France-Albanie : le foot, ça commence avant la 90e minute…

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euro regardFrédéric Sabourin

sabourinOn prend (presque) les mêmes et on recommence : même bar, mais ambiance plus chaude que lors de France-Roumanie. Récit d’un match avec un Dunkerquois soulant… de paroles, une quadragénaire avec le démon de minuit et quelques touristes Belges (de Louvain).

Cette fois-ci, on était motivé. France-Albanie, quelle affiche ! Le temps étant le même que vendredi dernier, nous n’avons pas eu beaucoup d’efforts à fournir pour choisir la veste anti-pluie : direction le centre-ville de Blois, le bar Saint-Lubin et sa “fan zone” pour voir ce deuxième match des Bleus, où la victoire était hautement souhaitée pour espérer se qualifier sans encombre pour les 1/8e de finale.

Fan zone blésoise lors de France-Albanie (c'est sombre à cause de la bière...)

Fan-zone blésoise lors de France-Albanie (c’est flou à cause de la bière…)

Dès l’arrivée, on n’a pas été déçu. Un jeune barbu à casquette, verre de bière à la main, nous scotche et c’est un vrai moulin à paroles qui se met en marche et ne s’arrêtera… qu’à la 96e minute. Sans vouloir regarder les matchs dans le silence monacale d’une abbaye cistercienne, avouons quand même que si la conversation s’avère inintéressante, pourquoi se souler de paroles?! William est Dunkerquois, nous ne saurons jamais ce qu’il vient faire à Blois, hormis emmerder les spectateurs aux terrasses de bistrots les soirs de matchs.

La première mi-temps de France-Albanie est à l’image du score à la rentrée aux vestiaires : nulle. Mais vraiment. Heureusement que William le Ch’ti est toujours là, avec ses logorrhées dégoulinantes, sans ça on s’endormait sur place ! Un peu de répit le temps que deux touristes belges de Louvain s’approchent, verres de rosé en main, et fassent part de leur soutien footballistique à la France. Hésitant à partir, finalement on reste, la mi-temps occupée à regarder un autre touriste (espagnol celui-là) qui s’est pris en plein dans le mille un plot anti-stationnement, perçant le radiateur de son beau break Peugeot. Le maire de Blois doit être de mèche avec des carrossiers et garagistes : ce plot urbain à l’entrée de la rue des Jacobins, tout le monde l’embrasse (le maire aussi), et nombreux sont ceux qui y ont laissé au mieux de la peinture, ou au pire des pare-chocs. Le quart d’heure de mi-temps passe vite aussi car au bar il y a Frida, qui a du être belle comme un soleil mais depuis le temps qu’on ne le voit plus elle est un peu défraîchie, la quadragénaire (avancée) qui se fait dragouiller par tous les poivrots qui laissent un peu tomber le foot pour plonger les yeux… dans sa bière.

Et à la 90e minute…

France-Albanie - Euro 2016

France-Albanie – Euro 2016

Les Bleus ressortent des vestiaires et le match reprend. Il n’est pas le seul : William repart de plus belle avec ses soliloques (on passe sans transition de l’attentat de Sarajevo à la Roumanie de Ceausescu, puis on fait un tour en Pologne et on revient à Dunkerque : mais parle-nous de foot bon d…!). Ça peut paraître étrange, mais cette seconde période semble bien meilleure que la première, du moins, la pression s’accentue devant la cage du gardien albanais, et les joueurs français on enfin décidé de ne pas perdre bêtement des ballons provoquant du même coup de belles occasions. Mais c’est souvent au dessus (au rugby ça ferait de beaux drops !), à côté, ou pire : sur le poteau (Giroud, 69e).

13394168_1220462151327847_6137786410649536599_nUne minute après le changement de système de jeu par Didier Deschamps, faisant rentrer Antoine Griezmann à la place de K. Coman (68e). En 20 minutes, le jeune prodige de l’Atletico Madrid va être décisif, ouvrant enfin le score à la dernière minute du match, de la tête sur un centre de Rami. Puis, comme il restait encore 5 minutes de jeu dont on ne sait par quelle miracle elles étaient accordées, le désormais célèbre finisher Dimitri Payet renvoya les Albanais à Tirana en bus Macron, en même temps que le ballon au fond de la cage : 2-0 à la 96e minutes.

Délire sur la terrasse du Saint-Lubin. De la bière comme s’il en pleuvait ! Et le Dunkerquois exultant sa joie nordiste en hurlant, finissant de nous massacrer les oreilles. Abasourdi, on est rentré, et comme c’était le jour du bac de philo, on s’est posé cette question : faut-il vraiment attendre la dernière minute pour se sortir d’un mauvais pas ? Impossible de rester neutre face à un tel problème. On verra si contre la Suisse, dimanche soir…

Frédéric Sabourin.

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