Limiter l’accès des TGV aux enfants, c’est pas la classe, et ça devient toute une affaire. Après la pétition lancée en ligne par Alice la Tourangelle, c’est Constance la Loirétaine qui a pris le train en marche en proposant une loi contre le « no-kids ». Gare aux retombées.
Par Mag’Asine.
« Si la vérité sort de la bouche des enfants, il est urgent de les faire taire ». L’ironie du propos n’a pas plu aux benjamines de la tribu, qui se mirent à crier encore plus fort, en fustigeant la téméraire qui voulait derechef les exclure des réunions, voire les écarter de toute vie dite adulte. « Si les enfants sont des adultes en préparation, les adultes se comportent trop souvent comme de grands enfants », répliqua l’une d’elles, prenant exemple dans la récente actualité.
Tout venait d’une annonce de la SNCF souhaitant créer une classe « Premium » sur la ligne TGV Paris-Lyon où les moins de 12 ans seraient exclus, pour garantir un minimum de calme aux voyageurs désirant travailler pendant le trajet. Las ! Ce choix d’exclusion dit « no kids » a vite déclenché un tollé, matérialisé le 21 janvier par une mère de famille tourangelle, Alice, choquée par cette discrimination, qui s’empressa de lancer une pétition en ligne réunissant à vitesse Grand V près de 20 000 signatures. Une initiative applaudie par la députée LIOT du Loiret Constance de Pélichy, qui annonce dans la foulée vouloir déposer une proposition de loi pour interdire les zones « no-kids » dans les établissements accueillant du public (trains, hôtels, restaurants, etc). Elle rejoint ainsi la position de la Haute-commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui en juin 2025 s’inquiétait déjà à juste titre de cette tendance.
Revenue d’un voyage en Suisse, une acariâtre taupinette voulut défendre la SNCF en citant un cas dont elle avait été victime. Mécontent d’avoir été privé de sa glace, un bambin américain incontrôlable s’était agité dans tous les sens dans le wagon en criant « Ho ICE, Ho ICE », ce qui avait profondément agacé tous les autres passagers européens. Mais c’était trop caricatural pour être pris en compte, même si cette actualité interpelle à nouveau sur la place de l’enfant dans la société, et la tolérance de chacun au sein d’un groupe.
On ne supporte plus les cris, les déplacements, voire les vagissements du nourrisson qui demande simplement à être nourri. Et que dire, alors, de celle qui, pour répondre à ce besoin naturel, osera lui donner le sein en public ? En janvier 2025, c’est dans une boutique de la SNCF qu’une mère de famille avait été expulsée pour avoir allaité son enfant. Ce 28 janvier 2026, dans le Nouvel Obs, c’est Myriam Ackermann-Sommer, une rabbin orthodoxe, qui demande à repenser la parentalité en ville.
La députée du Loiret a toujours agi en faveur de l’enfance et du statut de mère conjoint à celui de femme politique. Alors qu’elle vient aussi de demander l’ouverture d’une crèche à l’Assemblée nationale, comme au Sénat, d’aucuns se souviennent qu’aux dernières élections régionales, elle était tête de liste dans son département… et à un mois de donner naissance à son premier enfant. Ce serait dommage que dans ce domaine, la société française ait encore un train de retard…