La Galerie Fizz revient à la Trésorerie : quand l’éphémère marque son empreinte

Après avoir présenté en mars 2025 les œuvres de dix femmes artistes lors de l’exposition « Women Artists Stand », la Galerie Fizz accueille cette année le printemps en nous invitant à un voyage entre rêve et réalité. C’est ainsi qu’un collectif de quinze artistes aux univers « aussi variés que poétiques » prendra vie au Domaine de la Trésorerie à travers l’exposition « Scène éphémère ».
 

Peinture de Cédrick Vannier


Par Valérie Thévenot.


L’éphémère a le don de réveiller tous nos sens sans parfois nous laisser le temps d’en capturer tout le sens, mais notre mémoire, et parfois notre corps, restent marqués tant la fulgurance du phénomène peut être prégnante. Avec « Scène éphémère », Valérie Le Floch, organisatrice de l’exposition, vous fait découvrir des œuvres où s’installe « un dialogue entre la fragilité humaine et la puissance des éléments ». Rigueur technique et émotion brute s’associeront afin de faire naître chez les visiteurs une forme d’émerveillement.

Nature, féminité, mémoire, mécanique et lumière sont autant de thèmes universels que vous découvrirez à travers les œuvres de Jonathan Ausseresse, Frédéric Blaimont, Florent Bordinat, Antoine Dufilho, Dany Dufour, Shiori Eda, Mathieu Gicquel, Thierry Hensgen, Patricia Jean Drouart, Jean-Marie Le Goff, Florence Lemoine, Arièle Rozowy, Jean-Pierre Pelletier Troupet, Cédrick Vannier et Laurent Yvelin.

Que d’expressions artistiques !

Parmi ce collectif nous retrouvons des fidèles à la Galerie Fizz, dont le travail de certains a déjà séduit le public lors d’expositions précédentes. Nous avons cité « Women Artists Stand », aussi rappelons « Fusion des Horizons » présentée en septembre 2025 au Domaine de la Trésorerie.

Pour commencer, citons Arièle Rozowy et Patricia Jean Drouart, deux artistes qui « explorent la féminité et la sensorialité. Les cercles en mouvement d’Arièle évoquent les combats des femmes, tandis que Patricia, par ses collages et jeux de lumière, révèle l’invisible ».

Parmi les nouvelles signatures, citons l’artiste-peintre Shiori Eda. Née un 7 juillet à Tokyo, cette date semble marquer son parcours artistique. En effet au Japon, le 7 juillet est jour de fête. Le Tanabata célèbre la rencontre d’une déesse et d’un mortel séparés par la voie lactée et une rivière d’étoiles. Un univers onirique que l’on retrouve dans ses peintures où la nature prend une place démesurée par rapport aux silhouettes féminines infiniment petites et nues. Des silhouettes semblant parfois en osmose mais aussi comme absorbées par les éléments, qu’ils soient cosmiques, aquatiques ou terrestres. À travers ses œuvres, Shiori Eda « nous invite à redécouvrir notre place dans l’immensité du monde » entre fragilité humaine et puissance des éléments. Peut-être est-il aussi question de résilience tant certaines peintures peuvent évoquer le séisme de mars 2011 à Fukushima et son incroyable tsunami.
 

Par Shiori Eda, artiste japonaise

De l’intime à l’horizon lointain

À l’inverse, parmi les personnages de Frédéric Blaimont, les femmes prennent toute leur place sur la toile. Prises sur le vif, elles seraient surprises d’être autant objets d’attention. Des instants banals, avec des personnages ordinaires qui les rendent universels. « Mon objectif n’est pas de peindre un portrait au sens traditionnel, mais de tenter de capturer et de mettre en lumière une figure anonyme et familière. Vous avez sûrement déjà rencontré mes personnages, mais vous ne les avez pas nécessairement vus… »

Dans cet élan de spontanéité, « la peinture de Cédrick Vannier se construit toujours comme une révélation. Tout commence par une attention minutieuse aux formes et aux postures, qu’il saisit dans des croquis préparatoires, à la recherche de leur expression la plus juste, cherchant à présenter ses sujets sous leur forme la plus authentique ».
 

Nous prenons de la hauteur maintenant avec les œuvres de Jean-Pierre Pelletier Troupet (JPPT) et découvrons la Terre vue du ciel. Enfin, plus précisément les îles au large de Miami, les Florida Keys. Aperçues depuis un hublot d’avion, ces îles provoquèrent chez l’artiste une réelle émotion. Et un déclic artistique haut en couleurs qui s’exprime à travers de magnifiques tapis d’art inspirés par ce chapelet d’îlots où lagons et végétation luxuriante s’entremêlent au milieu des eaux turquoise du Golfe du Mexique. Il ne manque plus qu’Humphrey Bogart et Lauren Bacall pour plonger dans la moiteur des Florida Keys… En écho au tapis d’art manufacturés par les Ateliers Pinton à Felletin / Aubusson, vous pourrez découvrir également les œuvres picturales abstraites de JPPT, elles-mêmes imprégnées de cette dynamique gestuelle.

De la mer aux éléments bruts

Après la présentation de ces inspirations vues du ciel, nous plongeons dans l’océan pour approcher au plus près les animaux marins que le sculpteur céramiste Laurent Yvelin nous livre à nouveau. Un travail extraordinaire de maîtrise dans la technique du raku et qui met en lumière l’élégance du mouvement chez chacun des sujets. Le message de l’artiste est clair, ses animaux marins « nous rappellent l’urgence de préserver les océans ».

De retour en bord de rive, le peintre Florent Bordinat nous conduit dans le monde de l’urbex en nous dévoilant une usine désaffectée en Haute-Corse. Jeux de lumière et structures abandonnées font vibrer cette friche industrielle encore imprégnée par l’activité humaine qui y résonnait jadis.

La fragilité des choses nous saute parfois aux yeux, comme le verre né d’une fusion à haute température et qui pourtant se plie aux désirs des quatre créateurs verriers présents, Florence Lemoine, Matthieu Gicquel, Jonathan Ausseresse et Jean-Marie Le Goff. De belles découvertes en perspective où la lumière s’épanouit et offre mille reflets et mille vies aux œuvres et au mobilier présentés. Une célébration de la matière que l’on retrouve également chez les artistes sculpteurs Antoine Dufilho, Thierry Hensgen et la céramiste Dany Dufour avec respectivement le métal, le bois et l’argile comme support d’expression. « Entre rigueur architecturale et poésie organique, ils transforment le banal en expérience sensible ». Une ode à la nature pour Dany Dufour qui nous ouvre les yeux sur la beauté simple des fruits de la terre, et pour Thierry Hensgen qui magnifie des essences de bois « dans un corps-à-corps amical et intuitif ».
 

Pratique.

Exposition « Scène éphémère » du 27 mars au 5 avril 2026
Curation : Valérie Le Floch
Domaine de la Trésorerie, 14 rue des Moines – 45750 Saint-Pryvé-Saint-Mesmin
Du lundi au vendredi de 15h à 19h
Week-end de 10h30 à 19h
Entrée libre


Plus d’infos autrement :

Une exposition de rêves à la Trésorerie Saint-Pryvé-Saint-Mesmin

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