Législative partielle dans le Loiret : des leçons à tirer ?

Ce 25 janvier, un duel opposera Stéphanie Rist et Tiffanie Rabault au second tour du scrutin de la législative partielle dans la première circonscription du Loiret. Mais quelles conclusions tirer du 1er tour alors que 70,6 % des électeurs sont restés chez eux ?

Avec un premier tour marqué par une forte abstention, les résultats appellent à la prudence dans l’interprétation des enseignements. Photo Magcentre


Par Jean-Jacques Talpin.


À l’issue d’un premier tour d’une élection législative, il est évidemment important d’en tirer les conclusions et surtout de se projeter au soir du second tour. Mais quelle fiabilité accorder à ces résultats et à ces projections alors que ce dimanche, l’abstention a atteint 70,6 % avec seulement 23 000 électeurs sur les 78 000 inscrits ? Et au-delà des abstentionnistes, il faut ajouter les votants qui se sont exprimés « avec leurs pieds » ou qui ont glissé un bulletin de colère dans l’urne. À ces 70,6 % d’absents, il faut donc ajouter 454 bulletins blancs et 172 nuls qui, d’une manière ou d’une autre, traduisent un certain reflux démocratique.

Bon score mais pertes massives d’électeurs

Il est vrai que ce 19 janvier relevait d’un certain théâtre politique : on votait (ou pas) pour Mme Rist en sachant qu’elle ne siégerait pas à l’Assemblée nationale (sa suppléante Marie-Philippe Lubet devrait y être…). Par ailleurs les électeurs de droite, orphelins d’un candidat absent, étaient appelés à désigner une macroniste, résultat d’un troc avec Serge Grouard pour les municipales.

Que cela n’entache cependant pas le bon score de Stéphanie Rist qui avec 33,88 % des voix occupe confortablement la première place devant Tiffanie Rabault du Rassemblement national (27,17 %). Certes, dans cette circonscription Mme Rist fait mieux qu’en 2024 (31,60 %) mais bien moins qu’en 2022 (36,49 %). Mais là encore son score doit être relativisé : 7 585 voix ce dimanche contre 16 775 en 2024 et 13 988 en 2022. Un véritable effondrement qui touche aussi le RN (14 880 voix en 2024) et la gauche (6 069 voix pour Mme Kounowski en 2026 contre 16 706 deux ans plus tôt). Toutes les composantes politiques sont donc en perte massive d’électeurs.

Le RN imposant dans le monde rural

Certains ont vu dans les résultats de cette partielle un avertissement face au danger de l’extrême droite. Mais y a-t-il véritablement une forte poussée du RN ? Certes, la candidate d’extrême droite arrive en seconde position (27,17 %) alors qu’elle obtenait 28,03 % en 2024. Plus qu’une forte poussée (réelle comme partout ailleurs dans les communes rurales), on devrait donc parler d’une stabilisation à un niveau trop élevé. Un « relativisme » qui ne saurait cependant masquer le danger de cette formation politique qui ne fait campagne qu’avec deux obsessions : la sécurité et l’immigration. Et cela d’autant plus qu’il faut ajouter dans les soutes du RN le score de Nicole Maurice, de la boutique concurrente Reconquête, qui réalise un score honorable (4,76 % et 1 065 voix). Au total, l’extrême droite rassemblée totaliserait 7 145 voix sur 23 000 votants.

77 % d’abstention à Orléans !

Malgré la stabilisation de son ancrage, le RN peut être satisfait de ses résultats sur Orléans avec 19,21 % des voix. De quoi entrevoir des jours (mal)heureux pour les municipales prochaines puisque Tiffanie Rabault sera aussi tête de liste RN les 15 et peut-être 22 mars prochains. Mais là encore relativisons car l’abstention record a atteint 77,1 % sur les deux cantons orléanais.

Et la gauche alors ? Victime comme en 2024, elle accuse un manque de 11 voix pour devancer le RN et concourir au second tour. Une véritable gueule de bois et une vraie amertume pour la candidate socialiste. Car sans le candidat LFI Houari Belgherbi (13 %), Ghislaine Kounowski dépasserait les 7 600 voix et devancerait même Stéphanie Rist. Comme en 2024, Mme Kounowski n’a d’autre choix que de se retirer et d’appeler à battre la candidate RN. LFI a donc réussi son pari : faire perdre le Parti socialiste, coupable de traîtrise au niveau national en sauvant « le soldat Lecornu ». Comme l’écrivent les Jeunes socialistes dans un communiqué, « la France insoumise agit pour faire perdre la gauche, sans se soucier des conséquences pour les Françaises et les Français ».

Le mauvais jeu de La France Insoumise

La même stratégie sera déployée lors des municipales dans de nombreuses villes comme Tours et surtout Orléans. Dans la capitale régionale, la stratégie de LFI, encouragée par la division de la gauche en deux mouvances, ne peut que favoriser l’extrême droite en entrouvrant la porte à une réélection de Serge Grouard.


Plus d’infos autrement :

Législative dans le Loiret : abstention massive, poussée record du RN et victoire probable de Stéphanie Rist

Commentaires

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  1. tout de la faute de la fi
    mais qui a rompu l’accord du NFP?
    la fi ou le ps?
    qui magouille avec la macronie pour la maintenir en place jusqu’en 2027?
    Une fois de plus la gauche dite responsable rejette sur la fi ,la division qu’elle a créer..
    Cette incapacité a regarder les faits en face ,à mépriser la fi et ses électeurs est plus que troublante
    Haro sur la fi, comme pascal praud et tous les médias Bolloré
    Facile,mais contre productif
    Car pour battre le rn…il faudra compter sur les votes fi

  2. Difficile d’employer le mot exact et non teinté de parti pris : en 2024, Mme Kounowski, arrivée 2e, avait fait le choix de se retirer pour ne.pas risquer une triangulaire dans laquelle le RN aurait pu gagner.
    Cette fois elle n’aura pas à faire le choix de se retirer : elle est éliminée et n’a d’autre choix que de chercher la cause de cet échec dans le “maintien” du candidat LFI, lui aussi éliminé.
    Et, du coup, elle ne parvient même pas à atteindre la deuxième place alors qu’en 2024 elle aurait pu obtenir la première. La chute est sévère et explique son amertume. Mais quand on passe son temps à vilipender LFI et à dire que l’on ne veut pas du soutien d’un parti qui constitue un repoussoir, il ne faut pas s’étonner qu’il fasse cavalier seul.
    Ceci n’est qu’un avis personnel qui a toutes les chances d’être censuré, une fois de plus !

  3. Lfi n’a atteint les 13/100 que sur les bureaux de vote orléanais, et donc seulement 13/100 des 20/100 des inscrits sur ces bureaux orléanais.
    Il est très hasardeux d’en tirer la moindre analyse pour les élections municipales, sinon que , même avec une base électorale surmobilisée par rapport à celle de ses concurrents, lfi ne peut pas espérer gagner ces élections mais seulement disposer d’une capacité de nuisance vis à vis d’une gauche déjà divisée pour le premier tour et dont le seul espoir est de le passer assez largement pour s’unir au second tour .

  4. Je constate des conclusions hâtives autant dans l’article que dans les commentaires: 11 voix d’écart, ça frise le match nul, cela n’a rien d’une victoire écrasante, n’en déplaise aux différents auteurs !!!

    Ce qui me manque, c’est l’absence du terme “Front Républicain” comme si c’était devenu un gros mot!

    Peut-on encore dire que LFI est un parti de gauche?NON! Un parti qui fait perdre les siens est un traître à sa cause…

    Mais non, mais non! LFI, n’est pas de gauche ! mais d’extrême gauche, avec pour but de faire échouer toute tentative de choix modérés, quitte à voter, de temps en temps, avec l’extrème droite!
    Bien sûr que son but est de faire perdre la gauche, une gauche capable de prendre des responsabilités…

    Inutile de perdre son temps à polémiquer avec les extrémistes… cette énergie ne sera pas employée à faire des projets réalistes: en attendant, même si le macronisme c’est pas ma tasse de thé…,mon choix sera de voter pour Madame Rist qui se décarcasse, et ça mérite le respect!

  5. L’inversion de la charge à laquelle est habituée le parti socialiste : je ne respecte pas et rompt avec le projet du NFP (qui m’avait bien sauvé la mise suite à mes 2% aux présidentielles), j’accuse LFI à tout bout de champs, je soutiens le gouvernement Macron et le 49.3 et ensuite je me plains que LFI parte seul… Comment les membres de ce parti peuvent-ils se regarder dans une glace ? Arrêtez les ouin ouin, personne n’est dupe de vos trahisons du peuple de gauche ! Le PS est seul responsable de cette désunion.

  6. Et allons-y pour le LFI bashing orchestré par les commanditaires des Bolloré et autres amis de l’extrême droite comme le Nono ci -dessus. Champions de la mauvaise foi, unissez-vous !

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