La Fabrique Opéra racontée de l’intérieur

La Fabrique Opéra Val de Loire prépare son nouveau spectacle La Belle Hélène de Jacques Offenbach. Hélène Besse, médecin au CHU d’Orléans, participe pour la cinquième fois à cette aventure comme choriste bénévole. Enthousiaste et passionnée, elle nous partage cette expérience unique.
 

Hélène Besse est médecin au CHU d’Orléans et prépare en tant que bénévole le nouveau spectacle de la Fabrique Opéra. © PE


Propos recueillis par Philippe Emy.


Qu’est-ce que la Fabrique Opéra Val de Loire ?

C’est une association qui regroupe quelques salariés et beaucoup de bénévoles. Son but est de faire découvrir l’art lyrique au plus grand nombre. Elle propose un spectacle tous les ans et nous en sommes déjà à la 11e édition. Clément Joubert, chef de l’orchestre symphonique, cherche à élargir le public en désacralisant la musique classique et aime à dire que la culture appartient à tout le monde, à partir du moment où l’on veut s’en saisir. Facilement reconnaissable, toujours habillé d’une chemise blanche, d’un jean noir et de bretelles rouges, cet homme humble, brillant, passionné et chaleureux prend toute l’année son bâton de pèlerin pour présenter l’opéra de l’année, dans les écoles, les salles des fêtes et lors de conférences.


Comment devient-on choriste à la Fabrique Opéra ?

Je viens du Nord où il existe une grosse culture musicale. Petite fille, j’ai été choriste dans des chœurs d’enfants pendant longtemps, puis lors de ma deuxième année de médecine, j’ai chanté dans le chœur universitaire de Lille pendant plusieurs années. C’est même là que j’ai rencontré mon mari. En arrivant à Orléans, j’ai intégré le chœur universitaire pendant cinq ans et enfin la Fabrique Opéra pour la première fois en 2019, pour la Traviata.


Quelles sont les qualités requises pour être sélectionné comme choriste bénévole ?

Je crois qu’il faut un niveau musical suffisant, se rendre disponible, et avoir des facilités relationnelles car nous sommes un groupe qui va travailler ensemble. En vue de la sélection, certains prennent des cours de chant pour augmenter leurs chances. Nous disposons de la partition début août pour une audition début septembre. Avec l’aide de fichiers audio qui chantent notre voix, nous travaillons seuls chez nous, et devons tout apprendre par cœur. La chef de chœur Corinne Barrère est bienveillante, pédagogue, mais ferme. Il faut aussi quelques qualités théâtrales et scéniques, il arrive que des choristes qui chantent très bien soient recalés, car ils ne sont pas à l’aise dans les déplacements sur scène. La mise en scène, cette année réalisée par Jean-Michel Fournereau, risque d’être enlevée, voire loufoque car La Belle Hélène s’y prête.

Une fois sélectionnés, nous intégrons le groupe et on s’organise pour se rendre disponible. Le travail commence en novembre et se poursuit jusqu’à mi-mars. Il faut jongler entre sa vie de famille, son travail et les répétitions tous les 15 jours, le mardi soir et un week-end par mois. Puis pendant 10 jours on vit au Zénith où auront lieu les spectacles, on quitte son travail rapidement pour s’y rendre, l’excitation monte, on devient quelqu’un d’autre avec une double vie fatigante, mais grisante.

La répétition générale a lieu devant un public d’enfants dont certains deviendront peut-être choristes ou amoureux de l’opéra ! Puis viennent les représentations, le vendredi, samedi, dimanche fin mars.


700 à 800 personnes travaillent sur ce projet ?

La Fabrique Opéra porte une démarche collective qui regroupe quelques professionnels (l’orchestre et solistes) et des amateurs bénévoles. Mais surtout, elle implique des collégiens, des lycéens, des étudiants et des apprentis et leurs professeurs. C’est une expérience professionnelle unique dans l’optique de l’apprentissage d’un métier. Il est rare de trouver un stage au sein d’un projet culturel, c’est un vrai plus dans le CV. Cette initiative pédagogique, vise à valoriser leurs compétences professionnelles. Toutes les filières sont représentées : scénographie, mise en scène, peinture, décor, maçonnerie, menuiserie, mais aussi coiffure, maquillage, costume, accueil du public, transports… Tout le monde est considéré de la même façon, le choriste comme la coiffeuse.

À titre d’exemple, une apprentie costumière est venue prendre mes mesures pour réaliser mon costume, à partir d’un cahier des charges, sous l’œil bienveillant de son professeur. Son travail sera noté et fera partie de son cursus scolaire. Un moment très émouvant quand les apprentis viennent saluer à la fin du spectacle sur la scène. Ces jeunes, à qui on avait dit parfois qu’ils étaient sur une voie de garage, sont fiers et ont les larmes aux yeux, car ce sont eux et leur travail que l’on applaudit. Et les trois représentations terminées, on range le Zénith, on souffle, on fait la fête et on espère faire partie du prochain spectacle l’année prochaine.

Partique.

La Fabrique Opéra – La Belle Hélène, de Jacques Offenbach

au Zénith d’Orléans

Trois représentations les 20, 21 et 22 mars 2026

Billetterie ICI

Plus d’infos au 07 82 87 76 21 et sur www.lafabriqueopera-valdeloire.com/la-belle-helene


Plus d’infos autrement :

« Carmen » à Orléans, opéra de flamme et d’enthousiasme

 

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