Nouvelle Prius, encore plus sobre

Quand Toyota a lancé la Prius en 1997, la première voiture hybride au monde, la concurrence était sceptique et n’y croyait pas. Pourtant en 18 ans, 8 millions de Toyota  hybrides dont 3,5 millions de Prius ont été vendus et le constructeur japonais a bouleversé le paysage automobile. Avec cette quatrième génération en vente depuis le mois de mars, cette étonnante voiture est beaucoup plus agréable à conduire que les précédentes versions.

Profil

Déjà presque vingt ans que la première Prius a vu le jour. Très osé pour l’époque, le système hybride n’était pas encore entré dans les mœurs et lorsque ce modèle étonnamment laid fut mis sur le marché, la concurrence le regarda comme un ovni.

Face arrière avec ses étonnants feux

Face arrière avec ses étonnants feux

Lancée il y a deux mois, la quatrième version ne faillit pas à sa réputation et son style inimité est encore plus affirmé avec une face avant un peu bouche de poisson encadrée par des optiques anguleux en forme de boomerang. L’arrière est encore plus singulier avec des feux interminables en hauteur, sortes de zig-zag. Bref on l’aura compris, la Prius, on aime ou on n’aime pas, mais on ne reste pas indifférent. Une manière sans doute pour le constructeur de se singulariser.

A bord

Par rapport à la Prius 3, la 4 a grandement changé avec plus d’espace à l’avant et à l’arrière. Il est vrai qu’elle s’est allongée de 6 cm (4,54 m) et s’est abaissée de 2 cm ce qui lui donne un CX (taux de pénétration dans l’air) plus favorable. Meilleure qualité des différents revêtements, conception plus moderne de la planche de bord qui reçoit, sur le dessus, deux afficheurs de 4,2 pouces donnant, d’un côté,  les indications vitesse, niveau de carburant… et de l’autre des informations sur le système hybride, les performances…

En dessous, un écran tactile 7 pouces, type tablette, permet d’exploiter les fonctions  navigation, les applis, les informations de conduite, le système audio… Enfin au pied de la console, sous le petit levier de commande des vitesses au look typique Prius, un bac au design retro-moderne peut également servir de point de recharge pour les smartphones dotés d’un système de recharge par induction. La climatisation automatique bi-zone s’adapte automatiquement au nombre d’occupants. Quant au coffre il gagne 57 litres grâce à la position de la batterie située sous la banquette arrière. Résultat, un volume tout à fait honorable de 502 litres (457 avec la présence d’une roue de secours galette, 412 avec une roue normale).

Economique

Conçue sur la nouvelle plateforme TNGA (Toyota New Global Architecture) destinée à servir de base aux futurs modèles des segments B,C,D, la nouvelle Prius est plus lourde de 5 kg que l’ancienne pour cause d’équipements nouveaux.

MotorisationSi,  à la différence des modèles américains, les modèles français ne disposent pas d’une batterie lithium-ion plus légère de 10 kg mais d’une batterie au nickel métal hydrure, cette dernière se recharge néanmoins plus rapidement que les anciennes. Autrement dit une recharge plus rapide permet de rouler moins longtemps sur le moteur thermique et donc de faire des économies de carburant et de CO2. Si on ajoute à cela un meilleur CX, on constate que la Prius 4 économise un peu plus de 20% en carburant et en CO2. D’autre part le 4 cylindres 1.8 essence a profondément évolué. Même s’il développe toujours 98 ch.,  il bénéficie d’un meilleur rendement thermique de 40 %, un record mondial pour un groupe essence, en partie grâce à une meilleure recirculation des gaz d’échappement. Quant au moteur électrique, sa puissance passe de 92 à 72 ch. ce qui donne une puissance cumulée en baisse de 138 à 122 ch. Certes on n’a pas à faire à une voiture sportive, mais ce n’est pas le motif d’achat premier d’une Prius. Et cette baisse n’influe pas de manière significative sur le plaisir de conduire par contre comme évoquée, les économies de carburant et de CO2 sont significatives. 3 litres et 70 g/km pour une voiture équipée de jantes 15 pouces. 3 litres étant le résultat donné dans le cadre du cycle théorique d’homologation qui ne veut rien dire mais qui est actuellement le seul moyen de comparaison. En réalité, nous avons consommé lors de notre essai sur une Prius équipée de jantes 17 pouces (plus gourmande qu’avec des 15 pouces) entre 4,5 et 5,2 litres suivant le poids du pied sur l’accélérateur.

Technique

Système de sécurité précolision

Système de sécurité précolision

La nouvelle Prius est dotée d’un grand nombre d’aides à la conduite, notamment l’affichage tête haute ; le système de franchissement de ligne qui repositionne la voiture dans sa fille lorsqu’elle s’en écarte sans que le clignotant soit actionné ; la gestion automatique des feux de route, la lecture des panneaux de signalisation ; le système d’aide au stationnement ; le régulateur de vitesse adaptatif avec radar de distance ; le système de sécurité précollision qui détecte véhicules ou piétons devant la voiture. Si le conducteur ne réagit pas, le système déclenche la procédure de freinage automatiquement pour éviter l’impact. C’est essentiellement ce système de freinage automatique avec détection de piétons regroupé dans le Toyota safety sense qui a valu à la Prius le score maximal de cinq étoiles au nouveau test plus sévère de l’EuroNCAP.

Tout un art

Afichage de l'énergie utilisée, dans ce cas la battrerie

Afichage de l’énergie utilisée, dans ce cas la battrerie

Conduire une Prius procède d’une démarche particulière. On se prend vite au jeu d’essayer de consommer le moins possible, donc d’avoir le pied très léger. Pour aider le conducteur, trois modes de fonctionnement sont à sa disposition : éco, normale et power. Les lois sont différentes et entraînent des modifications dans le passage des vitesses. Les connaisseurs ne seront pas surpris : une fois le contact mis, rien ne se passe, il faut regarder l’afficheur pour se rendre compte que la voiture est sous tension.

Levier des vitesses

Levier des vitesses

Ensuite il suffit de placer le levier de vitesse sur D pour démarrer en douceur et sans bruit. Suivant la vitesse et le poids du pied sur l’accélérateur, moteurs électrique et thermique joueront leur rôle. A noter tout l’intérêt du rapport B qui amplifie le frein moteur entrainant une recharge plus forte de la batterie. Quant au fonctionnement tout électrique pur il n’offre que 2 kilomètres maximum d’autonomie en ville. On est bien dans une hybride et la conduite joue sur les deux motorisations. Moins bruyant que sur la Prius 3, le moteur thermique est servi par une boite dont l’effet variateur, gênant sur les modèles précédents, a été gommé. Et si la Prius n’est pas un foudre guerre, elle reste très efficace et plaisante à conduire. En somme elle incite à une conduite apaisée. Et n’est-ce pas mieux ainsi !

Toyota Prius 4 : 30 400 euros (version Dynamic) et 33 700 euros (version Lounge). Les deux versions sont dotées du Toyota safety sense et montées en roues 17 pouces. En option 15 pouces, la version Dynamic passe à – 500 euros, soit 29 900 euros.

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