Les professeurs du Conservatoire d’Orléans ont préparé leurs élèves pour un superbe concert ce samedi 24 janvier à la salle de l’Institut. L’enfant et les sortilèges de Maurice Ravel sur un texte de Colette, dirigé par Julien Vanhoutte, directeur, a été présenté devant une salle comble et enthousiaste.

Le chœur symphonique d’Orléans dans le tableau final de L’enfant et les sortilèges avec Geneviève Emonet (l’écureuil). Photo Isabelle Rouard
Par Anne-Cécile Chapuis.
Au jugé, les participants devaient avoir « de 7 à 77 ans », selon la formule chère à Hergé ! Le projet réunissait en effet les classes de chant (professeurs : Chloé Jacob et Corinne Sertillanges), les chœurs maîtrisien et symphonique, dirigés par Émilie Legroux, et quatre instrumentistes : Pierre Baranger aux flûtes, Anaël Bonnet et Sarah Ristorcelli au piano, et Iska Benzakoun au violoncelle (et occasionnellement au chant en duo avec le chat)
L’ensemble est mené de main de maître dans cette version à effectif instrumental réduit réalisée par Didier Puntos, mais à effectif vocal conséquent : près de 50 choristes adultes et une trentaine d’enfants.
Des trouvailles de mise en scène

Le chœur maîtrisien, Alexandre Duhau (l’arithmétique) et Laure Sellier. Photo AC Chapuis
Mais ce qui frappe (et enchante !) le spectateur, c’est une mise en scène déferlante. Ça bouge, ça danse, ça occupe la scène et la salle, avec des entrées/sorties inattendues. Chacun joue son rôle dans les tutti comme dans les soli.
Des personnages haut en couleurs et des interprètes au talent prometteur
Les personnages imaginés par Colette sont hyper bien rendus, avec des costumes ou accessoires suggestifs. Pas facile pourtant de jouer le rôle de la pendule, du fauteuil, de la théière ou du feu ! Les solistes font merveille (même si, dans les forte, le piano couvre les voix, c’est dommage). Car les voix sont belles, en particulier celle du rôle-titre, l’enfant par Laure Sellier.

Quelques solistes de L’enfant et les sortilèges : Jérémy Bouchet, le fauteuil, Aurélie Bideau, la tasse, Ludovic Thomas, la théière, Matthieu Semont, la pendule, Laure Sellier, l’enfant. Photo AC Chapuis
L’on se laisse embarquer par la succession de tableaux dans l’univers de la maison puis du jardin où tout se bouscule suite à la colère de l’enfant. Même l’arithmétique se dérègle et donne lieu à une litanie joliment reprise par le chœur d’enfants. Des moments de douceur, comme la peur de la princesse, accompagnée par la flûte-basse, alternent avec des passages endiablés, avant le beau chœur final, apaisant et très musical où le chœur symphonique montre ses capacités d’ensemble et de nuances.
La salle réserve un triomphe à ce spectacle de qualité, avec un seul regret : qu’il ne soit donné qu’une seule fois !
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