Rencontre avec Sam Sauvage, l’étoile montante de la scène française

Fraîchement récompensé aux Victoires de la musique, Hugo Brebion alias Sam Sauvage s’est arrêté à l’Astrolabe d’Orléans, complet pour l’occasion. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il vient défendre sur scène son nouvel album « Mesdames, Messieurs ! », un album aux multiples influences musicales. À 25 ans, chevelure ébouriffée et look british chic assumé, Sam Sauvage préfère écouter, raconter les autres, plutôt que de s’apitoyer sur son sort.

Sam Sauvage, sacré révélation masculine aux Victoires de la musique, était en concert à Orléans ce mercredi 11 mars. Photo Hugo Lardenet


Propos recueillis par Olivier Joriot.


Nous le retrouvons, en mode pantalon, chemise et cravate noirs, dans sa loge, quelques heures avant son concert.


Pourquoi Sam et pas Hugo ?

Lors d’une soirée, quand j’avais 14 ans, j’étais le seul à ne pas boire. Mes potes m’ont tout de suite appelé le Sam de la soirée, et c’est resté. Sauvage, c’est pour le côté ébouriffé de ma chevelure.


Quelle est la chanson de l’album qui te représente le mieux, dont tu es particulièrement fier ?

Je sacralise plus les chansons que les albums, les albums sont plus des contenants. Mais s’il fallait en choisir une, ça serait « Les gens qui dansent » ou « La fin du monde ». La première parce que j’aime parler des gens et la seconde parce qu’elle est terriblement d’actualité.

« Si la notoriété devient un problème, c’est que ça aura beaucoup trop marché pour moi »


Justement, dans la chanson « La fin du monde », tu dis qu’il faut y croire encore. À quoi crois-tu encore ?

Je crois au nouveau monde car le nôtre est sur la fin. Je me sens concerné par ce qui se passe, j’observe. Quand je parle d’y croire encore, c’est de croire à la jeunesse mais aussi aux plus anciens. On ne parle pas entre générations, il y a des fractures, des reproches qui fusent et je crois au fait qu’on arrive encore à se parler et qu’on parvienne, si ce n’est pas à sauver ce monde-là, à fabriquer un monde nouveau plus adapté.

Sam Sauvage se prête au jeu de l’interview à l’Astrolabe (photo O. Joriot)


Tu as gagné une victoire de la musique, tu es la valeur montante de la chanson française. Comment fais-tu pour gérer cette nouvelle notoriété ?

On est dans un monde où tout est éphémère. Pendant les deux semaines des Victoires de la musique, tout le monde me captait dans la rue, alors qu’aujourd’hui, je me promène tranquille et tout le monde s’en fout ! Et ça m’arrange bien car ce n’est pas ce que je recherche. Néanmoins, si demain ça arrive, je mettrai des limites. Il y a des artistes comme Clara Luciani, Eddy de Pretto qui, dès le début de leur carrière, ont été beaucoup plus exposés que moi, et puis il y a tous ceux qui sont installés dans le métier. Si la notoriété devient un problème, c’est que ça aura beaucoup trop marché pour moi, et pour l’instant, ce n’est pas le cas. J’ai un public, je fais des concerts et c’est déjà très bien. 

« J’avais décidé de m’habiller en croque-mort, pensant que personne ne me verrait »


Tu as une dégaine particulière, d’où te vient ce look british costard-cravate ? Est-ce pour te démarquer ou bien tout le contraire ?

À la base, c’était pour ne pas me faire remarquer. À Boulogne-sur-Mer, au collège, je développe le truc somme toute classique pour un ado : puberté précoce, plus grand que les autres, acné juvénile, une voix qui mue trop tôt. Il a fallu que je trouve une façon d’exister, et avant de trouver la musique, j’avais décidé de m’habiller en croque-mort, pensant que personne ne me verrait. Erreur… Tout le monde me disait que j’étais à côté de la plaque, de mon époque, car je ne portais pas les trucs à la mode.

Quand la musique est arrivée en écoutant Bob Dylan, j’ai réalisé que je me sentais vraiment bien dans mon costard, y compris sur scène, et je ne me suis plus posé de questions.   


Quand on est pris dans le tourbillon d’une tournée, a-t-on le temps de faire autre chose ?

Je suis focus sur la tournée, et ça m’arrange, car c’est tout ce que je préfère dans la vie. Il y a plein de choses qui me rendent heureux dans la vie. Je fais encore des soirées sur les quais, à Paris, avec mes potes, à jouer de la guitare. Mais ma vraie vie est en tournée, même si on a peu de temps pour composer.


Ton premier album est assez hétéroclite au niveau des styles musicaux, as-tu déjà une idée de quoi sera fait le second ? À moins que tu aies trouvé la recette magique ?

Heureusement que je n’ai pas de recette magique ! À la fois, j’ai plein d’idées, mais je sais que ces idées-là, je ne les aurai plus dans un an. J’ai la chance que mon album soit écouté et cela va me donner plus de temps pour composer le second. Si mon album ne fonctionnait pas, il faudrait tout de suite enchaîner sur le suivant. J’ai des idées, du temps et la chance d’avoir une maison de disque qui me laisse beaucoup de liberté.


Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?

Des choses complètement différentes de Sam Sauvage. J’écoute beaucoup TeddyBear, un artiste belge qui écrit formidablement bien. Ses textes sont très profonds et il a le don du refrain imparable. Je suis aussi très inspiré par la musique d’ambiance, atmosphérique de Leon Vynehall.


Sam Sauvage sera de nouveau en concert en région Centre Val de Loire au Chato’Do de Blois, le 14 mars prochain.


Plus d’infos autrement :

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