Loir-et-Cher : dans quel état sont les routes après les inondations ?

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Quand l’eau se retire, que constate-t-on en dessous ? Questions à Bernard Pillefer, conseiller départemental en charge des routes et infrastructures, pour soulever un peu le bitume et vérifier si ça sèche.

RD174

Combien de routes ont-elles été impactées par les inondations dans le Loir-et-Cher ?

Bernard Pillefer : Environ 100 routes ont été barrées, et 400 points de submersion ont été constatés. Cela a eu un impact très important sur les conditions de circulations dans le département.

Quand l’eau se retire, quelles sont les conséquences matérielles pour ces routes submergées ?

B.P : Il y a deux problèmes distincts : les routes elles-mêmes, et les ouvrages d’art (les ponts). Pour les routes, les perturbations sont au niveau des structures de fond de la route. Elles sont gorgées d’eau et cela peut déstabiliser la route entière par la suite. Selon la nature des sols, il peut y avoir des variations de certaines structures. Par exemple en Sologne, nous sommes souvent sur de l’argile gonflant, les variations peuvent entraîner des déformations. A l’heure où nous parlons, ça n’est pas encore décelable, il faut attendre que ça sèche. Concernant la couche de roulement, si des dégradations ont eu lieu, on le voit dès maintenant. Mais si la structure est par la suite déformée, ça aura aussi des incidences sur la couche de roulement plus tard.

Pour les ponts, il y a la structure en elle-même, et les assises du pont. A chaque fois qu’un pont a été coupé par l’eau, nous avons fait procéder à un diagnostic avant de le rouvrir à la circulation. Ce sont surtout les murs de maçonnerie qui ont souffert, ils sont gorgés d’eau. Ces éléments d’approche, en séchant, pourront se révéler endommagés. Quant aux assises des ponts, à l’heure actuelle, nous constatons que rien n’a bougé au niveau des « affouillements ». Ce qui prouve au passage la bonne connaissance des architectes et concepteurs, même sur les vieux ponts… Mais nous maintenons une vigilance sur les ouvrages d’art tant que tout n’est pas sec.

Au bout du pont Charles-de-Gaulle à Blois, sur la RD 174, une petite quinzaine de centimètres d’eau ont suffit à bloquer quasiment tout un département, à cause d’une toute petite rivière – la Noue – et d’une portion de route manifestement trop basse… Est-il envisagé à l’avenir de la surélever, sachant que ces « aléas climatiques » devraient se répéter et toujours plus violents ?

B.P : Il faut noter que même si la RD 174 n’avait pas été coupée à cet endroit-là, à Clénort et à Cellettes, c’était inondé aussi. Mais la déviation de Cellettes (qui ouvrira prochainement, Ndlr), devrait résoudre ce problème, on a vu d’ailleurs qu’elle n’avait pas été submergée, ce qui prouve que les études ont été bien faites. Sur le secteur de Vineuil que vous évoquez, ça méritera en effet qu’on y regarde, sans être plus engagé pour l’instant. On en tirera des enseignements c’est certain, mais vous comprenez bien qu’aucune prise de décisions ne peut se faire à présent, sans que nous ayons fait de travail d’analyse sereinement, dans tout le département d’ailleurs.

Combien d’équipes ont-elles été mobilisées durant les inondations ?

B.P : Toutes les équipes, et celles du nord, moins impactées, sont allées spontanément renforcer celles du sud. Je tiens à saluer ce travail, et la solidarité dont les agents ont fait preuve. L’objectif de la cellule de crise installée à Blois était de sécuriser les routes pour éviter les drames, et d’ailleurs il n’y en a pas eu.

Propos recueillis par F. Sabourin

Victoire ! « La Noue » est rentrée dans son (petit) lit !

La Noue

La Noue

C’est une rivière de trois fois rien, un ruisseau pourrait-on dire. La Noue, qui coule entre Vineuil, Saint-Gervais-la-Forêt et Blois, se jette dans le Cosson au niveau de la bien nommée zone de la Boire, vaste friche boisée et de champs plus ou moins cultivés. Mais la Boire n’a pas tout bu, début juin, lors des intempéries qui ont frappé le département. Le Cosson non plus, du coup la Noue est sortie de son lit, a envahie les prairies et les champs alentours, avant de… couper un axe majeur, stratégique même, du département : la RD 174, que les Blésois connaissent bien sous le nom de « 4 voies ». Elle relie le nord au sud de la ville et du département, dans le prolongement du pont Charles-de-Gaulle sur la Loire. Elle est empruntée quotidiennement par des milliers de véhicules et camions, dont une partie importante se rend dans les zones d’activités situées pour la plupart au nord et au nord-ouest de Blois. Cet axe a été coupé durant 4 jours, entrainant de très vastes détours pour rejoindre le sud du département où sont concentrées les habitations de nombre de Blésois d’un jour, venant pour le travail.

A peine 20 centimètres d’eau – et encore, pas sur toutes les voies – ont suffit à couper la circulation, paralysant l’agglomération et le département et ses activités économiques. Tout ça parce que la Noue, canalisée lors de son passage sous la RD174, a fait des siennes… On imagine la catastrophe si la Loire avait décidée, elle aussi, de s’y mettre. D’ici à ce que cette fameuse RD174, à qui il manque au moins 20 cm de hauteur donc, soit construite comme l’autoroute A10 vers Orléans sur une « zone humide », il n’y a pas des kilomètres… de bouchons.

F.S

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