Loir-et-Cher : un million d’euros d’aide d’urgence pour les sinistrés des inondations

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Lors de la session du budget supplémentaire au Conseil départemental de Loir-et-Cher, une aide exceptionnelle a été votée à l’unanimité par l’assemblée départementale. « Nous sommes dans l’urgence » a déclaré avec gravité le président du Conseil départemental Maurice Leroy. Un fonds d’aide exceptionnel a été voté en assemblée départementale lundi 13 juin.

Maurice Leroy © N. Derré CD41

Maurice Leroy. Photos : N. Derré CD41

1 M€ au total, découpé en tranches : 200.000 € pour Romorantin-Lanthenay (où vivent 500 des 1.000 personnes déplacées au total dans le département suite aux inondations). 500.000 € pour les communes déclarées en état de catastrophe naturelle. 300.000 € pour les agriculteurs, en particulier les éleveurs et les maraîchers, durement touchés par cette calamité. Soit 600 € par foyer sinistré, c’est la moyenne qui sera perçue par les Loir-et-Chériens qui en feront la demande, via leur maire, « de la manière la plus simple possible », pour que ça aille vite.

François Hollande avec les habitants de Romorantin. @présidence de la République.

François Hollande avec les habitants de Romorantin.

Un fonds d’aide qui ne s’adresse pas aux PME-TPE – on pourra s’en étonner – car depuis l’entrée en vigueur de la loi NOTRe, la compétence économique échappe aux Départements (elle a été versée à la Région). Alors quid du soutien à l’agriculture ? Elle aurait pu elle aussi faire les frais de ce glissement de compétence, puisque ce sont des entreprises… En marge de la session, un élu bien informé glissait : « On est limite, c’est vrai. Mais au titre de « l’animation territoriale », ça passe, et ce soutien pourra bien être apporté aux agriculteurs, qui en ont eux aussi grandement besoin ». Une aide qui rejoint celle versée en septembre dernier (300.000 €) pour soutenir les éleveurs qui avaient beaucoup soufferts… de la sécheresse de l’été caniculaire 2015.

Rapport annuel des services de l’Etat

L'Assemblée départementale de Loir-et-Cher

L’Assemblée départementale de Loir-et-Cher

Au cours de cette session de budget supplémentaire, le compte administratif 2015 a été présenté par le rapporteur du budget Philippe Sartori (conseiller départemental de Saint-Aignan). Le « BS » a ensuite été adopté à l’unanimité pour 18,8 M€. Friant d’annonces, et parce que c’était aussi le jour du bac de philo, Maurice Leroy a donné du grain à moudre aux apprentis philosophes qui se seraient trouvés dans l’hémicycle en interrogeant : « l’attente est-elle ennemie de l’action ? ». Sans attendre le ramassage des copies, il a annoncé un futur plan de mandature d’ici à 2021, « inscrit dans la lignée directe de Loir&Cher 2020 (…) une continuité logique ».

Enfin, le préfet Yves Le Breton est venu présenter le « rapport annuel des services de l’Etat en Loir-et-Cher », occasion pour les conseillers départementaux d’une séance de questions sur des problématiques cantonales très concrètes : transports, éducation, inondations, handicap, entreprises et concurrence, santé, démographie médicale ; bref les doléances d’une ruralité soumise à rude épreuve…

Frédéric Sabourin.

Quand y en a plus, y en a encore !

Il y a à peine trois mois, lors du vote du budget primitif 2016 (le 24 mars), Maurice Leroy et sa majorité avaient été très clairs : « il n’y a plus de gras, plus de muscle : il faut rogner l’os ! », afin d’expliquer que la baisse de la DGF (Dotation globale de fonctionnement) allait entraîner – à contre cœur – une augmentation de la fiscalité (de 19,52 à 24,4 %). 80 jours plus tard, on pourrait s’étonner du déblocage au pied levé, d’un fonds de 1 M€ d’aide exceptionnelle pour soutenir les sinistrés des inondations. Sans remettre en cause la nécessité d’aider les habitants durement touchés, le contribuable loir-et-chérien ne pourra que s’étonner de cette somme qui semble – comme la pluie – tombée du ciel, à l’heure où les cordons de la bourse sont serrés comme un expresso romain de la piazza Navona.

La réponse est contenue dans le bilan administratif 2015, présenté par le rapporteur du budget Philippe Sartori et abondamment salué par le président Leroy : « C’est notamment grâce à l’excédent de 2,3 M€ de 2015 que nous pouvons faire ce geste ». Un excédent qui a plusieurs sources, notamment les économies drastiques sur le parc routier, et sur les dépenses de fonctionnement, en baisse de 0,3 %. Ce qui peut sembler peu, mais on sait que, de droite comme de gauche, c’est souvent sur ces fameuses dépenses de fonctionnement que les majorités et oppositions départementales se déchirent, critiquant mutuellement le train de vie exagéré des collectivités.

N’empêche. On ne pourra pas s’empêcher de penser – dans les milieux autorisés comme aurait dit Coluche – que « quand on veut (trouver des sous), on peut ! ». N’a-t-on pas débloqué récemment en 48h chrono 220.000 € pour mettre un gymnase aux normes de la Ligue de Basket afin d’y accueillir, pendant 7 mois, l’ADA Blois basket ?

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