Didier Guénin, le Solognot qui vise haut

Ancien 1er adjoint socialiste de Jeanny Lorgeou, Didier Guénin se pose en challenger crédible au Lion de Sologne. Candidat à la mairie de Romorantin-Lanthenay, il porte une vision à la fois sociale et économique pour une ville « qui s’essoufflerait ».

Article modifié le 08/01/2026


Par Jean-Luc Vezon
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Évoquer les municipales avec Didier Guénin, c’est parler avec un homme passionné par la ville qui l’a vu naître il y a 62 printemps. « L’implantation de ma famille dans la capitale de la Sologne remonte à 1492, avec un ancêtre qui était constructeur d’outils en bois pour le pavage des rues. Je vis et je respire cette ville », évoque ce spécialiste de généalogie.

Féru d’histoire locale de « la cité rêvée » de François Ier dont les plans ont été imaginés par Léonard de Vinci, on doit d’ailleurs à Didier Guénin deux spectacles sur la reconstitution de la bataille de Marignan en 2015 (1). Mais aujourd’hui, c’est une autre bataille que ce chef d’entreprise de conseils stratégiques, ingénieur Centrale Supélec, titulaire d’un master de sociologie, d’une maîtrise d’ethnologie et d’un MBA à l’ESC Paris, entend mener.

Face au maire éternel

Celui de terrasser Jeanny Lorgeou, le maître stratège, l’un des derniers dinosaures de la Mitterrandie, qui règne sans partage sur Romorantin-Lanthenay depuis sa première élection le 6 avril 1985. Une autre époque que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître. Celle par exemple de Matra Auto qui faisait la prospérité de la cité des bords de Sauldre.

Pour convaincre, Didier Guénin, qui fut un temps adoubé par Jeanny Lorgeou comme son successeur naturel, parie évidemment sur l’usure d’un élu dont il ne renie pas les réalisations, mais surtout sur un programme d’actions concrètes mises en œuvre de façon horizontale et dans la concertation.

« Les 10 millions d’euros inutilement dépensés pour le siège de la communauté de communes du Romorantinais et du Monestois me scandalisent quand le manque criant d’offre médicale conduit nombre de Romorantinais à ne pas avoir de médecin traitant, quand l’état déplorable de nos rues et trottoirs rend les déplacements difficiles pour les jeunes enfants et dangereux pour nos aînés, ou que nos écoles n’ont pas été rénovées », tacle-t-il.

Pas de promesses donc mais des engagements pour cet entrepreneur passionné par l’industrie (2) qui se verrait bien endosser les habits de « maire développeur ». « Il faut susciter de l’emploi industriel en misant sur nos forces comme la mécanique de précision et en activant les réseaux. L’accueil de plateformes logistiques comme Catella crée peu d’emplois et augmente les émissions de CO2 de 25 % », déclare-t-il avec la conviction d’un homme qui sait que l’attractivité territoriale est d’abord affaire d’engagement.

Didier Guénin porte aussi une vision pour la communauté de communes du Romorantinais et du Monestois dont il estime qu’il est naturel que la ville-centre soit au cœur de la gouvernance. « La question de la bonne taille du bassin de vie se posera », assure-t-il. On sait en effet qu’avec ses 16 communes et 34 000 habitants, la CCRM est loin du compte en termes de taille critique (3).

Les valeurs avant les partis

Pour mener cette campagne qui s’annonce brûlante, Didier Guénin pourra compter sur une équipe de 32 membres dont moins de 20 % d’encartés. Cette liste de centre gauche bénéficiera du soutien du PS et des communistes. « Ce n’est pas l’essentiel, tout comme le casting. Ce qui compte c’est le projet, la méthode et la gouvernance pour relancer la ville que nous mettrons en place. Si nous sommes élus, nous ouvrirons immédiatement quatre chantiers : les rues, l’offre médicale, l’attractivité du cœur de ville et la rénovation du bâti » indique le candidat.

Crédité de 17,34 % des voix en 2020, Didier Guénin sait qu’il lui faudra en tout cas faire beaucoup mieux pour être au second tour. Quant à l’hypothèse d’une alliance entre les deux tours, l’homme la réfute d’emblée car « les Français ne veulent plus de ça ». Le principal challenger de Jeanny Lorgeou compte d’abord sur la campagne pour faire prévaloir son bon sens, son authenticité et la pertinence d’un projet qui concilie solidarité, protection de l’environnement et développement économique.

(1) Avec l’association R2V2 et le Clos Lucé.
(2) Créateur de sa première entreprise à 29 ans, Didier Guénin a notamment dirigé un groupe de 1 200 salariés.
(3) Vendôme, l’autre sous-préfecture de Loir-et-Cher, est la ville centre d’une communauté d’agglomération de 55 communes et 51 000 habitants.


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