En inaugurant la permanence électorale de Benoît Digeon, maire LR sortant, Xavier Bertrand a transformé un déplacement local en affirmation politique. Dans un territoire marqué par le vote RN, il a délivré un message clair : rester fidèle à ses valeurs et refuser toute compromission.
« Quand on arrive en ville », prêts pour la bagarre… des élections municipales ! – photo Magcentre
La venue de Xavier Bertrand à Montargis ne doit rien au hasard. Le président de la région Hauts-de-France est venu afficher un soutien politique assumé à un élu qu’il connaît de longue date, dans la continuité de la relation qu’il entretient avec Jean-Pierre Door ; deux responsables locaux avec lesquels il revendique un socle idéologique commun.
Combattre les radicalités sans surenchère
Pour l’ancien ministre, cette visite est aussi l’occasion de rappeler ce qui distingue, selon lui, une droite « populaire, gaulliste et sociale » des logiques qu’il combat. « Je ne veux entendre parler ni du RN, ni de LFI, » martèle-t-il, avant d’ajouter : « Je fais régulièrement entendre cette voix et je ne me tairai pas. »
À ses yeux, Benoît Digeon incarne cette orientation : « quelqu’un qui trace sa route en tournant le dos aux extrêmes ». Une posture revendiquée, à rebours des tentations de surenchère ou de recomposition observées ailleurs sur la scène nationale.
Un soutien fondé sur la cohérence politique
À Montargis, cette ligne politique n’est toutefois pas sans susciter des critiques. Ses opposants reprochent régulièrement à Benoît Digeon une intransigeance affichée face aux idées du RN, ainsi que des relations plus que distantes avec le député RN de la circonscription.
Xavier Bertrand serait-il venu si l’attitude du maire sortant avait été différente face au RN ? La réponse fuse : « Évidemment que non. » Pour Xavier Bertrand, l’accord sur les valeurs est déterminant : « Il ne s’agit pas de monter sur le porte-bagages de qui que ce soit, encore moins de l’extrême droite… »
Rencontré grâce à Jean-Pierre Door, Benoît Digeon incarne selon lui cette constance. « C’est quelqu’un qui croit en ses idées. J’aime les personnalités qui ne sont pas tièdes », ajoute-t-il. « L’eau tiède ne sert qu’à se laver les mains. Benoît Digeon n’est pas un robinet d’eau tiède. »
Xavier Bertrand et Jean-Pierre Door (par ailleurs délégué régional de Nous France), une longue amitié – photo Magcentre
Une alternative à la radicalisation
Dans un territoire où le RN est fortement implanté et où la droite ciottiste tente d’émerger, Xavier Bertrand rejette l’idée d’une surenchère nécessaire. Il s’appuie sur son expérience de président de la région Hauts-de-France ainsi que sur son opposition frontale et constante au RN au sein de l’hémicycle régional. « Il n’y a pas de fatalité », répète-t-il, à condition de se battre concrètement sur le terrain : « Les extrêmes font de la politique en profitant des problèmes et en cherchant des boucs-émissaires. »
Un cap clair, incarné par les élus locaux
Interrogé sur les réponses à apporter au sentiment de déclassement qui alimente le vote RN, Xavier Bertrand plaide pour une « République des territoires ». Sécurité, niveau de vie, services publics, santé, mobilités : autant de sujets qui, selon lui, « ne se règlent pas depuis Paris ». Il défend un renforcement du rôle des collectivités locales, convaincu que « les élus de terrain sont les mieux placés pour comprendre les réalités », notamment dans l’articulation entre villes-centres et communes rurales. Situé au cœur d’un bassin de vie de 96 communes et 130 000 habitants mêlant espaces urbains et monde rural, Montargis illustre cette réalité, à condition de « donner aux territoires les moyens d’agir ».
Dialoguer sans confusion politique
Benoît Digeon a récemment reçu Anne Hidalgo, après avoir accueilli l’an dernier Marine Tondelier. Pour Xavier Bertrand, c’est la démonstration qu’il est possible d’échanger au-delà des clivages sans brouiller son positionnement. « Cela ne signifie pas qu’il soit devenu écologiste ou socialiste. Il a ses convictions », souligne-t-il. « On sait qui il est, et ce n’est pas quelqu’un de sectaire », avant que Benoît Digeon ne précise, non sans malice : « Sauf contre le RN. Et LFI. Nous n’avons rien à voir avec eux. »
À Montargis, Xavier Bertrand n’est pas seulement venu soutenir un maire. Il est venu défendre une certaine idée de la droite, capable d’assumer ses responsabilités et de refuser les raccourcis, même dans un territoire politiquement sous tension.
Sympathisants et amis politiques étaient au rendez-vous, lundi 26 janvier à Montargis – capture d’écran du compte FB de Benoît Digeon
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