Envie d’aller en Guyane ? Programmez si possible votre voyage durant le carnaval. Un évènement majeur de la culture créole et la meilleure période pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Mais ce n’est pas, loin de là, le seul intérêt de ce pays à la population métissée, à la vie quotidienne agréable et à la flore et à la faune époustouflantes.

Perroquet_Ara © A.Brusini
Par Bénédicte de Valicourt
La première chose qui frappe en Guyane, c’est l’espace. Avec seulement 295.000 habitants, pour un territoire aussi étendu que le Portugal, et une forêt qui couvre 96% du territoire, soit 8 millions d’hectares, il y a de la place. De quoi attirer les trafiquants et aventuriers de tous poils, dont les orpailleurs clandestins qui seraient encore 8 000, répartis sur 591 sites. Cela ne résume pas pourtant autant, loin de là, la vie guyanaise, bien plus riche et agréable que ne le laisse entrevoir la réputation sulfureuse du pays, qui n’a longtemps été vu que comme un gigantesque bagne et un enfer vert. Tous ceux qui sont en quête d’histoire, d’aventure spatiale ou de nature riche et luxuriante, s’en rendront tout de suite compte et y trouveront de quoi réjouir leurs sens.
Cayenne, la grande ville

Cayenne cl BdV
C’est la ville la plus peuplée du pays. Ce qui ne l’empêche pas, en cette belle matinée de janvier, de paraître légèrement endormie. Cela n’enlève rien au charme de son centre-ville bordée de vieilles demeures créoles grinçantes et colorées. Haut lieu de rendez-vous du tout Cayenne au centre-ville: le bar des Palmistes, un hôtel et un bar très fréquenté, sis dans une belle maison créole parfaitement restaurée du XIXe siècle, en face de la place du même nom. A deux pas, le charmant musée Alexandre Franconie, est la plus ancienne institution culturelle du pays avec sa bibliothèque attenante. La maison, appartenait autrefois à un négociant, avant d’être transformée en musée en 1901. Elle est restée dans “son jus”, malgré sa restauration, avec ses parquets et ses grands meubles en bois tropical, où étaient autrefois exposées des marchandises en tout genre. C’est également un vrai cabinet de curiosité, héritier des fonds des expositions coloniales. A l’entrée le caïman noir, fait office de mascotte, selon le conservateur. Il a été retrouvé mort il y a un siècle sur une plage.
La fabuleuse biodiversité guyannaise
Il y là aussi de quoi s’initier à la fabuleuse biodiversité guyanaise, araignées de tailles variées -dont la plus grande au monde-, papillons de toutes les couleurs et plus de 8.000 insectes. A l’étage, d’où la vue plonge sur l’Hôtel de ville et la colline avec son point de vue spectaculaire sur les environs, est présentée tout un pan de l’histoire locale. Notamment celle du bagne avec quelques tableaux du fameux faussaire et bagnard Francis Lagrange. Juste à côté de belles pièces amérindiennes et « Bushinengués », ces Noirs Marrons, descendants des esclaves africains qui, au XVIIIe siècle, décidèrent de « marroner », à savoir de fuir les plantations du Suriname pour regagner leur statut d’hommes libres en s’isolant dans la forêt. Réputés pour leur peintures sur bois et leur maitrise de la sculpture Tembé (découpes ajourées et motifs géométriques peints), dont de beaux exemplaires sont visibles au musée, ce sont d’excellents piroguiers et c’est avec eux aujourd’hui que l’on sillonne les fleuves.
Le marché et l’artisanat

la boutique de l’association Gadepam @ BdV
Mais il est temps de gagner le marché, place du Coq. C’est un haut lieu de la convivialité locale, ouvert trois jours par semaine. Puis, nous nous dirigeons vers le musée des cultures guyanaises, une ancienne demeure d’orpailleurs à l’architecture traditionnelle créole. Elle vaut en soi le détour, comme pas loin le 54 rue Madame Payé, une annexe du musée où sont présentés des pièces d’artisanat. Pour compléter la visite, on peut également faire une halte à la boutique d’artisanat de l’association Gadepam toute proche. C’est l’une des mieux achalandées de la ville en artisanat amérindien et un véritable petit musée des cultures guyanaises, chaque artisan étant rémunéré à un juste prix. Vous y rencontrerez peut-être Linia Opoya, la dernière potière de Taluen, un village amérindien Wanapa sur le fleuve, qui y expose ses créations. Aujourd’hui, elle désespère de trouver quelqu’un à qui passer son savoir « C’est ma grand-mère qui m’a transmis son art, mais seules les filles font de la poterie et je n’ai que trois fils. Et les filles de ma sœur ne veulent pas apprendre », nous explique-t-elle.

Linia Opoya, la dernière potière de Taluen @M.L.Darcy
A suivre…
Carnet de bord
Y aller
Air Caraïbes, Très bon accueil et petit punch avec 4 vols par semaine au départ de Paris sauf à noël et en juillet où il y a 7 vols par semaine. 600 euros AR. www.aircaraibe.com
ou Air France www.airfrance.fr
Où Dormir?
A Cayenne
Hôtel des Palmistes. Dans une ancienne demeure créole de 1890 classée Monument historique, 9 chambres à partir de 125 euros. En plein centre au 12 av du Général de Gaulle
– A deux pas de là et sans charme particulier mais fonctionnel et avec une piscine l’Ibis styles Cayenne centre Amazonia. Chambres à partir de 128 euros. Tél. : 05 94 28 83 00.
Où manger à Cayenne ?
-Le Céjo à Montabo face à la mer. Le chef Johan Pardonipade formé à Montpellier chez les Frères Pourcel, fait partie des Toques guyanaises, un label qui promeut la gastronomie locale et a également obtenu le titre de maître restaurateur.
– Le café de la gare restaurant bar et ambiance café-concert.
4297300 rue Héder, Cayenne Tél 0694488 228
-Le Barrio, restaurant et bar de plage avec vue sur l’îlet de la Mère et produits frais. . 151 chemin Pointe du Mahury, route des plages Remire-Montjoly. Tel. : 594 694 41 52 45.
-Le Paris Cayenne est une référence à Cayenne. Ambiance feutrée, expos et carte originale, 59 rue Lallouette, Menus à partir de 38 euros. Tél. : 06 94 21 87 83
-Le Wood restaurant créole. 1, rue de l’Université résidence Awara. Plats à partir de 20 euros. lewoodcayene.com
www.guyane-amazonie.fr

Sculpture Tembé @BdV