Hot Club du Gâtinais : du moment qu’il y a le swing !

Voilà plus de 40 ans que le Hot Club du Gâtinais, basé à Montargis, accueille les artistes de jazz confirmés tout comme les jeunes talents. À tel point que cette association est devenue incontournable dans le paysage local voire même au-delà. Visite guidée et petit tour du propriétaire de cette institution culturelle emblématique du jazz avec son secrétaire Jean Maillet.

Nicolle Rochelle au Tivoli en décembre dernier. (Crédit Annie Bouscaillou)


Par Olivier Joriot.


Tout commence au siècle dernier

L’histoire commence en janvier 1982 autour de Jean-Marc Berlière, historien spécialiste de l’histoire de la police en France, mais aussi féru de jazz. Il organise un premier concert de jazz sur Montargis avec des personnes rencontrées dans différents festivals. « Il a entraîné avec lui une équipe de personnes dont je faisais partie, avec l’idée de mettre en place des concerts réguliers », confirme Jean Maillet. Aujourd’hui, après 45 saisons, le Hot Club est sur un rythme d’environ 10 concerts par an.

Affilié au Hot Club de France (première association destinée à la promotion de la musique de jazz en 1932), le Hot Club du Gâtinais est particulièrement centré sur la période appelée « swing » et qui désigne, à la fois la tension et le balancement caractéristique de la musique de jazz depuis ses origines, mais aussi un courant musical qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu’à l’avènement du bebop dans les années 1940. « Le swing est le dénominateur commun des artistes qui viennent se produire au Tivoli », confirme le secrétaire de l’association.

Il existe plusieurs Hot Club en France, et cela permet de tisser un réseau et de rendre les choses plus faciles. « Proposer une tournée de 6 ou 7 dates au lieu d’une seule fait baisser les prix et mutualise les frais », confirme Jean Maillet.

Un modèle bien huilé

À l’heure où beaucoup de lieux de musiques, d’associations ont du mal à survivre avec la baisse des subventions, le Hot Club s’en tire plutôt bien. Doté d’une subvention exceptionnelle du Conseil régional depuis deux années, le Hot Club peut aussi compter sur le soutien indéfectible de l’Agglomération Montargoise Et rives du Loing (AME) qui met à disposition la salle de 300 places du Tivoli et prend en charge le coût technique et la sécurité. Cette aide non-négligeable permet au Hot Club du Gâtinais de proposer une saison ramassée sur 6 mois et 10 concerts.

La collaboration avec le service culturel de l’AME trouve son point d’orgue fin 2025, avec un triple concert organisé conjointement, avec Nicolle Rochelle les 12, 13 et 14 décembre derniers. Cela permet aussi de pratiquer des tarifs modérés avec un abonnement pour 10 concerts à 120 euros. « Avec 220 abonnés, il nous reste une centaine de places à chaque concert à distribuer à un public parisien, orléanais ou de l’Yonne », précise Jean Maillet.

Les Rag Messengers en octobre 2025 (crédit Serge Chabrol)

Rajeunir le public

Le public du Hot Club du Gâtinais est relativement âgé. Il est difficile d’attirer des jeunes qui connaissent peu le jazz. Cette musique est sous-médiatisée et on a tendance à lui coller une étiquette « élitiste » qui n’est pas forcément justifiée. Ce n’est pas faute d’avoir des relais auprès des écoles de musiques de l’agglomération pour promouvoir le jazz. Jean Maillet assure que « ceux qui viennent assister à un concert regrettent de ne pas être venus plus tôt… ».

Dans les années à venir l’équipe du Hot Club sait qu’elle va devoir travailler à renouveler, régénérer son public fidèle et enthousiaste en lorgnant sur un public plus jeune. C’est pourquoi depuis peu, la possibilité est donnée à chaque abonné d’inviter gratuitement une personne à un des concerts de la saison.

Qualité et swing

C’est Jean-Marie Berlière, le président de l’association qui concocte la programmation car il connait très bien le jazz et son milieu. Elle s’appuie sur deux critères : la qualité des artistes et la recherche du swing.

Une programmation française (Jean Baptiste Franc sextet le 1er février) et internationale (Nick Hempton quartet le 8 mars), où le swing s’exprime dans des styles différents

La seconde partie de la saison commencera fort, dès le 18 janvier avec le jazz manouche de Fapy Lafertin, prodige belge de ce genre musical qui ne sera pas sans rappeler le quintet Hot Club de France composé en 1934 de Django Reinhardt et Stéphane Grappelli. 

Fapy Lafertin est déjà venu au Tivoli en 2012. À l’époque, et compte tenu de l’engouement du public, un concert supplémentaire avait même été négocié pour qu’il donne deux sets dans l’après-midi.

L’équipe du Hot Club se donne aussi comme mission le pari de faire découvrir de jeunes talents. « Nous sommes bluffés par le talent, la connaissance du jazz de cette jeune génération qui s’approprie cette musique en la revisitant et en y apportant des arrangements personnels », confie Jean Maillet.

Jazz manouche avec Fapy Lafertin le 18 janvier (photo libre de droits)

Souvenirs, souvenirs…

En quarante-cinq ans et plus de 300 concerts, Le Hot Club a vu passer du beau monde avec, à la clef, des moments magiques. Pour Jean Maillet, la venue de Ralph Sutton en 1988, avec le batteur Michael Cima fut l’un de ses plus beaux souvenirs. Deux musiciens qui se connaissaient de loin, s’estimaient mais qui n’avaient jamais joué ensemble avant ce concert. Plus récemment, il avoue avoir été envoûté par l’abattage incroyable de Nicolle Rochelle qui incarna Joséphine Baker en 2007, dans le spectacle de Jérôme Savary « À la recherche de Joséphine ».

Et si vous lui demandez l’artiste qui manque à sa collection, c’est sans hésitation qu’il répond le pianiste virtuose Ahmad Jamal. Mais là, le cachet de l’artiste serait bien trop conséquent, même si les cachets des musiciens de jazz ne sont pas comparables à ceux pour les musiques actuelles.

Le Hot Club du Gâtinais peut être fier de continuer à faire vivre le jazz contre vents et marées. Un véritable modèle de longévité dans le Montargois, alors qu’Orléans a vu disparaître tous ses lieux ou festivals dédiés au jazz. Alors foncez découvrir le Hot Club du Gâtinais. Par les temps qui courent, le jazz peut être un recours, une échappatoire comme le clamait Art Blakey : « Le jazz lave la poussière de la vie quotidienne ».

Pratique.

Hot Club du Gâtinais – 222 Rue des Hauts de Viroy, 45200 Amilly

Plus d’infos sur www.hotclubgatinais.fr et au 0645105216

À lire : Au bonheur du swing – 42 ans de jazz dans le Gâtinais aux éditions Coolibri


Plus d’infos autrement :

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