À l’occasion de la rentrée, François Bonneau, président de la Région Centre-Val de Loire, dresse le bilan et dévoile les priorités et projets à venir : jeunesse, mobilité, santé, transports… Face au « marasme politique national », il affirme que la sortie de crise passera par les collectivités territoriales. Encore faut-il, selon lui, leur accorder la confiance nécessaire pour agir.
Le président du Conseil régional, François Bonneau. – Photo Magcentre
Par Mael Petit.
La rentrée est lourde d’inquiétudes pour François Bonneau : entre conflits internationaux, crise politique nationale et sentiment d’angoisse qui gagne les Français, le président de Région dresse un tableau sombre à l’heure de renfiler le bleu de travail. Dans ce climat tendu, François Bonneau veut croire à un levier encore solide : les collectivités territoriales. C’est qu’il l’a vu, lu et entendu à travers des sondages et témoignages cet été. « Dans ce contexte difficile, les Français nous voient comme une partie de la solution. Mais encore faut-il nous en donner les moyens », pointe le président de la région Centre-Val de Loire. Une référence à peine voilée à la rentrée budgétaire qui se profile et au nouveau coup de rabot annoncé. Après le chiffre des 5,3 milliards d’euros d’économies imposés aux collectivités pour 2026 sorti par le gouvernement Bayrou, il redoute un effet cumulatif. « Le budget 2025 nous a déjà privés de 50 millions d’euros de recettes. On nous demandera sans doute la même chose et nous ferons les efforts demandés car je veux une gestion saine. Mais comment répondre aux besoins de nos concitoyens ? » interroge-t-il, tout en refusant de céder au pessimisme.
Alors le président de Région appelle à redonner confiance aux collectivités territoriales et milite pour un nouvel acte de décentralisation. Selon lui, les régions et les territoires seraient les plus à même de relever les défis sociaux et écologiques. Et la Région entend montrer l’exemple.
Protéger le pouvoir d’achat
Pour l’illustrer, François Bonneau met en avant la mise en place de la tarification sociale de la restauration scolaire, expérimentée dès 2023 et généralisée lors de cette rentrée à l’ensemble des lycées : de 3,40 € à 5,15 € selon les revenus des familles. Coût pour la Région : plus d’un million d’euros. « C’est une mesure concrète pour faciliter l’accès à l’alimentation des jeunes. Elle est conditionnée à la réservation obligatoire du repas pour éviter le gâchis », rappelle-t-il.
Même cap pour la mobilité : transports scolaires gratuits, impact positif de la gratuité pour les 15-25 ans les week-ends et jours fériés (+28 % de réservations en deux ans sur les fins de semaine), et bientôt, titre unique Navigo-Rémi entre Dreux-Paris et Montargis-Paris à travers une expérimentation dès l’automne 2025. Rendu possible grâce au partenariat avec Île-de-France Mobilités et l’engagement de son homologue francilienne Valérie Pécresse, le titre unique doit mettre fin à des années d’incompréhension pour les voyageurs pendulaires. Autre annonce, l’extension du service d’autopartage électrique pour les zones rurales, avec 12 nouveaux véhicules et une « montée en puissance » en réponse « à la forte demande » des communautés de communes.
Des avancées sur le chemin de l’accès aux soins
Championne de la désertification médicale, la région en est aujourd’hui à 125 maisons de santé pluridisciplinaires, 20 centres de santé et emploie 70 médecins salariés. En 2024, « ce sont 27 000 habitants supplémentaires qui ont retrouvé un médecin traitant », se félicite un président de Région qui défend son bilan en matière de politique santé. Sans compter qu’avec la collaboration de l’association Médecins Solidaires, six centres de santé doivent renforcer le maillage du territoire régional. Les trois premiers ont ouvert dans le Cher (Charenton-sur-Cher), l’Indre (Reuilly) et en Eure-et-Loir (Bû), alors que le quatrième est prévu dans le Loiret à la fin de cette année 2025.
Une rentrée sous tension
Mais derrière ces chantiers, la Région reste en alerte : flou autour du budget 2026, gouvernement fragilisé avant son vote de confiance du 8 septembre, et une journée de mobilisation sociale prévue le 10 septembre. « Je comprends la colère des gens et les raisons qui la motivent. Cette journée est nécessaire seulement si cela s’inscrit dans un processus de construction d’efforts équitables. Mais cela ne doit en aucun cas tomber dans la radicalité », avertit le président. À l’aube d’une rentrée incertaine, il se refuse de céder face au marasme politique et social qui gagne le pays. Car, comme il le lâche sans détour, « il est largement trop tard pour être pessimiste ».
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