Alix, la jeune espoir de la droite dans l’Indre

À 31 ans, Alix Fruchon siège à l’Assemblée nationale depuis l’entrée de Nicolas Forissier au gouvernement. Une intérimaire que le suffrage universel pourra conforter puisque l’ex-député de La Châtre ne sollicitera pas un nouveau mandat.

Alix Fruchon lors de son interview avec Magcentre à Argenton. Photo PB


Par Pierre Belsoeur.


Ce vendredi soir à Diors, la salle des fêtes affiche complet. Même si l’on n’est plus tout à fait dans le tempo des cérémonies, une grande jeune femme, les yeux brillants, est le point de convergence de tous les regards. Madame la députée de l’Indre présente ses premiers vœux. Le contenu de son allocution n’appelle pas de commentaires particuliers même si l’on a compris qu’autour de la jeune députée toute une équipe de trentenaires tient la baraque Fruchon. Ce qui attire l’attention, c’est justement celle que la salle concentre sur la jeune femme. Gil Avérous, un de ses parrains politiques, avec Nicolas Forissier, ne lui a pas caché que la droite départementale attendait un « retour sur investissement ».

Du foot et de la politique

Alix Fruchon est Pitolate. Ce n’est pas un gros mot, tous les habitants de Saint-Marcel le sont. Les Fruchon font le grand écart entre Saint-Marcel et Châteauroux où est installée l’étude notariale familiale. Alix est elle aussi tiraillée entre Châteauroux dont elle est pour quelques semaines encore conseillère municipale et Argenton où elle réside, ce qui légitime son statut de députée de la deuxième circonscription de l’Indre. Elle va d’ailleurs tenter d’y accentuer son ancrage en participant à la prochaine campagne des municipales, en seconde position sur la liste d’opposition de droite.
 

À la tribune de la salle des fêtes de Diors en compagnie du maire de la commune et de Gil Avérous. Photo PB

 
Alix a fait, comme tout Fruchon qui se respecte, des études de droit qui l’ont conduite à un master 2 en droit public (avec notamment comme professeur un certain Pierre Allorant). Après un passage par l’INHESJ (Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice) dans le cadre de son alternance, elle a rejoint l’équipe de Nicolas Forissier lorsque celui-ci a retrouvé son poste de député en 2017. « J’ai fait acte de candidature, et j’ai été prise. » Elle n’arrivait toutefois pas de nulle part ayant toujours baigné dans la politique… et la compétition. « Douze saisons de foot féminin à Celon, Vineuil ou Chaillac. »

Son poste d’attachée parlementaire lui a permis de se familiariser avec les us et coutumes de l’Assemblée nationale. Sans savoir qu’elle investissait sur l’avenir.

Une privilégiée consciente de l’être

La politique, elle a bien failli l’abandonner. Pas après sa première campagne électorale législative, sous les couleurs du parti Les Républicains, face à François Jolivet, en 2022. « On avait fait une chouette campagne, parcourant la circonscription à vélo et, alors que notre candidate avait fait 4% à l’élection présidentielle (NDLR : 4,78% au plan national et 5,45% dans l’Indre pour Valérie Pécresse), nous avons fait 18,8% ! »
 

Alix et son équipe de trentenaires de l’Indre. Photo PB

 
L’absence de majorité et la période chaotique qui a suivi le début de Macron II ont douché son attirance pour la politique. Elle a appuyé sur « pause » et repris ses livres de droit pour préparer le concours du barreau en droit civil. « Je n’arrivais plus à trouver de sens à mon travail. »

Et puis arrive la dissolution, Alix refuse de repartir face à François Jolivet et c’est finalement Nicolas Forissier qui lui demande d’être sa suppléante… et un an et demi plus tard elle rejoignait l’hémicycle où elle ne se contente pas de faire de la figuration, ni de s’asseoir sur ses convictions. « Lorsque l’on m’a reproché d’avoir voté le budget de la sécu, j’ai fait remarquer que ceux qui critiquaient ce vote et avaient les moyens d’aller se faire soigner hors du département devaient penser à ceux qui subissaient de plein fouet la crise sanitaire. »

« Les partis politiques, des machines qui broient plus qu’ils ne créent »

Elle ne supporte pas le jeu des partis et revendique sa liberté de vote. « Je ne suis pas encartée LR, je suis inscrite, par fidélité à Nicolas Forissier, au sein du groupe de la droite républicaine, mais totalement opposée à l’union des droites que proposent certains LR. Je n’ai rien à voir avec Ciotti, le RN ou Zemmour. Ma façon de concevoir le rôle du député est beaucoup plus proche de LIOT (1) ». Heureusement derrière les propos d’hémicycle, le travail en commissions est beaucoup plus constructif, même si à l’arrivée certaines belles unanimités volent en éclats. Mais ce que regrette surtout Alix, c’est le manque de temps pour analyser les projets de textes. « Il faudrait pouvoir disposer de deux ou trois semaines pour tester sur le terrain un projet de loi. En recueillant des avis auprès des personnes plus particulièrement concernées. Au contraire, on empile les lois pour donner parfois l’illusion qu’on fait un travail utile. »

Comme elle ne se paie pas que de mots, Alix a intégré au culot – et elle en est devenue la vice-présidente – la commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs (2). Et les exemples régionaux ne lui manquent pas : on pense à Brandt dans le Loiret et en Loir-et-Cher, Rosières à Lunery dans le Cher, mais aussi à La Française des roues qui s’est éteinte, après une succession de reprises, repue de fonds publics, sous le nom d’Impériales Wheels… à Diors justement !

(1) LIOT : Groupe Libertés, Indépendants Outre-mer et Territoires qui rassemble des élus du centre gauche au centre-droit.
(2) La commission d’enquête sur la prédation des capacités productives françaises par les fonds spéculatifs a pour président Emmanuel Mandon (Les Démocrates), Alix en est la 1re vice-présidente, ses trois collègues sont un LFI, un socialiste et un RN. On peut suivre ses travaux sur le site assemblée-nationale.fr et ouvrir l’onglet « travaux parlementaires ».


Plus d’infos autrement :

Galop d’essai à domicile pour le ministre Nicolas Forissier

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