Question: Comment est ressenti ce cinquantième Salon de l’Agriculture par les agriculteurs?
Xavier Beulin: Les agriculteurs sont à la fois positifs face à l’avenir et inquiets. Ils sont conscients des enjeux et des besoins, les leurs mais aussi ceux de la population et de façon plus précise des consommateurs.Le scandale lié à la viande de cheval plane sur le parc des expositions de la Porte de Versailles. Il est nécessaire de marquer l’origine des viandes quel qu’en soit le mode de consommation.
C’est un souhait des professionnels de la filière viande qui dès les premiers jours ont fait preuve d’une excellente réactivité mais aussi du gouvernement.Le président de la République et le premier ministre sont passés et ils nous ont assurés de leur accord et de leur soutien au niveau de l’Europe car cette décision ne peut être uniquement française. Sur ce point la FNSEA est en phase avec le gouvernement. Je m’en suis entretenu avec mes homologues la semaine dernière à Dublin. Nous sommes tous d’accord, il faut une décision communautaire.
Question: Ne faut-il pas privilégier les circuits courts pour savoir d’où viennent les produits?
X.B.:Si bien sur, mais ce n’est pas la seule réponse à apporter. Il ne faut pas oublier la diversité des terroirs et des systèmes de l’agroalimentaire et aussi qu’il correspond à un solde net de 12 milliards d’euros à l’exportation. Il faut tordre le cou à certains circuits et aussi que la grande distribution prenne conscience que les prix bas ont leur limite. Ils faut qu’ils remettent en place de vrais acheteurs. A l’heure actuelle leurs acheteurs s’apparentent aux traders. Ils ne se déplacent plus dans les abattoirs. Ils restent dans leurs bureaux traitent par téléphone et s’en tiennent aux prix.
Question; Etes-vous satisfait du budget européen et de ce qui a été décidé pour la politique agricole commune (PAC)?
X.B.:Le président de la République a bien négocié ce qui a été obtenu et ce n’était pas évident. Nous avons un bon dialogue avec François Hollande. Quand nous ne sommes pas d’accord nous le disons, mais cela ne nous empêche pas de nous parler, d’avancer.Sur les travailleurs occasionnels après la loi de finances, sur l’environnement nous avons des points de vue différents. je les ai rappelé au président de la République.
Je pense que le parlement européen votera le budget européen.
Nous allons rentrer dans la répartition des fonds. Découplages des aides, convergences. Les éleveurs ont besoin qu’on les soutiennent. La FNSEa a annoncé un fond solidarité céréaliers-éleveurs, lorsque les cours mondiaux des céréales sont élevés comme en 2012. Nous avons proposé un prélèvement de 2 euros par tonne de grains (céréales, maïs, oléagineux) destinés aux filières d’élevage pour améliorer leur compétitivité et limiter les conséquences dramatiques de la volatilité sur les marchés. Cela ne suffira pas, il faudra compléter avec la Banque publique d’investissement (BPI).

François Bonneau, le Président de Région et Xavier Beulin (au salon de l’agriculture).
L’agroalimentaire c’est 3 500 000 emplois dont la moitié dans la transformation . C’est un secteur qui ne perd pas d’emplois où 93% des jeunes diplômés se casent dans les six mois après la fin de leurs études. Tout cumulé, 70 000 emplois ne sont pas pourvus. Nous allons nous engager dans les emplois d’avenir et participer à l’effort pour l’emploi. Je suis confiant dans l’avenir. Certes on ne peut pas s’affranchir des difficultés, mais je note, depuis quelques temps une évolution des esprits.
Question: Allez-vous rester président du Conseil économique, social et environnemental?
X.B: Jusqu’à la fin de mon mandat en novembre de façon certaine. Après je ne sais pas. Des questions d’emploi du temps se posent mais cette fonction me donne un contact avec le terrain qui est bien appréciable.
Propos recueillis par F.C.
Publié le 26 février 2013