Céline Ripoll : un spectacle à l’ombre des Moaï de l’île de Pâques

Le 8 mars 1977, l’ONU officialise la Journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. Ce même jour, à Berlin, Céline Ripoll pousse son premier cri, « un cri parmi tant d’autres qui marqueront ma vie ». Femme debout, seule en scène, elle vient présenter un spectacle coup de poing qui raconte la vie, sa vie qu’elle a cherchée et brisée au bout du monde, à Rapa Nui.

Céline Ripoll c PV



Par Philippe Voisin.


Rapa Nui, c’est le nom en langue locale de l’Île de Pâques et de ses habitants. Ce petit caillou, possession chilienne au milieu de l’océan Pacifique, a toujours fait rêver les aventuriers. C’est la pointe orientale du triangle polynésien avec Hawaii au nord et Aotearoa (Nouvelle-Zélande) à l’ouest. Une île de légendes où les Moaï, monumentales statues de pierre figées pour l’éternité, interrogent les étoiles.

L’emprise morbide de la violence

C’est sur cette terre déboisée que Céline qui croyait au paradis, a vécu l’enfer d’une vie conjugale destructrice. C’est le récit de son drame personnel qu’elle met en scène, seule, dans un décor simplement habillé de lumière. Tout son corps se met en action pour danser, crier avec force les terribles mécanismes de l’emprise morbide et de la violence. C’est une chanson de gestes qui raconte les violences de l’enfance, les préjugés sur les femmes violentées et la reconstruction. Du rire à l’effroi.

« Je ne voulais pas exclure mon histoire de celles de toutes les autres femmes victimes de violences, sous prétexte qu’elle s’est passée sur une terre exotique », explique Céline.

Son récit explore les profondeurs de l’âme humaine, depuis son enfance à Berlin avec un père espion jusqu’aux antipodes sous la domination d’un compagnon bourreau, père de ses filles. Quelle est la part d’hérédité ? Sommes-nous les véritables acteurs de notre destinée ? Ces questions l’obsèdent. Elle interroge son public : « Et si bonheur et malheur avaient un sens, celui de nous mener dans notre existence, transformer nos plaies en or ? »

Céline Ripoll s’éloigne des codes qu’elle explorait jusqu’alors pour creuser dans sa propre vie en faisant danser les mots de sa liberté recouvrée. Sur le long chemin vers la renaissance, elle s’est inspirée de la puissance de la Nature, de la présence des Moaï. « La vision du monde des Polynésiens m’a donné la force de traverser ces épreuves, de les comprendre ».

Transmettre la beauté et la profondeur des paroles d’Océanie

Céline Ripoll n’est pas l’artiste d’une seule performance qui met en scène ses propres déchirures. Depuis plus de 20 ans, elle porte la parole des Océaniens à travers des spectacles, des conférences, des livres. Pionnière de la transmission de ce répertoire en France, elle n’a de cesse de nous faire découvrir de nouveaux récits. Le musée du quai Branly lui a ouvert ses portes pour des visites ethno-artistiques. Cette collaboration qui a duré 13 ans a fait d’elle la spécialiste de la transmission orale des cultures du Pacifique en France et singulièrement des Rapa Nui.

Elle est l’autrice de nombreux recueils dans la collection « contes de sages » et d’albums jeunesse pour des grandes maisons d’édition parisiennes et pour celle qu’elle a créée sur l’île de Pâques, Moaï Éditions. À la rentrée, elle publie un nouveau recueil au Seuil « Contes des sages érotiques » qui contiennent deux magnifiques légendes des Marquises et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Enfin, en octobre pour le festival Amies Voix en Loir-et-Cher, elle sera présente le mardi 6 à Chaumont-sur-Loire avec « La légende du cocotier » et le mercredi 7 octobre à Montoire-sur-le-Loir pour « À l’ombre des Moaï ». Ensuite, elle part en tournée nationale jusqu’en juin 2027.

Festiv’elles

Le festival orléanais « qui donne la parole aux femmes » a trouvé sa place chaque mois de mars en concordance avec la Journée internationale des droits des femmes. Cette année, 11 communes de l’agglomération proposent une programmation artistique qui met en lumière les combats féministes pour l’égalité.

Théâtre, chansons, exposition, projections cinématographiques avec la volonté de soutenir et encourager la création artistique locale.

Les prochaines dates

  • 19 mars à Saint-Denis-en-Val, salle Pierre Lanson à 20 h 30 : « Née le 8 mars 1977 » de Céline Ripoll.
  • 20 et 21 mars à Semoy et Saint-Jean-de-Braye : Héroïnes par la compagnie « On t’a vu sur la pointe ».
  • 21 mars à la médiathèque d’Orléans : commémoration de la naissance de Colette Magny (film et concert).
  • 24 mars à Saran : la trajectoire des gamètes avec Cécile Covès.
  • 27 mars à la Chapelle-Saint-Mesmin : Viril(e.s) par la compagnie DTM 9.4
  • Jusqu’au 28 mars à Semoy : exposition George Sand, 150 ans de modernité.

Toutes les informations sur la page Facebook de l’événement


Plus d’infos autrement :

« L’amour en héritage », une exposition pour célébrer la transmission entre femmes

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