France-Roumanie : stress et Payet

  • PDF
  • Email
  • Add to favorites

euro regardFrédéric Sabourin

sabourin

Comment s’emballer pour cet Euro 2016 qui semble tomber au plus mal dans le contexte morose d’une France en panne ? En se forçant à sortir sous la pluie pour tester l’ambiance des bars blésois qui retransmettent le match d’ouverture. Et boire des bières.  

 

« Le foot, le foot, le foot, le foot, le foot… la France est foot-u ! », disait Guy Bedos dans son sketch « Carton rose ». On est passé prêt du pire ce soir, score vierge à la mi-temps, jusqu’à ce que Giroud ouvre le score, dos au but et de la tête (57e minute). Et puis le drame, « tire moi des pénalty ! ». En l’occurrence un seul, à la 65e minute, marqué par le Roumain Stancu qui n’a pas tremblé mais les filets d’Hugo Lloris, oui.

Le foot au Clipper;

Le foot au Clipper

A Blois, c’est peu dire qu’on n’avait guère envie de ressortir pour voir ce match des bleus : l’orage s’est abattu sur la ville en début de soirée, et la pluie – encore ! – c’est à croire que François Hollande était parmi nous… Pas vraiment envie de ressortir pour aller prendre la température, l’ambiance dans les bars blésois qui diffusaient le match d’ouverture de cet Euro 2016. L’ambiance, on la pressentait déjà plutôt molle ; Blois n’étant pas spécialement connue pour sa chaleur sportive des supporters footeux…

Entraîner une copine…

Alors on s’est fait violence, faisant une première station au Saint-Lubin : foutu pour foutu autant se mettre sous la protection d’un saint local, et d’une bière alsacienne. Mickaël est venu « avec des potes, et une copine, qu’on a réussi à entraîner pour voir ce match ». Ça pourrait ressembler à un exploit, convaincre une nana voir un match un vendredi soir pluvieux de juin (printemps pourri). Mais non, Julie (c’est son prénom), elle est contente d’être là, smartphone en main, et déjà deux ou trois verres de bière vides devant elle. Donc aussi dans le gosier. C’est peut-être pour ça qu’elle est la seule à s’emballer devant cette première mi-temps aussi lisse et sans saveur qu’une toile cirée de chez ma grand-mère, époque fin René Coty début Charles de Gaulle.

Manquait que le sang et or

Deuxième étape premier but.

Deuxième étape premier but.

Un demi de bière plus tard, 45 mn sont passées, il est temps de changer d’endroit pour voir si Place Louis XII – qui était un grand fan de foot mais les historiens ont peu étudié ce hobbie royal – l’ambiance ne serait pas un peu plus chaude. Elle était plus juvénile au « Clipper », un peu plus pépère aux « Arcades », mais là c’est parce que les téléspectateurs mangeaient en même temps. Bon. Une bière munichoise dans le verre, on se disait que ça ne pouvait pas se terminer comme ça. Douze minutes après la seconde sortie des vestiaires, on a flairé l’action porteuse. Indéniablement, l’équipe de France dominait, en tout cas elle « essayait ». Et Olivier Girout sauta plus haut que les autres : 1-0. On respirait dans la brasserie, et les verres se remplirent à nouveau. Des frites sont sorties de cuisine aussi, on aurait pu se croire à Lens près du stade Bolaert, manquait que le sang et or…

Payet en pleine lucarne

Les "fan zone" façon bistrot à Orléans aussi.

Les “fan zone” façon bistrot à Orléans aussi.

Huit minutes plus tard, c’est une soupe à la grimace qui est sortie de cuisine. Un pénalty accordé aux Roumains permet à Stancu de réduire la marque. 1 1. Le match n’était déjà pas terrible, là il devenait vraiment nul. Les frites devenaient molles dans les petits paniers, et il restait encore 25 minutes, une éternité ! Jusqu’à ce tir tendu du pied gauche de Dimitri Payet à l’entrée de la surface de réparation, qui vint nettoyer la toile d’araignée en pleine lucarne du gardien roumain Tatarusanu, qui pourtant n’avait pas démérité jusqu’ici, repoussant bon nombre de tirs cadrés des bleus. 2-1, à la 89e minutes, même avec 3 minutes de temps additionnel, « il ne peut plus rien nous arriver » comme aurait dit feu Thierry Rolland.

« C’est bon pour le moral des Français !» s’est exclamé Francis, le taulier, en encaissant les consommations. Une réplique de Président normal… Soulagement dans le bar, en terrasse, partout dans la ville. Pourtant il pleuvait toujours (il pleuvra jusqu’à la fin des temps saviez-vous ?), et cette soirée « stress et Payet » se termine bien. Jusqu’à la prochaine fois.

Frédéric Sabourin

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Qui peut m’expliquer comment d’un côté la propagande gouvernementale nous dit que les grévistes sont des terroristes-saboteurs et que les vues arériennes du stade à Saint Denis montraient les gradins pleins “à craquer” Que serait-il passé s’il n’y a avait pas eu des grèves? il aurait fallu refouler les gens ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *



Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail