Hélène Cadou en son jardin

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Lecture de poèmes d'Hélène Cadou

Lecture de poèmes d’Hélène Cadou

Harmonie poétique à Orléans. Afin d’honorer la mémoire d’une grande Orléanaise d’adoption, la ville d’Orléans a décidé de dénomme“Jardin Hélène CADOU” l’ancien parc de La Motte Sanguin, dont la profonde requalification est en cours.

Les travaux sur le jardin du haut ouvert au public (accès boulevard de la Motte Sanguin et rue de Solférino) sont en cours d’achèvement. Les travaux sur le jardin du bas (accès quai du Fort Alleaume) s’achèveront à l’été 2017. Samedi, Olivier Carré, maire d’Orléans, député du Loiret, a baptisé officiellement cet espace le “Jardin Hélène CADOU”. 

En compagnie d’Orléanais intéressés, des habitants du quartier et des voisins du jardin ainsi que de bon nombre d’acteurs culturels de la cité, ce rendez-vous, proposé et organisé par Abel Moittié, adjoint au maire chargé des arts plastiques et président de l’association des Amis de Roger Toulouse, a permis de rendre un sensible et souriant hommage à cette grande et douce âme de la poésie contemporaine.

– Avec pudeur et fulgurance

En vérité, la poétesse Hélène Cadou a bouleversé les cœurs par la pudeur et la fulgurance de ses mots à l’égard de son amour disparu, le si beau poète René-Guy Cadou, témoin véhément de la terre et du ciel, authentique passeur de la profondeur de l’émoi. Universelle est cette déclaration d’amour d’Hélène Cadou. Elle est  d’une telle beauté, d’une telle élégance, d’un tel charme douloureux, d’une telle haute fragilité humaine, qu’elle appose les mots les plus purs sur l’élan et la reconnaissance, la lumière et l’aveu. L’amour immense, la présence et l’absence, Hélène Cadou les livre comme un baume, paupière closes, ultime offrande du cœur qu’elle tient “dans le lit de ses mains tremblantes”.

– Engagement et intense activité culturelle 

Etudiante en philosophie, Hélène Cadou rencontre en août 1943 le poète René Guy Cadou, dont les premiers vers publiés en 1937 l’ont bouleversée. Après quelques longs étés de fiançailles, elle l’épouse en 1946 et vit avec lui quelques courtes saisons de grand bonheur, à Louisfert, près de Châteaubriant, où il est instituteur. 
A la mort du poète, dès 1951, Hélène  Cadou est accueillie à Orléans, quai Saint-Laurent, par son ami peintre Roger Toulouse. Auprès de son épouse, Marguerite Toulouse, elle prend le poste de bibliothécaire que lui propose alors le maire de l’époque, Roger Secrétain. Elle l’occupera avec passion jusqu’en 1987, précieuse collaboratrice, excusez du peu,  rue Dupanloup, des directeurs successifs, Georges Bataille, François Hauchecorne et Jean-Claude Roda.
Hélène Cadou déploiera une intense activité culturelle : d’abord au profit de la bibliothèque, où elle crée un fonds poétique et un fonds de bibliophilie contemporaine; mais aussi en qualité de présidente du Centre d’Action Culturelle d’Orléans et du Loiret, puis de la Maison de la Culture (MCO-Carré Saint Vincent), entre 1967 et 1975. Son engagement lui vaut une double distinction, dans l’Ordre National du Mérite et dans celui des Arts et des Lettres. 

– Une grande voix de la poésie contemporaine

Abel Moittié: “Dévouée à la promotion de l’œuvre de René Guy CADOU, Hélène se consacre elle-même à l’écriture avec un talent rayonnant et devient bientôt une grande voix de la poésie contemporaine. C’est à Orléans qu’elle crée l’essentiel de son œuvre, trouvant pour dire la vie, l’amour, la mort et l’absolu, les mots justes qui font longuement écho chez son lecteur. Auteur de vingt-six recueils de poésie, elle reçoit la consécration de ses pairs, qui lui attribuent le prestigieux Prix Verlaine en 1990.
A partir de 1993, revenue en Loire-Atlantique, elle partagera son temps entre Louisfert, l’été, et Nantes, l’hiver. A Louisfert-en-Poésie, elle fait vivre la maison d’école transformée en maison d’écrivain, “La Demeure de René Guy CADOU”, lieu de mémoire du poète. A Nantes, elle s’attelle à la gestion du “Centre René Guy CADOU”, intégré à la médiathèque, qui conserve le riche fonds documentaire constitué par les correspondances, manuscrits et livres du poète.
Hélène Cadou est décédée le 21 juin 2014, à Nantes,  juste avant l’aube de l’été.”
 
Une œuvre puissante et délicate, lumineuse et rayonnante

 Abel Moittié, toujours: ” Son œuvre est à la fois puissante et délicate, lumineuse et rayonnante. Elle restera vivante. Tout comme reste vivante l’empreinte dont elle a marqué l’histoire d’Orléans. Tout comme Hélène reste vivante elle-même au cœur de ses amis orléanais, qui l’ont accueillie, aimée puis admirée, avant de la respecter aujourd’hui, pour l’éternité.”
 
Ainsi, ce samedi, voici un bel élan amical, officiel et fraternel, une inauguration les larmes et le sourire au bord du cœur dans “les allées du temps” comme s’est plu à le souligner Abel Moittié. Ce jour de pluie, amis et admirateurs se sont livrés avec ferveur à l’évocation de l’œuvre  de René-Guy Cadou mais surtout, bien entendu,  à celle d’Hélène Cadou.
Au fil des textes lus par des amis et sympathisants de différentes associations culturelles, une leçon de vie s’est offerte à chacun, un hymne rare et de toute beauté dont on a pas fini de tourner les pages dans un jardin qui n’est pas secret mais désormais ouvert à tous.
 

“René Guy Cadou, ou les visages de solitude”, un film d’Emilien Awada

rené guy cadouLa télévision ne s’intéresse pas à la poésie, il parait que ça n’intéresse pas les téléspectateurs… et c’est bien dommage car le film d’Emilien Awada à propos de l’œuvre de René Guy Cadou nous montre ce que l’image peut apporter dans l’évocation d’un univers poétique.

Le témoignage émouvant d’Hélène Cadou, plus de soixante ans après la mort de celui « qui la fit naitre », nous apporte une lumière précieuse sur cette relation où l’amour et la poésie ne faisaient qu’un.

Et si les interviews nous donnent à comprendre ce que fut cette École de Rochefort qui n’en n’était pas une, car plutôt faite d’amitié partagée et de connivence artistique que d’un quelconque dogmatisme esthétique, la lecture des poèmes de René Guy Cadou par Michael Lonsdale et Richard Martin, magnifiquement illustrée par les paysages nantais si présents dans sa poésie, est une véritable é-vocation où la voix résonne soudain dans la lumière.

Gérard Poitou

Un film d’Emilien Awada sur un scénario de Luc Vidal  52 mn

Disponible aux Editions du Petit Véhicule

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