Ce qui surprend lorsque l’on pénètre dans la collégiale pour découvrir l’exposition de Jacques Vimard, c’est cette unité de couleurs de l’ensemble des tableaux qui donne à voir une sorte de fresque colorée se déroulant sur les murs du lieu dans une continuité visuelle, qui pourrait faire penser au street art, si à la mode ces temps-ci.

Cette vivacité des couleurs, où le rose domine, baigne notre regard d’une sensation apaisante, et la découverte de chaque tableau prolonge cette sensation où l’abstraction des couleurs est illustrée par quelques formes identifiables et rassurantes. De l’escargot qui nous renvoie à un rapport au temps reposant, à ces quelques fleurs ou ces papillons virevoltants ,et ici une barque, tous ces objets esquissés donnent vie à ces paysages oniriques qui confinent à une abstraction que je ne qualifierai pas de lyrique, tant le calme nous envahit dans la contemplation de ces tableaux.
Jacques Vimard a le bonheur pictural de créer un univers de couleurs peuplé de quelques formes, entre la fulgurance des couleurs de Matisse et l’onirisme des objets de Chagall. Le choix du rose est, comme Jacques Vimard nous en donne une explication quasi analytique, un souvenir enfoui de son père repeignant le berceau après la naissance de sa petite sœur, mais aussi la couleur de l’amour joyeux. Quant à la barque, si elle permet d’atteindre Cythère, l’ile qui vit naitre Aphrodite et donc dédiée à l’Amour, elle est aussi, nous dit l’artiste, un peu l’Arche de Noé, Noé qui après le déluge planta une vigne et après avoir bu le vin de sa treille, dansa nu sous sa tente…
Comme un lointain écho à l’Embarquement pour Cythère* de Watteau, l’œuvre de Jacques Vimard ici présentée, est ainsi une joyeuse invitation aux plaisirs de l’amour apaisé.
Gérard Poitou
Jacques Vimard, Le voyage vers Cythère
Collégiale Saint Pierre le Puellier
Rue du Cloître Saint-Pierre le Puellier 45000 Orléans jusqu’au 5 mars 2017
du Mardi au dimanche : 14h à 18h