La Belle Hélène au Zénith d’Orléans : un triomphe de musique, d’images et d’humour

Les trois séances de La Belle Hélène – opéra-bouffe de Jacques Offenbach – données par la Fabrique-Opéra, ont conquis un public venu nombreux et enthousiasmé par la qualité du spectacle, tant par les prestations musicales des instrumentistes, choristes ou solistes, que par les trouvailles d’une mise en scène aussi invraisemblable que géniale.

Achille, Mélénas, Agamemnon, Ajax 1er, Oreste et Calchas – par Valérie Thévenot



Par Anne-Cécile Chapuis.
Photos Valérie Thévenot.


La performance mérite d’être saluée. Chapeau bas pour tous les participants à ce spectacle inouï, qui a mobilisé sur scène 46 instrumentistes, 86 choristes, 15 solistes, 5 acrobates, 5 figurants et une équipe artistique, tous placés sous la direction de Clément Joubert. Un format XXL qui déroule un spectacle sur un tempo d’enfer, sans ratures ni hésitations. Et les presque trois heures de spectacle passent comme une lettre à la poste, tant le spectateur est happé par ce qu’il voit et entend.

Départ pour la Crète de Ménélas – par Valérie Thévenot

Les trouvailles d’une mise en scène ébouriffante

Jean-Michel Fournereau connaît bien les arcanes de la scène, car il est metteur en scène, comédien et chanteur. C’est donc en connaissance de cause qu’il a exploité toutes les possibilités de jeu et de chant de cet opéra parodique écrit par Offenbach en 1864 sur un livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy. C’est tonitruant, décoiffant, inattendu, et surtout parfaitement hilarant. Rien n’arrête cet artiste qui renforce la satire, la met au goût du jour avec des allusions contemporaines, jeux de mots et clins d’œil tous azimuts. Le tout est très visuel, enlevé, coloré, inattendu. Quand la fanfare des rois est composée de plusieurs Assurancetourix, quand Léda n’est autre que la Marilyn d’Andy Warhol, que les rois finissent en costume de bain ou que Calchas arrive en vélo, on n’en croit pas ses yeux ! Et pourtant, ça marche ! La salle est subjuguée, hilare et peu avare d’applaudissements hautement mérités.

Calchas, Hélène, Léo Fernique alias Oreste, Agamemnon et Achille – par Valérie Thévenot

Des artistes de qualité

Tous se prêtent au jeu. Les solistes font merveille en interprétant leur rôle dans toutes les positions et sous tous les costumes. Le chœur est « au top », pas une faille, pas une hésitation, et un jeu de scène perlé avec une gestique qui vient ponctuer le propos (parfois salace !) des différentes scènes. Rien n’est de trop dans ce spectacle coloré où de beaux effets de colonnes, des scènes de jonglage, des interventions de danse viennent mettre des touches de poésie dans un déroulé qui souligne le grotesque. « C’est l’absurde érigé en système » souligne Clément Joubert. Et pour cette interprétation Fabrique-Opéra, c’est la frénésie débridée qui respecte au millimètre la qualité musicale de l’œuvre et de l’interprétation. Du très grand art.

Clin d’œil au Dionysos de Philippe Katerine aux JO de Paris – par Valérie Thévenot

Une collaboration de 700 lycéens et apprentis

La Fabrique-Opéra, c’est aussi cette formidable coopération de 23 établissements scolaires, tous représentés lors des spectacles. C’est également une équipe de bénévoles qui œuvrent dans l’ombre pour la réalisation de cette « entreprise » incroyable qui se termine en trois soirées… avant la prochaine production.

Les saluts sur scène se sont prolongés, témoignant de la formidable énergie qui ressort de cette véritable fourmilière où chacun a sa place et s’investit avec passion. Un moment qui force l’admiration, et osons le dire, qui véhicule son pesant d’émotion.

L’ensemble des lycéens ayant participé au spectacle – par Valérie Thévenot


Un grand bravo à Clément Joubert qui vit et fait vivre le projet depuis 11 ans, avant, pendant et après le spectacle. La programmation 2027 est déjà dévoilée, ce sera « Roméo et Juliette » de Charles Gounod. La billetterie est ouverte et Clément Joubert commence ses séries de conférences-présentations dans les collèges et lycées.

La vie continue, et elle offre de bons moments de pause comme ceux de ce week-end, à apprécier sans modération !


La Belle Hélène en images


Plus d’infos autrement :

La Belle Hélène, immersion dans les coulisses du spectacle au Zénith d’Orléans

Commentaires

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  1. Une question : Joubert est-il rémunéré pour cette mission ? Et à quel niveau ?Les français veulent savoir

  2. Un spectacle un peu “déroutant” mais oh combien agréable ! Le mieux de la Fabrique Opera , pardon de l’Atelier Opéra, le plus compréhensible pour tous les spectateurs et à portée d’un jeune public.
    Comme le dit un commentaire ci dessus , un DVD du spectacle serait interressant. On manque toujours un petit quelquechose quand on est spectateur au Zénith.

  3. Sachez Monsieur que la seule et véritable fortune de Clément est son talent, son professionnalisme et sa bonne humeur, sachez aussi que lorsqu’il fait ses achats de la vie courante il ne peut les honorés qu’avec ses revenus de musicien diplômé et j’espère que mérités, ils soient le plus élevé possible

  4. Le spectacle était fabuleux, et il n’y a rien à rajouter sur cet excellent article. Magnifique moment jubilatoire pour le spectateur, ému par le présence sur scène de tous ses contributeurs, du plus discret mais aussi indispensable, au plus repéré, applaudis chaleureusement par une salle conquise.

  5. Un ensemble de moments inoubliables et ô combien formateurs pour les étudiants ou élèves qui participent. Je ne connais pas la rémunération du chef d’orchestre mais j’espère que ses efforts sont récompensés. Il donne tout ce qu’il peut et surement pas à cette mesure mais nous pouvons évaluer en âme et conscience et montrer aux jeunes que toute peine mérite salaire, que celui-ci s’évalue en fonction de différents critères mais qu’il est normal qu’il y ait des différences. L’égalité de traitement n’existe dans aucun pays au monde. L’égalité en droit, pas partout non plus et surtout pas dans les dictatures même quand elles s’appellent “démocratie” s’il fallait préciser que l’habit ne fait pas le moine

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