Un pilier de la démocratie territoriale en danger ?

Panthéonisation de George Sand, arrivée de Sciences Po à Orléans, deux dossiers pour mobiliser le CESER qui lutte pour sa survie.

Le CESER Centre-Val de Loire anime régulièrement des temps de réflexion sur des thématiques variées, à l’image de cette rencontre consacrée à la jeunesse en avril 2025. Image d’archives Magcentre


Par Jean-Jacques Talpin.


La survie du CESER (Conseil économique, social et environnemental régional) est régulièrement questionnée. « Machin » inconnu, structure dépensière et inutile, outil pour recaser des copains bien indemnisés, ce conseil accumule les critiques. « Nous sommes pourtant un instrument essentiel de la démocratie territoriale, insiste Pierre Allorant, président du CESER Centre-Val de Loire, en permettant à la société civile de s’exprimer, d’avancer des avis ou des recommandations ». Avec sa centaine de membres, le CESER réunit à la fois des organisations patronales, des syndicats ouvriers et le monde associatif. Mais un projet issu du Parlement dans le cadre de la future loi de simplification envisage de rendre ces conseils non plus obligatoires mais optionnels à la merci du président du conseil régional.

« Un catalyseur d’intelligences ! »

« Et pourtant nous ne coûtons pas cher, insiste Pierre Allorant, 100 millions d’euros au total dont 50 pour 26 CESER et 2 millions dans la région ». Plus que le coût, c’est avant tout la valeur des missions du Conseil qui est mise en avant : rédaction d’avis pour le conseil régional, évaluation des politiques régionales, outil d’aide à la décision, représentation de la société, y compris par le biais de « saisine citoyenne ». « Nous sommes un catalyseur d’intelligences, un levier démocratique au service du dialogue social », argue Sabine Ferrand du Loir-et-Cher.

Et de rappeler l’influence que le CESER a pu jouer pour les questions de santé et notamment la mobilisation couronnée de succès pour la création d’une faculté de médecine et du CHU à Orléans.

George Sand honorée

Dans son rôle d’influenceur, le CESER veut faire monter la pression sur deux dossiers : la panthéonisation de George Sand et l’ouverture d’une antenne de Sciences Po à Orléans. Femme de lettres, femme engagée, révolutionnaire pour son temps, George Sand est morte il y a 150 ans. Des commémorations vont donc être organisées. Des élus ont été reçus à l’Élysée, la Région devrait voter un vœu en ce sens afin d’envisager une panthéonisation de George Sand sous forme d’un cénotaphe, son corps restant dans le petit cimetière de Nohant-Vic dans l’Indre. François Bonneau porte également ce projet en souhaitant que cette cérémonie soit organisée avant la présidentielle de 2027, sous peine d’être renvoyée aux calendes grecques.

Sciences Po à Orléans ?

Autre dossier régional porté par le CESER : le développement du tissu universitaire régional avec la création d’une première année de médecine à Châteauroux et Montargis, et d’une possible antenne de l’IUT dans la Venise du Gâtinais. Mais c’est à Orléans que les espoirs sont plus grands avec la remise à l’ordre du jour d’un dossier déjà ancien, la création d’une antenne de Sciences Po Paris à Orléans. « Le dossier est bien avancé », se réjouit Pierre Allorant. La préfète, le recteur y sont favorables, ainsi que le réseau des 7 IEP de province. Il ne manque plus que l’autorisation du ministre. Cet institut d’Études Politiques, avec une spécialisation dans « la géopolitique des ressources » pourrait alors s’installer dans le nouveau campus Madeleine où un millier de places seraient encore disponibles même après le transfert en 2027 de la Faculté de Droit. Mais d’ici là, le CESER doit aussi sauver sa tête…


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Commentaires

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  1. Faut-il aimé CESER qui ne sert à rien et se donne des airs ? La réponse est non, bien évidemment. Un comité Théodule qui nous coûte un pognon de dingues.

  2. La panthéonisation de George Sand va t elle mobiliser les foules ? Le CESER souffre d’un déficit d’image. Quelles actions concrètes ont été engagées suite à ses préconisations ? L’article en cite quelques unes, mais le grand public en avait-il conscience ? Et tout le monde s’attribue la transformation du CHRO en CHU !

  3. Les CESER, comme leur grand frère parisien, le CESE, ne servent à rien. Les premiers rendent des avis qui ne sont lus que par eux-mêmes, le second pond des rapports, souvent intéressants, mais qui vont droit au pilon. En fait, comme Georgette Lemaire que François Miterrand avait recasée au CESE pour qu’elle puisse manger, ces organismes, le national comme les régionaux sont des hochets rémunérateurs pour associatifs et syndicalistes, accessoirement pour des perdants d’élections. C’est notre côté monarchie républicaine, un exemple parmi bien d’autres des prébendes de notre système ( certains qui passent malencontreusement à côté on leur colle la légion d’honneur ou le mérite national), à l’image de ces “charges” rémunératrices que distribuaient les souverains d’antan.

  4. Ces commentaires négatifs sur le rôle du CESER me questionne. Cette instance, même si elle n’est que consultative joue un rôle essentiel à l’heure où bon nombres de citoyens déplorent le recul des corps intermédiaires pour faire vivre notre démocratie. Je pense qu’il y a une méconnaissance totale de leur rôle en région, et pourtant ! Ce sont ses membres qui travaillent en amont sur les sujets que les conseillers régionaux devront débattre pour ensuite délibérer. Cela représente 0,1 % du budget de la région, et évite de passer systématiquement par des cabinets conseils qui là “coûte un pognon de dingue” ! Alors ne tombons pas dans le panneaux , c’est pas là qu’il faut faire des économies. Et ne jetons pas à la poubelle les quelques organes de démocratie participative qui existent encore aujourd’hui, sinon bientôt il sera trop tard. Au contraire, soutenons plutôt le principe du renforcement de leur actions de leur rôle.
    Je précise que je ne fais pas parti du CESER, que je ne connais aucun des ses membres, je suis juste un citoyen observateur avisé (parfois en colère) des temps troublés que nous traversons.

  5. Dans une autre vie j’ai bien connu les CESER, y compris le CESE. C’est pourquoi j’ai formulé cette opinion, fondée sur l’expérience. J’ajouterai même que ce genre d’assemblée, qui mouline à vide, dédouane les politiques d’avoir à faire de vrais efforts de concertation avec la société civile. Et je ne répèterai pas, par souci de charité, ce que les élus régionaux de l’époque pouvaient dire comme “amabilités” sur les CESER en “off”. A mon avis, ça ne doit pas avoir beaucoup changé, mais dans ce petit monde prévaut “le bal des hypocrites”.

  6. Et si ces Conseils se donnaient aussi le pouvoir lorsque leur avis n’est pas entendu, utilisé, discuté par les Conseils régionaux de le clamer haut et fort, d’ameuter la presse, de diffuser auprès des citoyens leur point de vue.
    Mais comme tout se passe entre gens du même entregent où ce qui compte c’est de tisser des liens, de remplir son répertoire (électronique cela va de soi) d’adresses utiles pour …

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