Dans sa liste pour les municipales, le candidat-maire d’Orléans a intégré trois macronistes membres du parti Renaissance. Dans le passé, ces nouveaux amis ont pourtant eu la dent dure avec Serge Grouard.
Présents sur la liste du maire sortant, certains anciens opposants à Serge Grouard semblent avoir redécouvert ses qualités. Photo Magcentre
Par Jean-Jacques Talpin.
En politique seule la victoire est belle ! Qu’importe pour y parvenir de se livrer à quelques contorsions politiciennes. Il est vrai que Serge Grouard n’est pas regardant : après avoir ouvert sa liste à l’extrême droite et à la droite catholique traditionaliste, il drague en même temps au centre chez les macronistes. Trois membres du parti Renaissance ont ainsi été intégrés à cette liste de candidats : Maïté Sève (4e position), Amal Sayah (14e) et Mathieu Legrand (33e). Un autre macroniste historique, Emanuel Constantin – initiateur d’En Marche à Orléans – n’est en fait plus membre de Renaissance après avoir adhéré au micro parti Équinoxe.
Certes aujourd’hui ces candidats ne représentent qu’eux-mêmes puisque Renaissance-Loiret ne s’est pas encore prononcé. Un choix difficile pour le parti présidentiel qui aura à choisir entre Serge Grouard et Caroline Janvier. Pourtant la présence de Maïté Sève, adhérente récente et membre du cabinet de la ministre Stéphanie Rist, vaut adoubement. Une position logique puisque Mme Rist doit sa réélection récente à la législative partielle à l’absence de candidat LR lors du scrutin. Je te donne la législative, tu me donnes la municipale pourrait chanter le maire candidat.
« J’ai mal à ma ville ! »
Pourtant, en fouillant dans le passé de ces trois macronistes égarés, il y aurait sans doute matière à s’étonner. Ainsi en 2020, Amal Sayah s’étalait sur les réseaux sociaux avec la « lettre aux Musulmans » qu’avait publiée Serge Grouard. « C’est un écrit où l’on sent l’aversion de l’autre, écrivait-elle, en l’occurrence les Musulmans qu’on appelle à élire pour lui. Le mépris de l’Islam est criant (…) Cette lettre crie haut la discrimination ». Et de dénoncer « l’hypocrisie flagrante » du maire d’Orléans.
Quant à Mathieu Legrand (33e), un temps candidat à la présidence de la Licra (qui s’est indignée de la présence d’une candidate d’extrême droite sur la liste), son opposition au maire était on ne peut plus claire. « Orléans est à l’arrêt et peut être même en marche arrière, rédigeait-il lui aussi en 2020 depuis les dernières municipales. Arrêt des projets de développement, pas de vision pour l’avenir, amateurisme à tous les niveaux, conflits d’intérêt, entorse à la démocratie et à la laïcité. J’ai mal à ma ville ! ».
Certes en six ans, de l’eau de Loire a coulé sous les ponts et Serge Grouard, touché par la grâce, a sans doute effacé toutes ces souillures propagées par les réseaux sociaux. Et peut-être les macronistes égarés lui reconnaissent-ils aujourd’hui des qualités bien cachées hier. Mais après tout Orléans vaut bien quelques reniements…
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