Orléans: deux nouvelles directrices au théâtre (CDN) et à la danse (CCN)

François-Xavier Hauville, le directeur de la Scène Nationale d’Orléans, le soulignait dans sa présentation de la saison 2016-17, la semaine dernière, deux changements majeurs étaient attendus pour 2017 dans la vie culturelle orléanaise à savoir les nominations de nouvelles directions au Centre Dramatique National et au Centre Chorégraphique National d’Orléans.

Et les nominations sont:

Communiqué de la Ministre de la Culture

“Audrey Azoulay, ministre de la Culture et de la Communication, en plein accord avec Olivier Carré, député du Loiret, maire d’Orléans, et François Bonneau, président de la Région Centre-Val-de-Loire, a nommé Séverine Chavrier et Maud Le Pladec, respectivement à la direction du Centre dramatique national d’Orléans (CDN) et du Centre Chorégraphique National (CCN) d’Orléans, à compter du 1er janvier 2017.
Ces deux nominations représentent un beau passage de témoin entre ces deux artistes et leurs prédécesseurs, le metteur en scène Arthur Nauzyciel pour le CDN et le chorégraphe Josef Nadj, fondateur du CCN, auxquels la ministre tient à rendre un hommage chaleureux.
Séverine Chavrier et Maud Le Pladec incarnent une nouvelle génération d’artistes. Elles partagent toutes deux une approche artistique similaire, développant un travail singulier sur l’écriture et mêlant leur discipline avec les autres arts.
Fortes de leurs expériences en France mais également à l’étranger, nourries de rencontres avec des artistes du monde entier, elles portent dans ces deux établissements une vision ouverte sur leur art, à travers des créations originales et une programmation tournée vers les expressions contemporaines.
C’est le sens du projet de Séverine Chavrier au CDN, en accueillant des artistes comme les metteurs en scène Jonathan Capdevielle et Sanja Mitrovic ou le projet de Louise Sari, scénographe et plasticienne.
C’est aussi le sens du projet de Maud le Pladec au CCN, qui entend favoriser la collaboration avec le champ de la création musicale et la réflexion portée vers les pratiques artistiques au sein de la société.”

Séverine Chavrier  CDN Orléans

De sa formation en lettres et en philosophie à ses études de piano au Conservatoire de Genève et d’analyse musicale en passant par de nombreux stages pratiques sur les planches, elle a gardé un goût prononcé pour le mélange des genres. En tant que comédienne ou musicienne, elle multiplie les compagnonnages avec Rodolphe Burger, François Verret et Jean-Louis Martinelli, tout en dirigeant sa propre compagnie, La Sérénade Interrompue, avec laquelle elle développe une approche singulière de la mise en scène, où le théâtre dialogue avec la musique, l’image et la littérature.

Séverine Chavrier construit son expression à partir de toutes sortes de matières : le corps de ses acteurs, le son de son piano préparé, les vidéos qu’elle réalise souvent elle-même. Sans oublier la parole, une parole erratique qu’elle façonne en se plongeant dans l’univers des auteurs qu’elle affectionne.

En 2010, sa pièce Epousailles et représailles, d’après Hanokh Levin, reprise au Festival Impatience au Centquatre, dissèque les vicissitudes du couple avec humour, cruauté et humanité. En 2011, elle présente sa création Série B – Ballard J.G., inspirée de l’auteur de science-fiction britannique James Graham Ballard. En 2012, elle crée Plage Ultime au Festival d’Avignon. Elle continue par ailleurs un concert d’improvisation en duo avec Jean-Pierre Drouet qu’ils donnent au Festival d’Avignon, à l’Opéra de Lille et avec Bartabas en juin 2013.

A l’automne 2014, Séverine Chavrier monte Les Palmiers sauvages au Théâtre de Vidy-Lausanne, où elle crée Nous sommes repus mais pas repentis en mars 2016 avec la même équipe. Les deux pièces seront présentées à l’Odéon-Théâtre de l’Europe en mai et juin 2016.

En février 2015, elle propose pour le Festival Hors-Série au Théâtre de la Bastille le spectacle Après coups / Projet Un-Femme, pièce chorégraphique recréée en novembre 2015 au Théâtre Roger Barat d’Herblay. 
http://lesindependances.com/fr/artists/la-serenade-interrompue

Maud le Pladec  CCN Orléans

Maud Le Pladec se forme à la danse contemporaine en 1999, en intégrant la formation ex.e.r.ce au Centre Chorégraphique National de Montpellier dirigé par Mathilde Monnier. Elle travaille ensuite à l’étranger, d’abord à Vienne (Autriche), dans le cadre de Dance-web, puis comme interprète dans les projets des chorégraphes Takiko Iwabuchi (Japon), Guillermo Bothello (Suisse), Patricia Kuypers (Belgique), Bojana Mladenovic et Dusan Muric (Serbie).

En 2001, Maud Le Pladec entame son premier projet, dont les enjeux et les préoccupations principaux découlent directement de son séjour à Tokyo. Ce début de chantier marquera aussi l’amorce d’un désir : celui de collaborer et de mettre en place un cadre propice à la recherche chorégraphique. La rencontre avec Mickaël Phelippeau, Typhaine Heissat, Virginie Thomas et Maeva Cunci sera déterminante dans l’affirmation de ces choix. La même année, à l’initiative de ces cinq danseurs, naîtra le collectif Leclubdes5.

En 2004, elle interprète Once upon a time de Georges Appaix. La même année, dans le cadre du collectif Leclubdes5, elle co-signe, avec Mickaël Phelippeau, Fidelinka et Fidelinka-extension, respectivement présentés aux Laboratoires d’Aubervilliers à Paris et aux Subsistances à Lyon.
Elle collabore ensuite avec Mathilde Monnier sur les créations 2008 Vallée avec le chanteur Philippe Katerine (2006) et Tempo 76 (2007), puis au projet All Cunningham Project (2008) de Boris Charmatz à Berlin. Elle travaille avec le plasticien Marcel Dinahet sur l’installation Danseurs Immobile à la Ménagerie de Verre et sur Figure présentée au Centre d’Art La Criée à Rennes.

En 2009, elle interprète Ciao Bella du chorégraphe Herman Diephuis, puis assiste le chorégraphe Boris Charmatz au Musée de la Danse sur le projet Roman Photo. Elle est ensuite interprète dans Levée des Conflits (2010), ainsi que dans Enfant (2011) de Boris Charmatz.

En 2010, Maud Le Pladec créé Professor, pièce chorégraphique pour trois interprètes sur la musique de Fausto Romitelli. Professor obtient, la même année, le prix de la Révélation Chorégraphique 2010 par le Syndicat de la Critique Française. En Novembre 2011, elle crée Poetry au festival « Mettre en Scène » au Théâtre National de Bretagne à Rennes, pièce qui forme avec Professor un diptyque autour de l’œuvre de Fausto Romitelli.

En février 2012 et 2013, elle est invitée par les Subsistances à Lyon à créer deux pièces autour et à partir de l’œuvre musicale des compositeurs David Lang et Julia Wolfe. Ominous Funk et Demo, créées pour l’occasion, seront le point de départ d’un projet au long cours (2012-2015) autour du collectif de musique contemporaine new yorkais Bang on a can. En mai 2012, elle crée pour le Festival Les Musiques au Théâtre de la Criée à Marseille une version live de Professor, en collaboration avec l’Ensemble Ictus sous la direction de Georges-Elie Octors.

En 2013, elle est lauréate du programme Hors les Murs de l’Institut français et effectue dans ce cadre une recherche à New York sur le collectif Bang on a can et le courant de la musique post-minimaliste américaine. Cette recherche et cette immersion dans le contexte d’émergence de ce courant musical viendront alimenter la création de DEMOCRACY en 2013, pièce pour cinq danseurs et quatre batteries (Ensemble TaCtuS) et plus récemment de CONCRETE en novembre 2015 (créations Mettre en Scène), projet d’envergure conçu pour cinq danseurs et neuf musiciens de l’Ensemble ICTUS (Bruxelles). En octobre 2015, Maud Le Pladec est invitée par l’Opéra de Lille à collaborer à la création de l’Opéra XERSE (Cavalli/Lully, mise en scène Guy Cassiers, direction musicale Emmanuelle Haim/Concert d’Astrée).

Cette même année, elle initie un nouveau cycle de créations autour de la parole donnée aux femmes en cocréant Hunted avec la performeuse et auteur New Yorkaise Okwui Okpokwasilli dans le cadre d’une commande des Subsistances pour le festival Aire de Jeu. Ce projet ouvre un nouveau chantier de recherche et de création autour du texte, et de la façon dont l’écriture des mots croise celles du mouvement et de la musique, Maud Le Pladec travaille actuellement sur sa prochaine création MOTO-CROSS (2017).
http://www.maudlepladec.com/category/bios/

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