Christophe Chapuis n’est plus le premier secrétaire fédéral du Parti socialiste de Loir-et-Cher. L’élu vendômois démissionnaire était en divergence avec la stratégie de son parti pour les municipales à Vendôme.
L’élu du vendômois Christophe Chapuis revient sur sa décision de démissionner de son poste de premier secrétaire fédéral du Parti socialiste de Loir-et-Cher. ©MD
Propos recueillis par Jean-Luc Vezon.
Vous étiez chef de file du PS à Vendôme. Pourquoi avoir démissionné de vos fonctions ?
Rejoindre sans conditions la liste citoyenne de Mathilde Beauvallet n’était pas acceptable à mes yeux. D’abord car cette liste n’aurait pas donné la place que mérite mon parti, et au-delà méprise les partis politiques. Pour moi les partis ne sont pas un faire-valoir, ils sont essentiels à la démocratie et doivent avoir une vraie place lors des élections. Ce parti-pris est un message très négatif pour les électeurs vendômois.
Ensuite, parce que nous avons des divergences très importantes sur le programme. À la fois sur la fiscalité, puisque Mathilde Beauvallet (NDLR : tête de liste Dynamique Vendômoise) souhaite revoir les bases fiscales, ce qui remet en cause l’équité devant l’impôt et la séparation des pouvoirs. Mais aussi sur la sécurité avec la volonté de revenir sur la vidéo protection, ce qui constitue une forme d’aveuglement face à l’insécurité. Dynamique citoyenne propose également des créneaux spécifiques pour les femmes dans les équipements publics, ce qui à mes yeux remet en cause l’universalisme républicain.
Vous faites état de discussions dans votre dos entre Mathilde Beauvalet et certains membres blésois du Parti socialiste…
En effet, des socialistes blésois, dont certains siègent au conseil municipal, menaient des discussions avec Mathilde Beauvallet (qui est ex-PS), derrière mon dos depuis des mois. Ils ont fait pression pour que je me range à un soutien sans condition. Je ne peux accepter ce double discours préjudiciable à mon parti.
Aujourd’hui, il n’y aura pas de membres du PS sur la liste Dynamique Vendômoise mais un soutien affiché du parti d’Olivier Faure. Qu’en pensez-vous ?
Ce soutien du PS n’a aucun sens et ne va pas aider à reprendre Vendôme. La liste de Mathilde Beauvallet n’a pas de dynamique et risque de ne pas élargir le socle électoral de la Gauche que j’évalue de 25 % à 35 %. (1) Beaucoup de socialistes et sympathisants ne se reconnaissent pas dans son projet et sa méthode qui exclut les partis. (2)
Comment voyez-vous cette élection ?
Il y a clairement un bonus au maire sortant qui, hormis l’affaire des Justes et une absence de vision pour sa ville n’a pas fait de grosses erreurs. La droite, bien que divisée entre Laurent Brillard et Pascal Brindeau, part clairement favorite dans un contexte où il ne devrait, par ailleurs, pas avoir de liste LFI et RN. Quant à la 4e liste de Simon Bluet, il n’est pas certain qu’elle trouve 33 noms.
Allez-vous rejoindre le parti Place Publique de Raphaël Glucksmann ?
Ce n’est pas mon intention même si j’apprécie beaucoup l’action au Parlement européen de Raphaël Glucksmann notamment en faveur des minorités comme les Ouïghours. Je reste socialiste et fidèle à mes valeurs d’une gauche laïque, humaniste et ancrée dans la réalité du monde. Je souhaite bonne chance à mes camarades socialistes candidats. Je le souligne, cette divergence purement locale ne doit pas remettre en cause la recherche d’unité à gauche face au risque d’un second tour LFI – RN en 2027. Cette hypothèse pourrait amener au pouvoir l’extrême droite car il y a un fort rejet de l’extrême gauche.
Quels sont vos projets ?
Christophe Chapuis. Je vais me consacrer à mon activité d’expertise comptable au sein de mon cabinet AEQUUS Conseil tournée en particulier vers l’assistance aux comités sociaux et économiques (CSE).
(1) En 2020, la liste conduite par Christophe Chapuis avait réalisé 20,77 % des voix et la liste écologiste 13,27 %.
(2) Le Parti communiste apporte son soutien à la liste Beauvallet.
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