[Rétro] Avec la gratuité des transports, Maintenant Orléans déroule son ticket d’entrée

Publié le vendredi, 5 septembre 2025

Le collectif citoyen Maintenant Orléans dévoile ses premières propositions. Un programme qui entend incarner une alternative crédible à Serge Grouard pour les municipales 2026, alors que la gauche orléanaise avance toujours en ordre dispersé.

Maintenant Orléans veut emprunter sur le chemin de la gratuité des transports en commun. Photo Magcentre



Par Mael Petit.


Après la grande tournée de consultations estivales, voici le temps des premières propositions pour le collectif citoyen de gauche Maintenant Orléans, qui rêve de renverser Serge Grouard, probable candidat à un cinquième mandat à la tête de la cité ligérienne. Cette agrégation d’organisations politiques et associatives a choisi la rentrée pour restituer les premières idées collectées sur le terrain. Finis donc les apéros-débats, les conférences ciné… place aux prémices d’un programme, à la restitution, à l’argumentaire qui se veut convaincant – du concret diront certains. La liste citoyenne et participative, formule désormais incontournable pour réenchanter la politique auprès des populations usées par des décennies de pratiques politiciennes jugées poussiéreuses, se présente comme l’alternative idéale à Serge Grouard. Même quand le mouvement est chapeauté par les bons vieux partis politiques…

Les transports gratuits, étape par étape

Pour incarner une rupture crédible dans une ville qui semble se complaire dans une gestion pépère à droite de la droite, il faut du clinquant, il faut du moderne. Et la gratuité des transports représente l’annonce idoine. Déjà travaillée par le collectif, la mesure avait été défendue au printemps avec le renfort d’un de ses apôtres, Michaël Delafosse, maire de Montpellier. Expérimentée dans la préfecture héraultaise dès 2021, elle y est aujourd’hui généralisée. C’est l’argumentaire des nombreuses propositions de Maintenant Orléans, qui cherche à calquer “les trucs qui marchent” déployés dans les villes gérées par la gauche sur Orléans. Ce « chemin vers la gratuité » – dont les détails de mise en œuvre (chiffrage, calendrier) seront dévoilés plus tard – doit s’explorer par étapes, progressivement, par période et tranche de population. « L’objectif, c’est que les gens basculent dans la mobilité douce en lâchant la voiture, explique Baptiste Chapuis (PS). Nous croyons fermement que ce sera une barrière en moins pour tous les habitants des quartiers et de la métropole pour rejoindre le centre-ville. » Une mesure de justice sociale mais aussi un levier « pour les commerces du centre-ville », plaide la conseillère municipale (PS) Ghislaine Kounowski qui brandit à nouveau l’exemple montpelliérain. 

Devenir la « ville des enfants »

Cette proposition sera manifestement la mesure phare du programme de la liste citoyenne qui veut aussi faire d’Orléans « la ville des enfants ». Derrière la formule, un fil rouge pour la politique jeunesse : garantir « le droit de s’épanouir ». Selon les remontées du terrain, Orléans serait insuffisamment – voire pas du tout – adaptée aux enfants. L’école et la restauration scolaire, régulièrement sujets de crispation pour l’actuelle majorité municipale, constituent un angle d’attaque évident pour Maintenant Orléans. « Beaucoup de familles sont insatisfaites », pointe le collectif tout en rappelant les tensions de l’été 2023 autour du nouveau règlement de la cantine et du périscolaire qui prévoyait l’allongement du délai de prévenance en cas d’absence, changement « adopté sans concertation » avec les associations de parents d’élèves. « Nous voulons renouer le dialogue entre la ville et la communauté éducative et notamment les conseils d’école », insiste Ghislaine Kounowski.

La tête de liste de Maintenant Orléans doit être connue en octobre. Photo Magcentre

« Sanctuariser l’aide aux associations »

Les propositions s’étendent aussi à la sécurisation et la piétonnisation des abords des écoles, mais aussi l’élaboration d’un vaste plan d’adaptation des bâtiments au réchauffement climatique afin d’identifier les passoires thermiques. Ou encore se lancer dans une grande campagne de végétalisation des cours d’école en 6 ans seulement, chantier évalué à 9 millions d’euros, rare chiffrage déjà avancé par la liste.

Autre promesse : défendre bec et ongles le tissu associatif, aujourd’hui déconsidéré par le maire sortant. Le collectif promet ainsi des assises des associations dès 2027, un conventionnement pluriannuel pour sécuriser les projets, et surtout des « crédits sanctuarisés » même si la conjoncture se dégrade. « Le secteur associatif ne sera plus une variable d’ajustement », promet la liste. Orléans Maintenant veut aussi plus d’équipements de proximité pour redynamiser la vie sportive et culturelle dans les quartiers.

Viens, OSE, on est bien !

Reste à désigner une tête de liste pour mener à bien cette campagne, ou plutôt dégager pour commencer, plusieurs candidatures. Comme pour toute liste citoyenne qui se respecte, celle d’Orléans Maintenant est ouverte à tous sans exception. Y compris “aux étourdis” qui se seraient égarés en chemin. C’est d’ailleurs la raison du report du vote prévu initialement en septembre et décalé en octobre pour élargir le cercle des candidats potentiels. Parmi les cibles de cet appel du pied figurent évidemment les Écologistes d’OSE, lancés en parallèle dans la course à la mairie. « Si l’alternative à Serge Grouard est possible, elle passe par l’union de la gauche », rappelle encore lucide le député Génération·s Emmanuel Duplessy. Le courant n’est pas rompu, nous informe-t-on. « De notre côté, la démarche d’un grand rassemblement est bien enclenchée, le nombre d’organisations qui le compose le prouve », s’affirme le député. Alors, rapport de force ou main tendue ? À demi-mot, le message est clair : Orléans Maintenant se voit comme le moteur du rassemblement. À OSE d’oser faire le premier pas.


Plus d’infos autrement :

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Commentaires

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  1. Rien n’est gratuit ! Le budget transport sera porté par les impôts. Les associations ne seront toujours pas contrôlés, un vrai programme de gauche en somme 🙂

  2. D’accord avec vous Laurent ! On a l’impression en lisant les phrases toutes faites d’OSE qu’il n’y a qu’à le décider pour que l’argent tombe tout seul … grand n’importe quoi

  3. Foutaises !!!! On voit bien ce que les résultats des villes de gauche écolo donnent en matière de sécurité et tuant les petit commerces…
    Honte à vous la gauche bobo idéologique de pacotille !!! Serge nous a amélioré la qualité de vie dans la ville, c’est pas demain qu’on fera confiance à la gauche ! Merci

  4. Entièrement d’accord.
    Qui paiera les chauffeurs, les gestionnaires, les mécanos, le renouvellement des bus, l’entretien des véhicules ?
    C’est sûr des économies seront faites sur la fraude et le recouvrement des impayés et des amendes.
    Avant de balancer des idées, faites une étude sur le coût pour la collectivité avant de penser électorat.

  5. Qui va financer le manque à gagner de toutes ces gratuités? Une fois de plus, ceux qui paient déjà des impôts.!
    C est cela que l on appelle L ÉGALITÉ?
    A mon avis, commençons par faire payer, même si la somme est symbolique, tous ceux qui bénéficient de tout pour pas un centime. Payer peut CONDUIRE Ă RESPECTER AUSSI.
    Pourquoi vouloir remplacer une équipe qui fait d ORLÉANS une très belle ville, une ville propre et dynamique, bien desservie par des transports modernes ?
    Je prends souvent le tram et le bus et je m amuse à observer qui paie et qui ne paie pas. 2/3 des voyageurs ne paient pas. C est lamentable et écœurant. Donc, vous envisagez la gratuité. ERREUR. moi J envisagerai plutôt comme au Portugal: dans le bus, si vous ne payez pas, LE BUS NE DÉMARRE PAS ! immédiatement, le resquilleur paie sinon C EST un tollé general. Inspirez Vous DE cela, EDUCATION DE CHACUN AU RESPECT DES SERVICES OFFERTS PAR LA SOCIÉTÉ.

    ON N EN PEUT PLUS DE CE LAXISME AMBIANT! Malgré les gros efforts de notre Maire qud je remercie d avoir fait d ORLÉANS une belle et agréable ville.

  6. Bonjour.
    Rien n’est gratuit, rien n’est dû.
    Il y a des droits et des devoirs.
    Effectivement, payer conduit aussi au respect.
    On ne “consomme”pas un bus ou un tram.
    Qui rémunère les chauffeurs et les ilfrastructures? (Entretien, réparation des dégradations, organisation, sécurité.)

    Orléans est une très belle ville, remercions notre Maire ainsi que certains auparavant.

    Il reste des endroits trop minéraux qui restent à végétaliser, ça n’est pas une question de couleur politique mais de bon sens.

    De même, beaucoup de copropriété récententes devraient être conçues avec un sol privilégiant l’herbe et les cailloux clairs.

    Pour en revenir à la gratuité des transports, effectivement, peu de citoyens payent, c’est un dû, c’est pour les autres, ceux qui ont le respect d’eux-mêmes et d’autrui.

    Le maillage du réseau tram bus est de bonne qualité.
    Il suffit de discuter avec des personnes qui ne résidaient pas sur la métropole auparavant.

    Quant aux associations, beaucoup sont aidées par de simples citoyens n’appartenant pas à des partis politiqueset l’humanité n’appartient pas aux écolos bobos.
    Chacun s’engage personnellement à sa manière.

    La marie a engagé un gros travail de prévention et bien d’autres.

    Osons ce sera sans moi.

    Travaillons sur les sujets régaliens, l’hôpital a besoin de nous, l’éducation et la sécurité.
    N’oublions pas cependant la nature et toujours plus d’arbres, la nature sans laquelle nous ne serions rien et donc nous faisons partie, nous sommes inter dépendants.
    C’est du bon sens élémentaire, on en revient du respect de ce et ceux qui nous e
    qui nous entourent, respect, devoirs, droits.
    À chacun de participer à son échelle.

  7. Rien n’est gratuit dans la vie ; croire le contraire, c’est se bercer d’illusions. Ces propositions soi-disant généreuses ne sont, en réalité, qu’un écran de fumée destiné à séduire.
    Cette mentalité selon laquelle tout serait dû et tout devrait être offert sans effort nourrit une forme de déresponsabilisation collective. Elle contribue à l’augmentation des incivilités, car lorsque l’on ne valorise plus ce que l’on obtient, on en vient à mépriser l’effort, le respect et la valeur du travail.

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