Le musée des Beaux-Arts d’Orléans, d’hier à aujourd’hui

Créé en 1825, le MBA d’Orléans s’est penché sur son histoire avec cinq cours coorganisés par l’équipe du Musée et l’association « les Amis des Musées d’Orléans ». Une histoire qui se prolonge par l’actualité, et notamment le prix « France-Italie pour l’Histoire de l’art » obtenu par Corentin Dury, conservateur, responsable des collections anciennes

De G à D : Mario Tavella, président de Sotheby’s France et Europe, Corentin Dury, conservateur des collections anciennes MBA Orléans, Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans, Pierre Arizzoli-Clementel, président France-Italie. Crédit Musée d’Orléans



Par Anne-Cécile Chapuis.

Les habitués du musée connaissent bien le chemin de l’amphithéâtre situé au sous-sol de l’établissement. Cet automne, une série de cinq cours d’histoire de l’art a eu pour thème « 200 ans des musées d’Orléans : les grands directeurs », et ont réuni environ 80 personnes autour des grandes figures qui ont animé les Beaux-Arts et la vie culturelle orléanaise depuis 1825.

Du comte de Bizemont à Eudoxe Marcille

 
L’histoire démarre à l’Hôtel des Créneaux, après quelques années d’errances, sous l’impulsion de l’orléanais Bizemont qui sollicite ses compatriotes pour la réalisation de collections et reçoit plus de 700 œuvres de donateurs divers. Ses successeurs, dont Paul-Horace Demadières-Miron (peintre et musicien, fondateur de la salle de l’Institut), ou Jean Bardin (qui ouvre la porte aux femmes peintres) ou encore Charles de Langalerie (lui-même collectionneur et membre de la SAHO), feront vivre le musée jusqu’à Eudoxe Marcille – « l’homme des grands projets » – qui ouvre l’hôtel Cabu en 1879, enrichit les collections, notamment avec la collection Paul Fourché donnée au musée en 1910.

De l’après-guerre à Éric Moinet

 
Le musée est détruit en 1940 avec l’incendie et les pillages qui s’ensuivent, malgré les tentatives de protection de Louis Simon puis la sauvegarde organisée avec l’arrivée de Louis-Joseph Soulas en 1948.
 
La direction du musée s’ouvre ensuite à des femmes, que l’on nommait « les Mademoiselles » comme Jacqueline Provost puis Olga Fradiss, une femme engagée, ingénieure au départ puis diplômée en histoire de l’art, qui va diriger et moderniser le MBA de 1961 à 1990. Son successeur, David Ojalvo, verra ensuite la construction du musée dans les locaux actuels sur 10 000 m2 en 1984.

Eric Moinet a particulièrement enrichi les collections du MBA. Ici, il présente “le nègre Paul au service de Thomas_Aignan Desfriches”, sculpture de Jean-Baptiste Pigalle (qui a illustré la conférence Magcentrele 24 septembre dernier) Photo AC Chapuis

C’est ensuite « l’ère » d’Éric Moinet, qui, de 1991 à 2001, conduira le développement du musée. Des années fastes pour un « musée exemplaire », dixit Le Figaro, où les collections sortent des réserves, dans un lieu qui s’ouvre aux Orléanais et notamment aux enfants avec un projet « scientifique et culturel » qui inclut une politique de restauration et la diffusion de catalogues qui valorisent et pérennisent les expositions.

Aujourd’hui, et demain ?

 
Lors de la dernière séance, Olivia Voisin, actuelle directrice des Musées d’Orléans depuis 2001, reçoit Éric Moinet, le saluant comme « celui qui a donné l’identité à ce musée » et soulignant le rôle important des conservateurs. Elle souligne le dynamisme du musée, l’importance des « Amis des Musées d’Orléans », association qui contribue à faire vivre le musée par l’achat de tableaux, l’information, l’organisation de cours et manifestations diverses.
 
Et l’actualité d’aujourd’hui, c’est le prix « France-Italie pour l’histoire de l’art » décerné récemment à Corentin Dury, conservateur, directeur des collections anciennes, un érudit passionné d’art, commissaire de plusieurs expositions successives à Orléans, comme Velázquez ou Guido Reni.

Corentin Dury, directeur des collections anciennes au MBA reçoit le prix France-Italie pour l’histoire de l’art des mains du président Pierre Arizzoli-Clémentel. Photo Musées d’Orléans


Ce prix, organisé pour la deuxième année par Sotheby’s France et Europe, lui a été remis par Pierre Arizzoli-Clémentel, président de France-Italie. Il vient couronner sa réalisation d’un catalogue raisonné des Collections françaises et italiennes du XVe au XVIIe siècles (23 auteurs, 512 pages, co-édité avec les Éditions Snoeck, sorti en 2023), un travail de plusieurs années qui a mobilisé équipes et chercheurs pour travailler sur les peintures et leurs provenances. Une belle consécration et un honneur qui retentit sur le musée comme sur la ville !

À l’heure où des travaux sont annoncés pour la transformation du musée, où des mouvements de personnel sont évoqués, cette rétrospective et cette actualité viennent rappeler qu’un musée des Beaux-Arts est une richesse pour une métropole, signant des racines profondes, une histoire mouvementée, une vie culturelle vivante et des projets dans la lignée des grands personnages qui le font vivre depuis 200 ans.

Pratique. Le catalogue est disponible en librairie et dans la boutique du musée des Beaux-Arts au prix de 25€ au lieu de 45€ jusqu’au 4 janvier.

Pour en savoir plus : www.museesorleans.fr


Plus d’infos autrement :

L’atelier de Guido Reni au musée des Beaux-Arts d’Orléans : la vie des peintres au XVIIe siècle

Commentaires

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  1. Sommes-nous amnésiques ?

    ” À l’heure où des travaux sont annoncés pour la transformation du musée,” écrivez-vous dans l’article ci dessus…

    Chaque fois que je lis ou que j’entends des projets de travaux dont l’utilité est discutable et l’urgence non avérée, je me demande si nos donneurs d’ordre sont sourds ou amnésiques: la France n’a pas de budget, la dette publique s’établit à peu près à 3482 milliards d’euros fin 2025(source Insee)…

    C’est sûr, les travaux vont éviter à quelques actifs de devenir chômeurs… mais le gros du budget de gigantesques travaux ne réside pas dans le coût de la main d’œuvre…
    Le Musée des Beaux-Arts d’Orléans est très bien comme ça…pour le moment !

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