La proposition du président de l’agglomération de mettre au pot sous condition pour favoriser une reprise de l’entreprise d’électroménager ne fait pas totalement recette. Mais les élus ont pourtant validé le dispositif présenté.
Les élus du conseil métropolitain d’Orléans devaient statuer, jeudi 5 février, sur deux délibérations concernant le dossier Brandt. Illustration ©Magcentre
Par Jean-Jacques Talpin.
Le cadavre des usines Brandt à Saint-Jean-de-la-Ruelle (Orléans) et Saint-Ouen (Vendôme) est encore chaud et attire les convoitises de repreneurs sans doute pas tous bien intentionnés, plus soucieux de mettre la main sur des marques prestigieuses que pour sauver de l’emploi. Au total 36 offres de reprise ont été déposées. C’est parmi toutes ces offres que la Métropole d’Orléans s’est positionnée pour favoriser une reprise du site de Saint-Jean-de-la-Ruelle (Orléans) qui emploie près de 350 salariés.
De l’argent public pour « New Brandt » ?
Deux délibérations étaient donc proposées aux élus d’Orléans Métropole ce jeudi soir. Mais c’est peu dire que ces délibérations n’ont pas déclenché un enthousiasme délirant. La première prévoyait que la Métropole apporte deux millions pour soutenir le projet industriel de Métavisio-Thomson computer associé à trois autres industriels au sein de la nouvelle société « New Brandt ». Mais cet apport public de 2 millions d’euros ne serait débloqué qu’à la seule condition de l’engagement des deux autres partenaires publics : l’État et la Région. Mais l’État a fait savoir qu’il ne soutiendrait pas ce projet, entraînant de fait le non-engagement de la Région. « Aujourd’hui, explique Serge Grouard, Brandt est en situation de quasi-mort clinique. Si nous ne nous engageons pas, il n’y aura pas de reprise ».
Préserver les quatre marques de Brandt
La seconde délibération portait sur un déblocage éventuel d’un crédit compris entre 300 000 et 3 millions d’euros pour racheter les brevets et les quatre marques du groupe (Sauter, Vedette, de Dietrich et Brandt). Et cela afin que ces marques ne soient pas victimes de « prédateurs » et d’exploitation par des groupes étrangers.
Deux délibérations qui peinent à convaincre les élus de l’opposition. Les élus de Saint-Jean-de-la-Ruelle où se situe le principal risque se sont étonnés de n’avoir été ni informés ni consultés. L’écologiste Jean-Philippe Grand, tout comme Matthieu Schlesinger, le sénateur Christophe Chaillou ont émis de nombreux doutes face à cet apport financier et à une prise de risque trop importante. Avec une question de fond : est-ce le rôle d’une collectivité de soutenir financièrement une reprise d’entreprise ?
Serge Grouard minoritaire
Pourtant pour Serge Grouard, « il faut montrer que l’industrie ce n’est pas foutu dans notre pays ». Et pour emporter l’adhésion des sceptiques et des opposants Serge Grouard consent à dévoiler quelques aspects (pourtant réputés confidentiels) de la reprise envisagée par les quatre industriels. Ceux-ci apporteraient ainsi 25 millions d’euros et rapatrieraient même une ligne de production de l’étranger.
Des assurances insuffisantes pour l’opposition qui ne veut pourtant pas apparaître comme « les fossoyeurs » du site. Avec ses « doutes et ses interrogations », l’opposition se divise, certains refusant de prendre part au vote, d’autres s’abstenant. Mais au final, Serge Grouard est désavoué avec seulement 38 voix pour, 12 abstentions et 35 non-votants.
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