Les 6-13 ans sont victimes des économies de bouts de chandelles du gouvernement ? Dans la ville de l’ancien ministre des Sports, on a décidé de compenser. Vive le Pass’Sport Castelroussin !
L’athlétisme recrute un grand nombre de jeunes dans les cités de Châteauroux – Photo archives PB
Par Pierre Belsoeur.
Gil Avérous n’a pas été vraiment surpris de l’annonce de la suppression du Pass’Sport par le gouvernement Bayrou. Lors de son bref passage au ministère de la Jeunesse et des Sports, des émissaires de Bercy venaient régulièrement le rencontrer pour lui proposer des pistes d’économies. Ça ne l’a pas empêché de donner de la voix lors de l’ouverture des championnats d’Europe de Tir et d’annoncer qu’il n’en resterait pas là.
50 € fin septembre
De fait les services des sports et informatiques ont été mis à contribution et, s’il faut attendre le conseil municipal du 29 septembre pour que la mesure soit officialisée, le projet a d’ores et déjà été validé par la majorité municipale. Cette semaine le maire a donc convié les présidents de clubs sportifs castelroussins pour leur présenter une mesure qui leur permettra de conserver leurs jeunes licenciés.
« Pour le gouvernement, l’économie n’est pas à la hauteur de l’intérêt sociétal de cette mesure, a commenté Gil Avérous. L’État se rendra peut-être compte qu’il a fait une erreur, mais il ne faut pas rêver. » Dans l’immédiat c’est donc la Ville qui leur versera les 50 € du Pass’Sport attribués précédemment aux 6-13 ans bénéficiaires de la prime de rentrée scolaire.
Sans limite de revenus
Les élus castelroussins ont fait encore plus fort, puisque désormais, cette aide municipale à l’achat de licence ne dépendra plus des ressources du ménage. « Nous ne voulions pas être confrontés aux récriminations de nos administrés des classes moyennes qui auraient estimé – évidemment ce sont toujours les mêmes qui en profitent – mais cette aide vient de la Ville de Châteauroux, elle ne bénéficie donc qu’aux Castelroussins ».
Le département intervient auprès des jeunes sportifs via la plaine des sports mais apportait déjà une aide aux jeunes licenciés.
Pas de justificatif de ressources à fournir, donc, mais en revanche un mini casse-tête pour les secrétaires de clubs. Les démarches seront informatisées et ils devront fournir pour chaque licencié le formulaire de licence, l’extrait de livret de famille et le justificatif de domicile d’un des parents. Le responsable informatique de la mairie a effectué l’opération en un peu plus d’une minute avec son téléphone, pas sûr que tous les secrétaires soient aussi efficaces.
Ce cadeau municipal enchante en tout cas les responsables des clubs sportifs qui percevront désormais directement les 50 € municipaux après validation des demandes (la Ville ne validera qu’une licence par enfant bien entendu). En particulier ceux qui comptent beaucoup de très jeunes dans leurs effectifs (natation, gymnastique, escrime, football, athlétisme…). Ils ont à peine eu le temps de trembler puisque les renouvellements de licences commencent tout juste.
Certaines communes de l’agglomération castelroussine pourraient emboîter le pas à Châteauroux, même si leurs services informatiques ne sont pas aussi performants. Le portail d’accès sera ouvert sur le site de la mairie le 15 septembre et la mesure fera l’objet d’une large information lors du forum des associations, le premier week-end de septembre.
Combien sont-ils ?
Le service des sports a fait ses comptes : 1 300 enfants peuvent bénéficier de cette aide municipale (si on retire les doubles licences, la dépense se situera entre 50 000 et 65 000 €). Une dépense que Gil Avérous considère comme un placement, évitant à nombre d’enfants d’occuper leur temps libre à des activités nettement moins formatrices pour leur sociabilité que le sport.
Châteauroux en tout cas donne l’exemple. À la connaissance de Denis Mérigot, maire adjoint chargé des sports, deux municipalités seulement envisagent de mettre en place des dispositifs équivalents « qui ne couvrent pas toute la dépense. En revanche nombre de municipalités font une coupe sombre dans les subventions aux clubs sportifs ! » Gil Avérous se fait une nouvelle fois remarquer, d’ici à ce qu’on lui propose un nouveau portefeuille. « Dans la situation actuelle, il faudrait vraiment être courageux », sourit l’intéressé.
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