Inondations sur l’A.10: la Retrève n’en n’était pas à sa première résurrection…

  • PDF
  • Email
  • Add to favorites

En complément de l’enquête de Claude-Marie Vadrot dans Politis qui explique que l’A.10 a été construite sur une rivière souterraine, l’un de nos lecteurs Jacques rafraîchit la mémoire des plus anciens et explique que tout le monde était bien conscient sur place à Gidy, que la Retrève ne disparaîtrait pas comme ça. Extrait:

La Retrève a fait sa réapparition sur l'autoroute.

La Retrève a fait sa réapparition sur l’autoroute.

“On ne peut pas dire que l’on ne savait pas.. Il y a un demi siècle, le bulletin des naturalistes Orléanais aborde déjà la question de la Retrève dans son numéro XIII d’avril 1961, sous le titre « Vallée du Nant et de la retrève ».

La République du Centre (janvier 1961) écrit quant à elle : « La Retrève a fait sa réapparition hier matin, provoquant la consternation dans le petit bourg (Gidy) où de nombeux habitants surveillaient sa montée implacable. En quelques heures, elle se manifestait partout, coupant la route entre Cercottes et le hameau de Coudreau, recouvrant également la route de Gidy, à Saran, vers la ferme du « Bout du Bois » dont les habitants devaient se munir de bottes pour aller au bourg de Gidy et dans le bourg même, inondant la route du Carouge sur plusieurs centaines de emètres. Dans l’après-midi, cette route était ensevelie sous les eaux depuis la boutique du boucher, au centre du bourg, jusqu’à la ferme de la Mi-voie, à proximité du carrefour du Carouge où une mare, habituellement vide, se remplissait d’une eau bouillonnante à une vitesse préoccupante. En fin d’après-midi, vers 17 heures, à cet endroit, la Retrève menaçait déjà les maisons proches et atteignait le pied du calvaire édifié là . Prévoyant le danger, un puvrier agricole, M. Jarry, élevait un précaire mur de terre pour tenter de stopper devant sa demeure la montée des deaux.Celles ci accusaient une profondeur variable, selon la topographie du terrain, que l’on pouvait situer entre 40 cm et 1 mètre » .

Le centre de Gidy au nord d'Orléans sous les eaux.

Le centre de Gidy au nord d’Orléans sous les eaux.

En juillet 1966, un autre article très détaillé de huit pages sur la Retrève et ses débordements est publié dans le bulletin des Naturalistes Orléanais, sous la signature de J. Moreau et de J. Munerot. La conclusion de cet article peut encore aujourd’hui, donner à réfléchir : « Il ne faut pas compter sur la nature pour que disparaisse la Retrève. Et la civilisation, pour l’instant, aurait plutôt tendance à favoriser sa venue. Répétons-le : plus les secteurs forestiers où elle passe seront déboisés, plus il y aura de l’eau dans son lit, plus les gouffres (de la forêt d’Orléans) seront obstués par des immondices, moins ils                                                                                  absorberont » .

PS : Les crues historiques de la retrève sont connues depuis très longtemps :en 1930-31 : cinq débordements de la Retrève sont notés de novembre à mai . En 1937 : 30 hectares de terres sont inondées à Coinces, Gidy est isolé plusieurs jours. Autres débordements notés : 1943, 1945, 1958, 1961. En 1966 la Retrève déborde 3 fois entre janvier et avril..

 

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

  1. Certes la nature se rappelle de temps à autre à notre “bon souvenir”, il y a des cycles parfois très éloignés qui nous font oublier l’existence possible de ces phénomènes. Nous n’avons pas la “maîtrise” de cela. Par contre, ces phénomènes se trouvent amplifiés par des choix d’urbanisation, par l’absence de mesures de simple bon sens dans le domaine de l’entretien des fossés, par un calibrage insuffisant de buses de traversées de routes ou de chemins. Dans cette période du “chacun pour soi” nous devons faire preuve de responsabilité pour éviter, par l’entretien au droit des propriétés qui sont les nôtres, de faire supporter aux autres les conséquences de nos impérities…

  2. Le problème posé dépasse largement celui de l’attitude plus ou moins égoïste de tel ou tel particulier qui aurait oublié de nettoyer le caniveau devant chez lui renvoyant ainsi l’eau chez le voisin.. Il pose l’immense problème du développement des infrastructures humaines, qui même baptisé de « durable » est toujours plus dévoreur d’espaces autrefois naturels et toujours plus destructeur des équilibres fondamentaux.. Pas facile de gérer cela , il faut bien des routes, des maisons… mais peut-être qu’il serait possible de corriger certaines erreurs : par exemple celle de tenir très rarement compte des avis négatifs donnés lors des enquêtes publiques lorsqu’ils contiennent des mises en garde relatives à l’environnement..

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Code de sécurité *



Recevez chaque jour les nouveaux articles par e-mail

Votre e-mail ne sera communiqué à aucun tiers et servira uniquement à vous envoyer les titres chaque jour par e-mail