Carton rouge aux grévistes de la SNCF

Aucun train ou preesque sur la voie SNCF qui était pourtant dégagée.

Aucun train ou presque mercredi sur la voie SNCF qui était pourtant dégagée.

 

Reste la mauvaise note, le carton rouge attribué derechef aux agents de la SNCF. Alors que les voies d’accès à Orléans étaient coupées, et que la voie ferrée était dégagée, les cheminots n’ont fait rouler que deux trains sur Paris, un le matin et un le soir. « Une belle preuve de solidarité » a ironisé le maire d’Orléans qui a estimé l’attitude des grévistes « scandaleuses ». Touchés, coulés.

Orages cévenoles et pluies atlantiques

A Orléans lors dde cet épisode la Loire ne devrait pas dépasser 2,20 m.

A Orléans lors de cet épisode 2016 la Loire ne devrait pas dépasser 2,20 m.

Une crue cincentenale comme celle de 1856 (ou encore 1846) de la Loire se produit lors de la conjonction d’orages cévenoles et de pluies atlantiques. Le fleuve royal qui ne devrait pas atteindre plus de 2,20m ce vendredi, n’a pas subi de remontée d’eau, pas plus que le Loiret.  Orléans a donc été épargnée, en revanche les cours d’eau dans l’agglo ont gonflé, en campagne les fossés ont été saturés et les champs gorgés d’eau n’ont plus absorbé. En Beauce où la situation est toujours catastrophique, dans les villages les bassins d’orage ont débordé et se sont répandus dans les ronds-points coupant toute circulation comme à Gidy où les laboratoires Servier ont été impactés.

Commentaires

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  1. bonjour
    pour éviter une partie des problèmes
    nettoyer les cours d’eau et fossés deux fois par an,ramassage des feuilles (deux fois à l’automne)
    cordialement.

    • Votre remarque est fondée pour ce qui est de la Sologne, proche d’Orléans. Beaucoup de propriétaires qui ont des étangs qui se déversent les uns dans les autres, ont une large responsabilité pour des inondations locales par l’absence d’entretien des buses de trop plein, souvent encombrées de déchets végétaux qui forment des “bouchons” ce qui freine l’évacuation , voire obstruent totalement . Ce serait bien qu’ils fassent preuve de plus de responsabilité !…

  2. L’attitude des grévistes scandaleuse ? C’est cela depuis toujours Monsieur le Maire. Rien ne sert de faire ce style de déclaration. Il faut faire disparaître le droit de grève. Ce sera plus efficace que toutes ces paroles… :)

  3. Je trouve que l’humour acide de Ch B à l’égard des grévistes de la SNCF (“touchés, coulés”), qui semble donner raison aux propos du maire d’Orléans, mérite un carton rouge. Solidarité, le joli mot. Solidarité de la ville d’Orléans pour les gens qui ont perdu leur emploi et se retrouvent chômeurs sans gratuité des transports de l’agglomération ? Solidarité pour les sans abris, alors qu’en dehors de la période hivernale il n’y a pas de plan B en période de catastrophe naturelle ? Solidarité des grévistes : on va leur demander de faire rouler les trains pour transporter les marchandises ??? Il me semble que c’est de moins en moins à l’ordre du jour, COP21 ou pas…

  4. Cet “avertissement”, qui n’est hélas pas sans frais, montre l’urgente nécessité d’assurer la création de “Réserves communales de Sécurité civile”, avec des volontaires bénévoles formés, équipés, entraînés et encadrés, capables de prêter main forte aux personnels communaux.

    Pour cela on peut se reporter au guide du Cepri :
    http://www.cepri.net/tl_files/pdf/guidereservesecu.pdf

    Etonnant, l’auteur de la préface n’est autre que le sénateur Eric Doligé !

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