Le théâtre prend ses quartiers à Blois, pendant une semaine. Pour sa cinquième année, le festival Vite au Théâtre fait vivre la ville au rythme de ses représentations, ateliers et créations. Rencontre avec Agnès Verlinde, Pascale Le Bourhis et Laurence Boisot pour découvrir les coulisses de l’édition 2026 du festival.
Répétition de la création collective Roméo et Juliette prévue en clôture du festival à la Halle aux Grains. Photo Lucie Jacquemart
Par Lucile Jacquemart.
Prenez dès maintenant vos places, car le festival Vite au Théâtre est de retour à Blois pour une cinquième édition, du 17 au 22 février 2026. Pendant six jours, la ville accueille des compagnies de théâtre, pour faire vivre la ville au rythme des planches et des rencontres.
Né il y a cinq ans d’une volonté collective de plusieurs compagnies blésoises, le festival s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de théâtre et les curieux en quête d’émotions. Cette année encore la programmation s’adresse à tous les âges, avec une variété de temps forts au théâtre Nicolas Peskine, et une création collective à la Halle aux Grains.
Une aventure solidaire à plusieurs dizaines de mains
Chaque nouvelle édition du festival représente un défi d’organisation, mais reste un plaisir : « C’est une belle synergie et un moment de solidarité, souligne Laurence Boisot. Il y a des projets qui se sont montés parce que les compagnies savaient qu’il y avait ce festival et qu’elles pouvaient jouer à ce moment-là. C’est une émulation artistique qui se crée entre nous, c’est vachement bien. »
Et la création collective Roméo et Juliette, qui viendra clôturer le festival, illustre cet esprit et sera l’occasion d’inclure les Blésois. « Un casting a été proposé aux habitants de la ville fin septembre », explique Agnès Verlinde. « Ce qui a permis aussi d’ouvrir à d’autres profils que ceux présents dans les créations collectives précédentes : ça permettait à des gens qui avaient vu l’annonce dans le journal de se présenter. Et tous sont présents d’une façon ou d’une autre, personne n’a été refusé. Il y en a qui ont eu des rôles parlants, et d’autres font plutôt de la figuration, mais tous font partie de l’aventure. »
Artistes professionnels et amateurs partageront la scène de la Halle aux Grains pour deux représentations. Photo Lucile Jacquemart
Au total, près d’une quarantaine de personnes – comédiens et musiciens – seront sur les planches de l’hémicycle, tous mis en scène par Benjamin Kerautret. « Alors que pour les créations précédentes, on avait aussi porté cette dimension-là de façon collective. Là c’est clairement une mise en scène de Benjamin Kerautret. C’est quelque chose qui rassemble étonnamment, qui fait troupe », précise Laurence.
Et après ?
Quelles sont les envies pour la suite du festival ? L’association est pleine d’idées, mais reste prudente quant aux prochaines éditions : « On aurait voulu faire plus de hors-les-murs, mais on n’a pas pu pour des raisons budgétaires, regrette l’organisation. Mais on ne perd pas espoir. Au-delà de la question du festival, il y a aussi le fait que c’est un collectif d’artistes qui peut avoir vocation à porter d’autres événements, d’autres projets, d’autres façons de travailler que cette semaine particulière de festival, notamment dans le domaine de la médiation. » Ainsi, l’ambition dépasse le cadre strict du rendez-vous annuel pour s’inscrire dans une dynamique culturelle plus continue.
Cette énergie collective, justement, se ressent dans l’atmosphère même de l’événement. « C’est un festival très vivant », résume de son côté Pascale Le Bourhis. « C’est une organisation avec des gens qui s’apprécient et se connaissent. Ils sont là pour le public, pour passer un moment de culture sympathique et partagé. »
Dans cette logique de proximité, la valorisation du territoire est au cœur du projet. « Pour découvrir des artistes du territoire, des gens qui travaillent là où vivent les spectateurs, qui ne sont pas des artistes parisiens ou d’ailleurs qu’on vient voir une fois dans l’année à la Scène nationale parce qu’ils sont programmés », ajoute Agnès qui revendique d’ailleurs l’ancrage local et la promotion des compagnies du territoire comme l’ADN même du festival.
Laurence termine par une belle image en parallèle des Jeux olympiques et des vacances d’hiver : « Moi, je dirais que c’est très proche des sensations qu’on peut avoir en descente sur une piste de ski. On a à cœur de proposer une offre culturelle aux spectateurs qui, justement, ne partent pas en vacances, qui ne sont pas forcément les plus aisés, et qui vont rester chez eux à Blois. »
Pratique.
Festival « Vite, au Théâtre ! », à Blois du mardi 17 au dimanche 22 février.
Les événements se déroulent au théâtre Nicolas-Peskine (sauf les spectacles de samedi soir et dimanche, qui ont lieu à la Halle aux grains).
Toute la programmation de la semaine sur www.blois.fr/agenda/festival-viteautheatre
Billetterie : www.festivalvat.com
Plus d’infos autrement :
Blois : la Halle aux grains ose Bashung