Municipales 2026 dans l’Indre : Issoudun entretient (un peu) le suspense

Triste premier tour pour la gauche dans l’Indre. Elle pèse moins de 15% face à Gil Avérous à Châteauroux, est définitivement hors-jeu au Blanc, mais a sauvé Le Poinçonnet de justesse. Reste Issoudun. Mais André Laignel se bat-il face à la droite… ou à l’usure ?

La liste Issoudun Demain a accueilli les résultats du premier tour avec une joie contenue. Photo Issoudun Demain


Par Pierre Belsoeur.


Gil Avérous a écrasé la concurrence ce dimanche et attaque son troisième mandat plébiscité par ses concitoyens. Si le maire de Châteauroux obtient un score très proche de celui de 2020, faussé par le Covid, ce n’est pas le cas d’André Laignel. Lui aussi avait été crédité de 70% des suffrages voici six ans, il n’en retrouve que 39,71% et surtout vire en deuxième position, à six points de Julien Dubot (45,77%).

Les faits sont têtus et le maire d’Issoudun n’a pas tiré les conclusions de l’élection départementale de 2021 lorsqu’il avait voulu imposer ses candidats face à son ancien colistier Michel Bourgault et que celui-ci l’avait emporté haut la main. Cette élection montrait pourtant que « Dédé » n’était plus le maître des horloges. Le conseiller départemental a accompagné Julien Dubot dans la construction d’une liste où l’on retrouve des socialistes, mais aussi beaucoup de candidats qui sont là pour faire de la gestion municipale sans esprit de parti, et manifestement ça marche.

Pour le deuxième tour, il reste beaucoup d’Issoldunois à convaincre d’aller voter, Julien Dubot et son équipe vont s’y coller : « Le score est intéressant, mais il ne fait pas l’élection. Globalement, c’est un vote d’adhésion pour une nouvelle dynamique. Nous avons identifié un certain nombre de quartiers où il faudra aller au contact de la population. Mais nos concitoyens ont pris conscience que cette fois, la victoire d’André Laignel n’est pas inéluctable. » Le retrait inattendu de la liste Colson (div. droite, 11,48%) rend évidemment la position d’André Laignel encore plus délicate.

À lire : André Laignel fera-t-il la campagne de trop ?

Le Blanc reste à droite… et Argenton à gauche

Issoudun sera le principal pôle d’intérêt de ce deuxième tour. On votera aussi au Blanc, mais Gilles Lherpinière (div. centre), qui avait pris la mairie en 2020 en profitant de la désunion de la gauche, touche cette fois la fameuse prime au sortant. Avec 49,04% des voix, il laisse Amélie Dumans-Réault (div. gauche) loin dans le rétroviseur (36,96%).

Pas d’inquiétude non plus pour le socialiste Vincent Millan à Argenton. À 42,22%, il précède la liste d’extrême droite (qui avait caché son drapeau dans sa poche) de neuf points et la liste de droite de près de dix-huit points. Mais comme la députée LR Alix Fruchon, en deuxième position sur cette liste, a proclamé dans nos colonnes qu’elle ne ferait jamais alliance avec l’extrême droite, la situation semble figée.

On votera une seconde fois au Menoux, à Saint-Benoît-du-Sault et à Villentrois-Faverolles-en-Berry où trois listes étaient en présence et, plus étonnant, au Magny où les deux listes sont arrivées ex aequo avec 298 voix chacune.

La Châtre retrouve son ministre

Nicolas Forissier pourra se consacrer pleinement à La Châtre lorsque son portefeuille ministériel lui laissera du temps libre, ses électeurs l’ont confortablement réélu. La présence de Marc Fleuret aux côtés de Delphine Geneste à Déols, n’a pas créé de raz-de-marée et le nouveau venu Bruno Mascle a entretenu le suspense jusqu’au bout, échouant de 152 voix (52,52% contre 47,48%). À la différence de la liste de Julien Dubot, il n’avait pu obtenir de la préfecture que sa liste soit déclarée apolitique. L’étiquette divers gauche qui lui a été collée d’autorité ne lui a sans doute pas rendu service.
 

 
Résultat encore plus serré au Poinçonnet où la maire divers gauche Danielle Dupré-Ségot obtient une réélection d’extrême justesse (51,06%), soit 72 voix de mieux que son adversaire de droite. En revanche à Reuilly, Luant, ou Bélâbre, les maires sortants n’ont pas retrouvé leur fauteuil

Bélâbre change de braquet

Emmanuel Moyrand ne veut pas mettre sa (courte) victoire sur le compte du CADA. « Sur la liste, nous avions des pour, des contre et ceux qui s’interrogeaient sur la méthode utilisée. Notre victoire est le résultat d’une méthode de travail. Nous sommes allés systématiquement à la rencontre des Bélabrais. On est parti du quotidien des habitants et on va leur proposer de rentrer dans un réseau de volontaires pour participer à des travaux en travaillant ensemble et en économisant les deniers communaux. On va aussi changer les habitudes en ouvrant la mairie dès sept heures du matin pour être à la disposition de nos administrés. Nous avons d’anciens banquiers dans la liste et nous allons faire un audit interne pour connaître exactement nos capacités financières. Et puis nous allons faire de Bélâbre un pôle numérique comme l’a fait Mézières-en-Brenne avant nous. »


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