En meeting jeudi 8 septembre à Vendôme, fief centriste de Maurice Leroy, le candidat à la primaire de la droite et du centre Nicolas Sarkozy a tiré à boulets rouges sur François Hollande. Et ratissé large sur les thèmes de la ruralité abandonnée, l’agriculture souffrante, la sécurité des Français, et l’Europe de Schengen à revoir.

Dans la salle du Minotaure à la touffeur équatoriale où avaient pris place environ 2.000 personnes galvanisées par les chauffeurs de salle professionnels Guillaume Peltier (Secrétaire départemental des Républicains) et Maurice Leroy (député UDI de Loir-et-Cher), Nicolas Sarkozy a tenu un meeting de campagne en répondant d’abord aux attaques de François Hollande menées le jour même dans son discours sur la démocratie face au terrorisme. “C’est le droit qui doit s’adapter à la réalité de la menace, ce n’est pas le contraire, parce qu’accepter le contraire, c’est accepter l’impuissance. Je ne serai jamais le président de l’impuissance, voilà ma réponse à François Hollande”. Le ton était donné. “Dans huit mois, les Français devront choisir entre la présidence de l’impuissance et la présidence de l’action”.
Ruralité, quand tu nous tiens

N. Sarkozy a signé son livre “Tout pour la France” à tour de bras devant ses fans venus parfois de loin.
L’ancien Président de la République, candidat à la primaire de la droite et du centre, et actuellement bien mal en point dans l’affaire Bygmalion, a ensuite déployé son “programme”, en ratissant large sur la terre centriste de Loir-et-Cher, et devant Maurice Leroy qui venait d’annoncer qu’il était “le seul capable de faire rentrer la France dans sa nouvelle renaissance”. Sur le thème de la ruralité en premier lieu, il s’est longuement attardé. “Sans l’identité rurale de la France, nous préparons un monde aplati”, a-t-il tonné devant Guillaume Peltier, qui venait lui de recycler une partie de sa lyrique tribune dans le Figaro publiée quelques jours plus tôt. “Des milliards ont été dépensés pour la ville, des erreurs ont été faites”. L’ex-ministre de la Ville et du Grand Paris, au premier rang, a du apprécier. “Je veux parler à cette France qui souffre : je lancerai un plan Marshall de la ruralité dès le mois de juillet 2017. Pour 1 € d’argent public pour la ville, 1 € d’argent public sera consacré à la ruralité”. Démographie médicale, personnes âgées, transports routiers et ferroviaires : dans le plan Marshall également.
Sécurité : “je suis du côté des victimes”
Nicolas Sarkozy veut aussi un moratoire sur “toutes les normes”, en “redonnant des pouvoirs aux préfets”, et “rapprocher les Départements des Régions”, en ressortant de sa manche le conseiller territorial. Sans surprise la question de la “sécurité des Français” a été largement évoquée. “Je suis aux côté des victimes”, a-t-il déclaré, avant de dresser un catalogue de mesures concernant la politique pénale, les peines de prison fermes pour les multirécidivistes, remettre de l’ordre sur les places, “où les gens debout la nuit ne doivent pas faire grand chose le jour”. “Et qu’on ne me dise pas que c’est une question d’effectifs, c’est une question de volonté !”
Sur l’agenda de Nicolas Sarkozy…
C’est sur l’Europe que le candidat des Républicains a clôt son meeting, particulièrement l’Europe de Schengen. “Il faut un nouveau Schengen, c’est un enjeu majeur. Je veux rétablir les contrôles aux frontières de la France (…) suspendre le regroupement familial tant qu’il n’y aura pas un nouveau Schengen à l’échelle européenne”. Un petit détour par Calais : “le scandale de la jungle de Calais. J’étais allé cinq fois à Sangatte. François Hollande n’est pas allé une seule fois à Calais. Je ne souhaite pas qu’on fasse des dizaines de Calais dans la France rurale”, référence faite aux centre d’accueil et d’orientation des migrants, un peu partout en France. Et de remplir déjà son agenda : lui Président le 6 mai, il sera “le 7 mai à Berlin, et le 8 à Londres”, afin de faire pression sur Angela Merkel et Theresa May. “J’arrêterai toute forme d’élargissement de l’Europe ; par exemple je ne souhaite pas d’élargissement aux Balkans”. Mais avant d’aller – peut-être – célébrer le 8 Mai à Londres, il y aura d’abord les 20 et 27 novembre prochains : le temps des vins primeurs, et de la primaire…
F. Sabourin.
Publié le 9 septembre 2916