La santé est un secteur où les décisions des élu(e)s ont une influence directe sur la vie des citoyens. Des enquêtes tendent à démontrer qu’il existe des interactions déterminantes entre santé et opinion publique et que l’état de santé des populations a des conséquences non négligeables sur les choix des électeurs.
La santé mentale peut influencer le vote (cliché Unsplash)
Par Jean-Paul Briand.
Une étude récente, faite à partir des résultats des élections britanniques de 2024 dans 543 circonscriptions, lie la mauvaise santé à une proportion plus élevée de votes pour des partis d’extrême droite. La principale conclusion de cette étude anglaise publiée dans le BMJ Journals est l’association entre de mauvais indicateurs de santé et le vote pour le Reform UK, parti d’extrême droite. Ces relations persistent après ajustement démographique et socio-économique.
Les effets délétères sur la santé
Pour les auteurs de ce travail de recherche, le vote populiste d’extrême droite ne serait pas seulement une réaction économique ou culturelle, mais aussi une manifestation indirecte de la dégradation des conditions d’accès aux soins ayant des effets délétères sur leur santé. Ces résultats concordent avec de nombreux travaux qui attestent que la mauvaise santé est un puissant moteur pour le vote de droite radicale. En Europe des travaux italiens associent insatisfaction des services publics sanitaires et vote d’extrême droite, aux USA des études américaines lient santé dégradée et vote Républicain.
Un autre élément troublant est apporté par l’étude anglaise. Elle suggère que la santé mentale peut influencer le vote car il existe une association statistique forte du vote pour un parti d’extrême droite avec la dépression. Un électeur souffrant de dépression aurait une plus grande appétence pour un parti d’extrême droite.
La région Centre-Val de Loire fait face à des défis majeurs de démographie médicale. Lors des prochaines élections municipales, les différents candidats en lice pourrait ainsi voir une part importante de l’électorat basculer vers le RN par pur pragmatisme de survie sanitaire…
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