Ils dynamisent la musique à Orléans # 21 : Clément Joubert

Magcentre est allé à la rencontre de ces personnes qui, bénévoles ou professionnelles, dans l’ombre ou sur le devant de la scène, mettent leur talent au service de la culture musicale. Pour la faire connaître, la développer et la diffuser à tous les publics.

Aujourd’hui : Clément Joubert, chef d’orchestre et directeur musical de La Fabrique Opéra

Clément Joubert dans son bureau de La Fabrique Opéra rue d’Alsace Lorraine à Orléans. Photo AC Chapuis



Par Anne-Cécile Chapuis.


Il est tombé dans la musique quand il était tout petit. Son père était alors directeur du Conservatoire d’Orléans, sa mère y enseignait, et la famille habitait l’appartement de fonction situé dans les étages de l’édifice. Le conservatoire était donc son lieu de vie, d’activités, de jeu… et même de fête puisque, né un 7 mai, il assistait depuis les fenêtres de chez lui aux cérémonies johanniques qu’il a un moment cru données à son intention ! Il raconte ces anecdotes avec le clin d’œil et la touche d’humour qui le caractérisent, sachant prendre du recul et nommer les étapes comme les rencontres qui le propulsent là où il est aujourd’hui.

Commençons par le commencement

La musique est une évidence pour lui dès son plus jeune âge. Il étudie la flûte avec Arlette Biget, le piano avec Marie-Jeanne Ravenaud, mais, vers 15 ans, s’imagine plutôt cuisinier ou conducteur de camions. Les approches de ces professions s’arrêteront aux dossiers d’inscription avec un descriptif qui le fait réfléchir. Ce sera la musique donc, avec les études au CSSM de Boulogne, les prix récoltés en flûte, musique de chambre. Il peut citer ses premières émotions musicales, par exemple Dialogues des Carmélites de Francis Poulenc où il effectue le grand solo de flûte (il a 14 ans), Madame Butterfly ou bien Faust à Loches en 1992 avec Jean-Marc Cochereau, où il découvre l’orchestre, la direction et l’opéra.

Il dirige pour la première fois en 1996, il a 20 ans et fonde un ensemble avec ses copains de promotion, Opus 16 (qui deviendra l’Orchestre du Chapitre). C’est ensuite la classe de direction au CNSM de Paris où il découvre un nouveau monde : celui de la musique professionnelle avec ses grandeurs et petites misères. Sa sensibilité s’y perd, il réfléchit à une autre façon d’être chef.

Revenu à Orléans, il exerce au conservatoire qui l’a vu naitre, y enseigne la flûte, la musique de chambre, la direction d’orchestre, donne des conférences, et ceci jusqu’en 2024.

Clément Joubert lors de la causerie du 20 avril 2024. Photo ACC


Parallèlement, en 2013, commence la grande aventure de la Fabrique Opéra qui « a bousculé ma vie ».

L’aventure de la Fabrique Opéra

Avec cette réalisation, il plonge dans un univers où « la démocratisation culturelle est possible à une grande échelle ». Il découvre une autre fonction, celle d’un véritable chef d’entreprise qui le fait rencontrer de nombreux métiers et partenaires. Lui qui était « un peu lunaire » au lycée, rencontre les enseignants, les voit sous un autre jour et crée avec eux un chemin pédagogique vers le monde de l’opéra. Ses conférences (sur l’opéra de l’année mais aussi sur de nombreux autres sujets) l’amènent à rencontrer des publics divers, toujours avec le bonheur de quelqu’un qui se décrit comme « passeur d’émotions ».

Clément Joubert avec Agnès Quatrehomme, présidente de l’association (à sa gauche) et Lydia Teixeira Veyron, chargée de communication. Photo AC Chapuis

Musique en famille

Côté famille, Clément Joubert n’est pas en reste. Avec son père et son frère, ils se complètent « comme si on s’était inconsciemment partagé les secteurs ». Avec son frère Julien, ils ont mis au point plusieurs spectacles sur un principe apparemment simple : une histoire facile, traitée par l’absurde de préférence, est le prétexte pour un balayage musical où se déclinent les musiques les plus exigeantes sur un fond de jubilation et de pitreries les plus déjantées. Le génie fait le reste.

Clément Joubert, main sur le cœur. Photo : JDB.

Les projets et prospectives

Bien sûr, Clément Joubert poursuit la Fabrique Opéra qui va devenir l’Atelier Opéra, structure autonome orléanaise qui devrait révéler encore de nouvelles surprises. Toujours à l’affût de rencontres avec de nouveaux publics, surtout les plus éloignés de la musique, il crée cette année « Oper’Argonne » avec les enfants des quartiers Argonne, en partenariat avec plusieurs associations locales et un spectacle « La guerre de quatre n’aura pas lieu » écrit par son frère Julien. Il est (toujours !) en recherche de nouveaux formats pour faire vivre l’opéra partout dans la région, poursuit ses prestations avec l’orchestre L’Inattendu, écrit des orchestrations, cogite, mais aussi écoute ses collaborateurs et réaffirme les valeurs qui sont les siennes : partager, fédérer, faire découvrir et vivre avec le doute et les « failles qui deviennent des forces ».

Une belle personne pleine d’humanité qui croit à la transmission et rêve d’emmener le public « du Zénith à la salle d’opéra ».

Pratique :

La Belle Hélène de Jacques Offenbach

20, 21 et 22 mars au Zénith d’Orléans

Renseignements : 09 53 05 04 55 – Billetterie: 07 82 87 76 21

www.lafabriqueopera-valdeloire.com

 

Plus d’infos autrement :

La Fabrique Opéra racontée de l’intérieur

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