Face à un avenir plus qu’incertain de l’entreprise Brandt, tout doit être fait pour assurer celui de ses salariés. L’État, la Région et les collectivités territoriales se mobilisent, indépendamment de l’échéance annoncée du 29 janvier 2026.
La région Centre-Val de Loire à un taux important d’entreprises industrielles, précise François Bonneau, en présence de la préfète Sophie Brocas. Photo Magcentre.
Par Jean-Luc Bouland.
Il y a des annonces, et des actions. Ce jeudi 15 janvier 2026, à Saint-Jean-de-la-Ruelle, les deux étaient au rendez-vous pour apporter un plein soutien aux salariés de l’entreprise Brandt, fleuron industriel historique de la commune placé en liquidation judiciaire il y a un mois, toujours nommée Thermor par les anciens, par nostalgie ou par mémoire collective. Le soutien de la municipalité aux salariés du site de la ville comme à ceux de Vendôme est affiché au fronton de la mairie. Son maire, Fabien Rivière Da Silva, a ouvert la traditionnelle cérémonie des vœux par l’affirmation de cette mobilisation, en présence du directeur de l’usine et de ses employés, et les discussions en aparté revenaient rapidement sur le sujet. Avec un leitmotiv direct : quel avenir ? Quel repreneur ? Et comment aider les 700 salariés concernés ?
Un « pitch » avant un « job-dating »
Un positionnement efficace pour le directeur de Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin. Photo MagCentre.
Une première réponse avait été donnée le matin même, au gymnase des 3 Fontaines, lors d’une réunion organisée conjointement par la préfecture et ses services, avec le soutien de la Région, pour aider au reclassement du personnel en voie de licenciement, ou déjà licencié. Parmi ces derniers, faute de salaire complètement versé, certains ont déjà dû faire appel à des aides extérieures auprès des services publics, voire d’associations caritatives.
Cette initiative réalisée en présence de Sophie Brocas, préfète de Région, et de François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, avait pour objectif de faire se rencontrer les salariés avec des entreprises du bassin d’emplois ayant des postes correspondant aux métiers exercés chez Brandt, et accessibles avec des formations spécifiques plus ou moins longues. Elles étaient une vingtaine en tout, de la laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LSDH) à Bodin Châteauneuf en passant par Antartic (filiale d’Intermarché), EDF, Trouillet Industrie ou Duralex, à La Chapelle-Saint-Mesmin. Et toutes avaient en commun le sincère souci affiché de venir en aide aux quelque 250 personnes ayant répondu à cet appel. « L’objectif de ce rendez-vous est de présenter aux salariés la dynamique du marché du travail du territoire en s’appuyant sur une rencontre “pitch“ d’une durée de 7 minutes des entreprises ayant des difficultés de recrutement et les métiers à pourvoir dans leur secteur d’activité », précisait Véronique Carré, la directrice de la DREETS, maître d’œuvre de l’événement. D’autres rendez-vous de job-dating suivront dans les prochaines semaines.
Une initiative convaincante, mais…
Pour Didier Doye, 59 ans, ici avec les représentantes d’une des entreprises, sa reconversion est compliquée. Photo Magcentre.
L’initiative était originale, appréciée, et les intervenants toujours applaudis par la salle pour leur discours humaniste. Venus seuls ou en duo, les représentants des entreprises tinrent à peu près les 7 minutes, voir moins, comme le directeur de Duralex, qui eut besoin de peu de mots pour faire passer son message. Mais, à l’issue de la réunion, ou en aparté, quelques salariés présents, dubitatifs sur la dernière offre de reprise du PDG de Thomson avancée fin décembre par Serge Grouard, analysaient avec circonspection les propositions faites. « Personnellement, je suis cariste, on en cherche toujours. Et pour moi qui habite au centre d’Orléans, Châteauneuf-sur-Loire, ça fait loin », disait l’un. Pour Didier Doye, représentant non-syndiqué du personnel, le problème est différent. Après 21 ans de maison, ayant vécu de l’intérieur les différents aléas de l’entreprise, il considère que celle-ci est le pire. Et, souligne-t-il, « j’ai 59 ans, il me reste juste quelques mois à faire pour prendre ma retraite. Qui va vouloir m’embaucher pour si peu de temps ? D’autant que pour pouvoir m’inscrire sur les listes de demandeurs d’emploi, il faut d’abord que je sois licencié, ce qui n’est pas le cas ».
Le 29 janvier est une nouvelle date fatidique pour l’entreprise, implantée dans le centre historique de Saint-Jean-de-la-Ruelle. C’est ce jour-là, une semaine après la date officielle de fermeture, que les derniers repreneurs éventuels doivent être connus. Aux côtés des élus, d’aucuns espèrent encore que ce ne sera pas la dernière fin.
Plus d’infos autrement :
Brandt, on ne brûlera jamais l’histoire