L’année 1936, son cinéma et son histoire revisités par Récidive

En 1936, Jean Zay, déjà député d’Orléans, devient le plus jeune ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts que le pays ait connu. Le festival Récidive ne pouvait pas, 90 ans après, faire l’impasse sur cette année de cinéma. Du 23 au 29 mars, les salles des Carmes vont donc vibrer avec le Front populaire, la guerre d’Espagne, mais aussi les romances imaginées cette année-là de par le monde.

Maurice Chevalier dans « Avec le sourire » de Maurice Tourneur.



Par Bernard Cassat.


Le festival s’est donné pour devise Une année de cinéma dans l’Histoire. Tous les films, en effet, sont resitués dans leur contexte par une présentation réalisée par des historiens ou des gens de cinéma. En cette édition 2026, l’année 1936 sera le sujet historique.


En dehors de l’actualité politique, 1936 a vu de grands noms du cinéma sortir des grands films. En France, Jean Renoir, dont Le crime de Monsieur Lange fera l’ouverture. On le retrouvera dans Les Bas-fonds, sorti en 1937, avec Gabin, Jouvet et Suzy Prim, et dans La Marseillaise, film qu’il réalise pendant et sur le Front populaire, mais qui n’est sorti qu’en 1938.

Avec le sourire, de Maurice Tourneur.


En 1936, Maurice Tourneur, grand réalisateur oublié, met en scène Maurice Chevalier dans Avec le sourire. Julien Duvivier fait tourner Gabin, Vanel et Viviane Romance dans Le Belle équipe, un immense succès à l’époque. Marcel Pagnol sort César. Sacha Guitry fait lui aussi tourner Raimu dans Faisons un rêve, et sort un deuxième film la même année, Le roman d’un tricheur. Le jeune Marcel Carné sort son premier long métrage, Jenny. Le très prolifique Christian-Jaque réalise Monsieur Personne avec Jules Berry. Julien Duvivier tourne Pépé le Moko avec Gabin, qui sort en 1937. Le tout jeune René Clément commence à filmer son ami Jacques Tati. Tous ces réalisateurs vont dominer le cinéma français jusqu’à la Nouvelle vague, c’est dire leur importance.

Les raisins de la colère, de John Ford. Photo Swashbuckler Films.


Du reste du monde, Récidive ne retient que quelques chefs-d’œuvre. Les Temps modernes de Chaplin, dans un ciné-concert avec Karol Beffa au piano. Michael Curtiz, Frank Capra, Carol Reed, Douglas Sirk, John Ford, Hitchcock à l’Ouest, Mizoguchi et Ozu en Orient. Tous ces noms résonnent évidemment avec beaucoup de force aux oreilles cinéphiles.

36, c’est à la fois le Front populaire et la Guerre d’Espagne. Le festival a donc fait appel à Tangui Perron, un docteur en histoire, spécialiste des rapports entre mouvements ouvriers et cinéma. Il a monté deux programmes de courts-métrages qui décrivent cette période politique agitée, les mouvements de masse, les occupations. Trois autres programmes se focalisent sur l’Espagne. Michel Cadé, lui aussi historien, complète cette présentation avec un programme de films sur les fronts populaires en Europe.

Les jeux d’Hitler, de Jérôme Prieur.


En Allemagne, Hitler organise ses Jeux olympiques. Récidive propose donc un portrait de Leni Riefenstahl, cinéaste nazie, et un documentaire sur elle de Jérôme Prieur.

Et cette année, Récidive met à l’honneur Dominique Cabrera. Après une rétrospective de certains de ses films, elle recevra le Grand Prix Jean Zay lors de la projection de son film Grandir.

Dominique Cabrera telle qu’elle se filme dans Grandir.


Toute la semaine de festival, l’atelier Canopé abritera des conférences et rencontres.

Dominique Cabrera, Grand Prix Jean Zay, invitée du festival

La réalisatrice dans son film Grandir


Après des études à l’IDHEC (désormais Fémis), Dominique Cabrera réalise des documentaires et des fictions à partir des années 1980. Sur des sujets sociaux (Chronique d’une banlieue ordinaire, Une poste à la Courneuve) et souvent faits pour la télévision. En 1995, elle filme le grand blocage du pays dans Nadia et les hippopotames, qui n’est pas un documentaire, mais une fiction documentarisée.

Sa vie personnelle inspire plusieurs de ses films (Demain et encore demain). Étant née en Algérie dans une famille pied-noir, elle fait plusieurs films sur ce pays, notamment le documentaire Rester là-bas qui s’intéresse aux pieds-noirs non rapatriés. Elle reprendra ce thème dans une fiction, L’Autre Côté de la mer, avec Claude Brasseur et Roschdy Zem.

Et puis de nombreux longs métrages depuis 2000 construisent son œuvre. Tous les thèmes qui lui sont chers les traversent. Elle mène de front cinéma et télévision, docu et fiction. Engagée, elle n’abandonne jamais un regard humaniste sur les sujets qu’elle traite avec beaucoup de poésie.


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