Plénitude émouvante avec l’Orchestre symphonique d’Orléans et la pianiste Svetlana Andreeva

Samedi 7 février, à Orléans, l’Orchestre symphonique d’Orléans (OSO), tout en beauté, empli de pudeur et d’ardeur, a fait un triomphe à la salle Touchard du Théâtre de la cité. Un merveilleux programme intitulé « Passion et Transfiguration » permit d’écouter des œuvres de Wagner, de d’Indy et de Strauss. Émouvant d’intériorité fut le Concerto n°2 pour piano, de Liszt, interprété par Svetlana Andreeva. Inoubliable.

Marius Stieghorst et Svetlana Andreeva. Photo: JD. Burtin.



Par Jean-Dominique Burtin
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Élan musical, enlacement des mélomanes

Profondeur moirée des cuivres, cordes de velours, chatoiement de la petite harmonie : ainsi s’élance l’Orchestre Symphonique d’Orléans placé sous la direction de Marius Stieghorst. Dès Liebestod, extrait de l’opéra Tristan et Isolde, de Wagner, l’expressivité de l’ensemble est synonyme d’infinie plénitude et ne peut qu’enlacer le public suspendu au souffle et murmure musical empli d’une sensibilité faisant naître l’émotion.

Sous les frondaisons de l’orchestre, percent d’emblée les lueurs que dispense, dans l’interprétation du Concerto pour piano n°2, de Liszt, la pianiste Svetlana Andreeva, grande lauréate du Concours international de piano d’Orléans 2024. Dès les premières notes au clavier, déjà escortées par la lumineuse présence attentive de l’orchestre, la musique elle-même semblerait être touchée par la grâce de cette interprète. Son jeu, tour à tour ciselé et foudroyant de délicate virtuosité, fait autorité.

Soliste et orchestre en pure osmose

Osmose entre soliste et orchestre. Photo JD. Burtin


Vertigineuse de contrastes, de profondeur et parfois bondissante de ruses perlées, cette œuvre permet d’écouter un sublime dialogue entre Svetlana Andreeva et la violoncelliste Yska Benzakoun. Le temps de quelques mesures, tout est soudain d’une langueur éthérée ; le jeu de la pianiste ne semble plus que tenir à une note, qu’à un souffle, alors que le coup d’archet de la violoncelliste va intensément droit au cœur. En vérité, à tout instant l’osmose entre la soliste et les pupitres de l’orchestre, dont les ressources s’affirment infinies, est par ailleurs d’une éloquence absolue.

Immensément applaudie et ovationnée par le public, Svetlana Andreeva donne en rappel le Sonnet 123 de Pétrarque, nouvelle pièce de Liszt, œuvre dont les arabesques forcent de nouveau l’admiration et sont en heureuse communion, main sur le cœur, avec le thème Passion et Transfiguration du programme de concert.

Une offrande en toute âme et musique

Après l’entracte, crescendo dans l’évocation du sentiment avec cet indéfinissable nappé musical au service de l’introduction de l’acte 1 de l’opéra Fervaal, de Vincent d’Indy. Une fois encore les soli de l’orchestre font merveille, notamment celui d’un hautbois qui devient, quelques instants choisis, à lui seul, la colonne vertébrale de la formation symphonique.

Saisissante, la dernière œuvre au programme est Mort et Transfiguration, de Richard Strauss. Marius Stieghorst dirige sans partition, en fabuleux alchimiste, un orchestre qui évoque à présent la vie et ses déchirures, ses espoirs, ses renoncements, les soubresauts des souvenirs, et cette issue où « l’âme se libère du corps ». Le flamboiement est ici magnifique, tout comme l’est cette radieuse respiration commune de l’orchestre qui révèle chaque battement de lumière de la partition.

Svetlana Andreeva, main sur le cœur. Photo JD. Burtin.


À l’issue de l’interprétation de Mort et Transfiguration, la salle ovationne de nouveau l’ensemble qui donne avec sens, obéissant de manière confiante et souriante aux rappels, « Aux étoiles », d’Henri Duparc. Poétique offrande. Ultime adresse de l’orchestre et de son chef dont la baguette semble tout à coup une volute s’élevant dans les airs.


Plus d’infos autrement :

Marius Stieghorst : « Je suis impatient, cet Orchestre d’Orléans est un miracle »

 

 

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