Chaque année, des journées des mobilités sont organisées dans un territoire significatif d’un projet de RER ou de SERM (Services express régionaux métropolitains). Cette année, c’est à Tours, métropole au dossier bien avancé, que ce rendez-vous des mobilités s’est tenu du 28 au 30 janvier.
Le président de Région François Bonneau, Jean-Marc Zulesi président d’Objectifs RER métropolitain, le maire de Tours Emmanuel Denis, et Philippe Fournié, vice-président à la région Centre-Val de Loire délégué aux Transports. ©Asmaa Bouamama
Par Asmaa Bouamama.
En 2024, l’État a validé environ vingt-six projets SERM qui consistent à instaurer des politiques de mobilité dans les agglomérations françaises. Il s’agit de rétablir des moyens de transport qui visent à faire communiquer les grandes villes capitales régionales comme Orléans ou Tours, avec toutes les plus petites villes voisines. Emmanuel Denis, le maire sortant de Tours, en campagne pour les prochaines municipales, se félicite que ce projet prenne racine dans sa ville. « Nous sommes très contents que cet événement, porté par la Région, se déroule à Tours qui est une ville référente en matière de transports ». Pour le territoire de la Touraine, la vision d’avenir est de rouvrir plus de quarante-cinq haltes ferroviaires d’ici 2040, et de permettre à nouveau des trajets jusqu’alors désertés, comme celui qui unit Tours et Fondettes, fermé depuis trente ans.
Une priorité économique, culturelle et écologique
Pour François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, « l’aménagement du territoire doit être une obsession pour Tours et Orléans au regard du lien qu’il faut absolument rétablir entre le rural et l’urbain ». Ce projet de relier des villes à leurs capitales régionales cherche aussi à permettre aux entreprises de recruter plus facilement, et d’ouvrir l’accès au monde de la culture qui se trouve principalement dans les centres urbains. « Il y a dans ce projet, un but de faire du remaillage des territoires et à lutter contre les zones oubliées », ajoute François Bonneau. Le projet entre aussi dans la politique écologiste de la ville de Tours et dans la ligne d’Emmanuel Denis qui ambitionne de réduire l’usage de la voiture. « C’est un projet social de déplacement dans le département, à très bas coût, et c’est un projet environnemental, décarboné, en plus d’être un projet économique pour les entreprises qui seront alors desservies par ces mobilités », se réjouit le maire.
Plus de 30 millions d’euros
Le SERM englobe des services de mobilité générale comme les parkings, les lignes de cars, et les réseaux vélo. En Touraine, le projet représente une trentaine de millions d’euros en matériel. « Ce sont des sommes considérables pour la région », confirme François Bonneau. Très concrètement, la Touraine prévoit d’ouvrir trente gares avec un train toutes les trente minutes à l’horizon 2040, avec vingt-neuf lignes de cars sur un périmètre de mille kilomètres. Une amplitude de transport qui commence dès 5 heures du matin pour terminer à 23 heures pour la plupart des villes comme Vendôme, Sorigny, Loches, Bléré-La-Croix, Ballan-Miré, et bien d’autres. Celles-ci, qui comptent aujourd’hui entre dix et trente trains par jour, verront toutes leur nombre de voyages augmenter considérablement, passant d’une vingtaine de trajets proposés par jour à une cinquantaine voire plus. Alors que 90 % des trajets se font en voiture, le réseau ferroviaire s’inscrit dans une démarche écologiste et une meilleure interaction culturelle et économique entre les capitales régionales et les agglomérations laissées à l’abandon.
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