Municipales 2026 à Orléans : le combat fratricide des frères ennemis de la gauche locale

Opposées, la gauche de Rassembler Orléans et celle de OSE s’affrontent sur des programmes relativement semblables. Mais c’est d’abord la question de savoir qui aura la meilleure liste de candidats et la meilleure image de « rassembleur ».

Dans la course à la mairie, la gauche orléanaise a décidé de reproduire le scénario des élections municipales de 2020. Photo Magcentre


Par Jean-Jacques Talpin.


En cherchant bien, on peut bien sûr dénicher quelques différences entre « Rassembler Orléans », la liste conduite par Baptiste Chapuis, et OSE que dirige l’écologiste Jean-Philippe Grand. Mais globalement, leurs projets se ressemblent, se complètent et ne se font pas concurrence.

L’élection de 2026 est d’ailleurs l’exacte réplique de 2020 quand Jean-Philippe Grand l’a emporté (19,21% des voix) sur son concurrent socialiste (12,92%).

Quel rassembleur de la gauche ?

Mêmes têtes de liste, mêmes programmes, même scénario ? Pas certain ! Car plus que sur les projets où l’on cherche les nuances et les différences, c’est sur la méthode et la composition des listes que la démarche a été différente. Jean-Philippe Grand martèle qu’il aurait souhaité l’union dès le 1er tour : « On leur a proposé 50 % de noms de chez nous et 50 % chez eux, ils ont tout refusé ». Alors Jean-Philippe Grand a choisi un relatif cavalier seul en s’alliant cependant avec ECO (Élan citoyen orléanais), une association issue des quartiers populaires et « Vivement Orléans ». De son côté, Baptiste Chapuis a engagé une autre dynamique, celle du rassemblement de 14 structures, depuis la gauche classique (PS, PCF, Place Publique, Génération(s), etc.), aux micro structures (PRG, Debout, Nouvelle Donne, l’APRES, etc.) et aux trois collectifs citoyens : « Orléans ensemble », « Orléans Citoyen » (Benoît Pascal), « Tous Orléans » (Yann Chaillou).

Une dynamique au second tour ?

Mais il semblait évident que dès l’origine ces collectifs chercheraient à se faire une place au soleil en revendiquant quelques places sur la liste de gauche unie. Comme preuve de ce rassemblement, la liste « Rassembler Orléans » présente des candidats issus de quatre listes différentes concurrentes en 2020 dont deux candidats venant de OSE.

Cette division du 1er tour peut-elle engager une dynamique nouvelle pour le second quand les deux listes auront évidemment fusionné ?

Il y a six ans au second tour, Jean-Philippe Grand avait atteint 31,7% des voix (contre plus de 40% pour Serge Grouard) soit à peine moins que le total Chapuis-Grand du 1er tour. Et cela sans aucun report de la liste Lutte Ouvrière (1,59%) ni de celle de la centriste Nathalie Kerrien (6,53%), dont les électeurs se sont d’abord déportés vers Serge Grouard et Olivier Carré.
 

La Liste OSE (Orléans Solidaire et Ecologique). Photo Magcentre

La gauche majoritaire à Orléans ?

Il est donc peut-être un peu rapide de prétendre que, cette fois, la division du 1er tour, et la fusion des listes pour le second, peut entraîner une dynamique nouvelle.

Pourtant Baptiste Chapuis y croit. « La gauche est majoritaire à Orléans, tous les derniers scrutins, notamment celui de la législative partielle, l’ont montré ». De plus, la liste unie du 22 mars pourrait espérer quelques reports d’électeurs venant de LFI et des deux listes centristes de Caroline Janvier et Grégory Meyer. Pas sûr cependant que les électeurs LFI (dont l’objectif essentiel semble être de battre les « traîtres » socialistes) acceptent de déposer un bulletin pour Baptiste Chapuis.

La bataille des listes !

La bataille du 15 mars a donc commencé la semaine passée avec la publication des listes. Fort de ses 14 composantes (certaines pourtant microscopiques), « Rassembler Orléans » a présenté une liste diverse relativement jeune (46 ans de moyenne d’âge) et représentative de tous les quartiers. Plus que sur des personnalités reconnues, « Rassembler Orléans » mise au contraire sur des candidats engagés dans leurs quartiers, leurs métiers ou leurs associations avec, entre autres, un avocat, une restauratrice, un directeur d’hôpital, un chef d’entreprise écologiste, etc. Forte de sa composition, « Rassembler Orléans » veut d’abord porter un message : « nous sommes la seule liste de rassemblement de la gauche et des écologistes » pour mieux disqualifier ainsi le concurrent Grand. « Je n’ai que deux adversaires, martèle Baptiste Chapuis. Serge Grouard et le RN ».
 

La liste Rassembler Orléans. Photo Magcentre

« Alliance des collectifs citoyens »

Cette volonté de rassemblement, d’engagement écologiste à gauche, OSE (Orléans Solidaire et Écologique) peut également le revendiquer. La liste regroupe en effet le collectif OSE, soutenu par le parti Les Écologistes et par deux associations chacune représentée par 5 candidats avec « Vivement Orléans » de Ludovic Bourreau (3e sur la liste) et l’Élan Citoyen Orléans mené par Tej Hernoune (5e position) qui se veut la voix des « quartiers oubliés ».

« OSE le vote utile du 15 mars ! »

Loin d’être une liste de composantes politiques, OSE se veut avant tout un collectif de personnes toutes engagées dans des associations ou des structures collectives. « Nous sommes une liste solidaire, écologique, citoyenne, engagée et représentative des quartiers », explique Jean-Philippe Grand qui dirige cette liste avec Christine Tellier en n°2. L’objectif prioritaire reste de « battre Serge Grouard et sa liste de macronistes et d’extrême droite » et qui veut « faire d’Orléans un laboratoire du rapprochement des droites ». Mais il faut au préalable gagner la primaire à gauche du 15 mars. Jean-Philippe Grand en appelle pour cela au « vote utile » : « nous sommes, insiste-t-il, les seuls capables de battre Serge Grouard parce que nous incarnons le changement, l’alternative, la transparence et le rassemblement qui transcende les enjeux politiciens ».


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Commentaires

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  1. Je me demande si l’appellation de combat fratricide est appropriée, parce cela suppose une fraternité préexistante. A gauche et dans le mouvement ouvrier, on s’est toujours foutu sur la gueule, et pas seulement à coup d’invectives et d’excommunications réciproques. La victoire n’a été acquise que lors de rares moments historiques où ces combats « fratricides » ont été suspendus pour donner lieu à des trêves unitaires toujours provisoires. La culture dominante à gauche, c’est de voir l’autre, celui qui n’est pas du même courant, de la même tendance, comme un traitre ou un illuminé. La gauche a la culture de l’intransigeance et de la défaite. Les ego des grands et des petits chefs participent à cette farce qui réjouit la droite et désespère ceux qui croient encore à un autre monde possible. Qu’ils aillent donc se faire foutre dans l’opposition, puisqu’ils se complaisent dans cette posture !

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