Festival International des Jardins : Chaumont fait son cinéma

Séquences ciné, bandes son, projections sensorielles, écran en 3D, décors improbables… Cette année en Loir-et-Cher, c’est tapis rouge au Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire. Avec l’entrée du 7e art sur le domaine dès le 22 avril, le public découvrira une collection de 25 à 30 nouveaux jardins imaginés par des concepteurs du monde entier plus inspirants et créatifs les uns que les autres. Moteur !
 

Chaumont place son édition 2026 du Festival International des Jardins sous le signe du cinéma. Ici Le Festival de Cannes d’un autre genre, croquis qui représente l’œuvre de Thomas Secondé et Anne-Cécile Freyburger. Paysagiste DPLG. Photo DR.


Par Estelle Boutheloup.


Ils creusent, plantent, dessinent, aménagent… bref s’affairent : tout doit être prêt au 15 avril ! Artistes, paysagistes, pépiniéristes français et étrangers se rencontrent, échangent, construisent ensemble les prochains jardins contemporains du Festival International de Chaumont-sur-Loire que les visiteurs pourront découvrir du 22 avril au 1er novembre. « Dans un monde compliqué, les gens sont heureux de pouvoir rêver ici », assure Chantal Colleu-Dumond, directrice du Festival International des Jardins. Ce sera le cas cette année encore grâce à une immersion dans le monde cinématographique. Une thématique qui s’inscrit dans la continuité du voyage onirique et du conte de 2025. « Le jardin et la culture : l’antidote aux difficultés et au stress ambiant. Cette édition va apporter bonheur et surprises », poursuit la directrice du domaine.

Aussi pour ce concours 2026, 19 jardins vont être imaginés par des concepteurs de cinq pays différents (France, Italie, Espagne, Canada, Chine). « Ils ont été invités à penser leur espace comme une œuvre cinématographique, à convoquer une esthétique singulière rappelant un des genres du 7e art ou un film culte en particulier », explique Chantal Colleu-Dumond. Ainsi, les visiteurs, pas à pas, s’immergeront ici dans l’esprit de la planète et de la nature d’Avatar, là, dans des effets de montage, techniques utilisées pour le tournage du Cuirassé Potemkine, là encore dans une forêt de cannes et de canards sur « red carpet » comme au Festival de Cannes, dans un jardin aussi mystérieux qu’une Fenêtre sur Cour dont le crime est celui qui est fait contre la nature, ou au cœur d’un Jurassic Plantes. « Le jardin, c’est comme le cinéma, il y a des espaces de mémoire, d’émotion et de mise en scène, une mise en avant du temps, du récit et du regard. Il faut faire attention aux perspectives, aux lignes. C’est un scénario vivant avec des séquences narratives où le visiteur devient un spectateur », décrit la directrice du Festival.
 

La Planète du film Avatar ? Presque ! Un bassin, une canopée de bambous rappellent les rochers suspendus de Pandora… Croquis de l’œuvre d’Alexis Tricoire et Romain Le Bescond. Photo DR

« Carte verte » à Sabine Azéma, Mélanie Laurent et Momoko Seto

En plus des 19 jardins du concours, 4 « cartes vertes » seront données à des personnalités du 7e art pour créer et inventer leur idée de jardin : Sabine Azéma, Mélanie Laurent, la réalisatrice franco-japonaise Momoko Seto et une quatrième carte encore mystérieuse… « Sabine Azéma est une amoureuse des jardins. Elle va 5 fois par jour au Luxembourg ! », confie Chantal Colleu-Dumond. « Elle créera un décor autour d’un inédit de Walt Disney issu de la série Silly Symphony. Mélanie Laurent, elle, est sensible à la beauté du monde et aux réalités écologiques. Avec Philippe Berthomé, maître de l’éclairage, elle va travailler sur un jardin plongé dans l’obscurité dans un cinéma de verdure. » Quant à Momoko Seto, réalisatrice de la série de films Planet et Dandelion’s Odyssey (voyage dans la tige d’un akène de pissenlit !), elle proposera un jardin entre art, science et poésie.

Une Saison d’Art en symphonie de bleu 

Egalement lieu de patrimoine, le Domaine de Chaumont-sur-Loire accompagnera parallèlement une nouvelle saison artistique jusqu’au 1er novembre. Après le succès de Fabienne Verdier en 2025, c’est Marc Desgrandchamps qui investira le château jusqu’au 31 août avec ses Morphogénèses : une trentaine de toiles de figures fantomatiques inspirées de fragments de paysages dont 5 inédites de cèdres déformés réalisées à Chaumont. À ses côtés, Claudio Parmiggiani et son travail sur la trace, l’empreinte et la disparition à travers la suie et la fumée. Eugène Dodeigne entre ses dessins et ses impressionnantes structures de 5 tonnes. Pascal Convert dont les œuvres à crinière évoquent la chevelure de Diane de Poitiers. Antonio Crespo Foix et ses sculptures légères, fragiles et poétiques de bois, bambou et raphia. Ou encore Astrid de la Forest, le bleu et ses oiseaux rêveurs, Evi Keller et le bleu intense de son cosmos, la plasticienne Anaïs Lelièvre et ses dynamiques transversales de matières. La Grange aux abeilles sera le domaine cette année de Janine Thüngen-Reichenbach. Elle y exposera ses empreintes d’arbres dont un vieux séquoia de Chaumont. Quant à Bernard Pagès, il prendra place, lui, dans les écuries du domaine. Le public y découvrira les œuvres en matières brutes (fer, bois, ficelle, plâtre, béton…) de ce géant de l’art à travers sa série des Pals. Enfin, la chouette monumentale de Lionel Sabatté a spécialement été réalisée pour Chaumont. Telle une gardienne silencieuse qui aurait surgi du sol, elle se dressera sous l’auvent des écuries, entre imaginaire et réalité.
 

C’est chouette ! Gardienne silencieuse de Lionel Sabatté, l’œuvre monumentale sera exposée sous l’auvent des écuries. Photo DR

 
« Un tutoiement entre patrimoine historique et créations contemporaines », comme le souligne le président de Région François Bonneau, qui devrait, une fois encore, ravir tous les publics en attendant l’événement Max Ernst à l’automne. À noter que dans une période où les subventions baissent, la Région Centre-Val de Loire est l’une des rares à avoir augmenté le budget de la culture (qui reste discrète sur le montant). « Et nous avons raison de maintenir cet effort. Si l’action publique déserte la culture, on est foutus ! », insiste le président.
 


Plus d’infos autrement :

Si les jardins de Chaumont m’étaient contés…

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